JM et les chefs coutumiers de la République démocratique du Congo
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19 March 2024

Israël devient un Etat voyou

Par Jean-Mée Desveaux
Le défi quotidien du 19 mars 2024


L’indignation et la révolte qui imprégnaient notre précédent article sur Gaza ont donné place en deux mois à peine (voir l’express du 27 décembre 2023: “Silence, on massacre à Gaza!”) à un sentiment de profond désespoir et de tristesse. Comment pourrait-il en être autrement quand nous sommes aux premières loges d’un génocide décomplexé du peuple palestinien par Israël. Un génocide que l’histoire ne manquera pas d’associer à notre siècle, jusqu’à la fin des temps, comme une odeur nauséabonde.

Parfait exemple d’un irrédentisme aveugle, laissant, dans son sillage, le chaos qu’entraine inévitablement cette mouvance articulée autour de la déclaration Balfour, Israël est un Etat bâti par les armes et le nettoyage ethnique sur le territoire du peuple palestinien comme d’un nouveau “terra nullis”. Il a, en relativement très peu de temps, acquis le cudos, les relations internationales, une diaspora super active et l’arme atomique (à travers la bienveillance d’une Afrique du Sud Afrikaner) qui lui permettent aujourd’hui de finir le nettoyage commencé en 1947 à la Nakhba. En ce faisant, 75 ans plus tard, il atteint la propreté ethnique qui le rend de fait (comme récemment de droit), un Etat juif proclamé, où tout Palestinien est considéré comme un intrus de race inférieure.

Il n’est pas nécessaire de remettre à jour toutes les statistiques que nous avons utilisées précédemment. Al Jazeera donnera au lecteur intéressé les nouvelles que la BBC, France 24 et autres organes de communication occidentale, manipulent honteusement pour étouffer l’étendue de cette catastrophe planétaire. L’aperçu qui suit, suffira comme “brief” rapide d’une situation qui aurait défié les talents de Dante.

Le bilan de morts comprend aujourd’hui 13 000 enfants et autant de femmes pour atteindre 31 000 civils massacrés. Il s’agit ici de cadavres déchiquetés et de corps décomposés de femmes et d’enfants qu’on extirpe des décombres du carpet bombings provenant du “pont aérien d’armes” construit depuis le 7 octobre entre Israël et les USA. Le nombre de blessés grave dépassent 70 000. Il importe de noter qu’il ne s’agit nullement ici de victimes collatérales tuées parce qu’elles étaient au mauvais endroit, au mauvais moment.

Ces milliers d’enfants, de femmes et de civils sont ciblés, intentionnellement exécutés par la machine génocidaire d’Israel, qui ne fait plus de distinction entre Gaza et la Cisjordanie où 7 500 civils ont été pris en otage et 420 civils tués par des colons, si ce n’est par l’armée, dont le rôle est de les protéger au sein de ce territoire occupé.

Ces Cisjordaniens, dont les colons juifs ne cessent de confisquer les terres ancestrales, sont destinés à être expulsés en Jordanie. Le gouvernement de Netanyahu a, il y a quelques jours, approuvé 3 500 nouvelles constructions illégales à Kedar et à Efra, ajoutées aux 80 000 autres approuvées l’année dernière, au West Bank, ce qui rend une solution à deux Etats de plus en plus impraticable. Cette expansion arrogante est un dernier pied de nez à la Cour internationale de justice. Celle-ci avait tenté récemment, de façon parfaitement inefficace, de dissuader Israël de prendre la voie génocidaire qu’il emprute depuis six mois maintenant. On remarquera que, contrairement à Putin, la CIJ n’a pas osé “mettre à prix” la tête de Bibi, discrimination dont, la presque totalité des pays de l’ONU non-inféodés aux USA, n’auront pas manqué de prendre bonne note.


En ce qui concerne le sort des Gazaouis, ils seront entassés, d’après ce nettoyage ethnique, en bordure du Sinaï égyptien, sur une bande de quelques kilomètres contiguë avec Gaza, en prévision de quoi l’Egypte a bâti un mur gigantesque pour contenir ces centaines de milliers de Gazaouis qui, bombe après bombe, se rapprochent subrepticement de cette cage d’accueil palestinienne à côté de la future riviera israélienne de Gaza.

Une statistique remarquable est que pendant ces six mois de pilonnage sans merci d’un peuple à genou, Israël tue, chaque jour, plus de victimes palestiniennes que les 135 otages retenus par Hamas et en blesse grièvement autant si ce n’est le double! Aujourd’hui, une nouvelle statistique qui prend de l’essor est le nombre d’enfants qui meurent de malnutrition, de déshydratation et d’infections banales dues à l’environnement insalubre de latrines insuffisantes et de manque de médicaments essentiels. Israël, il nous faut l’admettre, a de la suite dans les idées. Ayant réussi le pari de déraciner près de 2 millions de Gazouis du nord et du centre de Gaza vers Khan Younis et Rafah en vue de les déverser vers le Sinai à travers des armes "conventionnelles", Israël ira encore plus loin pour faire atteindre son but d’un Etat racialement pur, composé exclusivement d’Israéliens. Hitler et Göring doivent s’esclaffer dans leurs tombes, tandis que les victimes de la Shoah pleurent devant l'hécatombe causée par cette nouvelle génération qui a oublié les leçons de leur histoire. 

Avant d’aborder l’axe central de cette stratégie révoltante, nous allons nous arrêter un moment pour écouter un homme dont l’objectivité ne saurait être mise en question, quelle que soit la mauvaise foi des défenseurs de l’IDF.

Les mots du professeur Jeffrey Sachs du “Centre for Sustainable Development” de l’université de Colombia, font mouche sur le positionnement international qu’a sciemment choisi Israël: “Israël has literally starved the people of Gaza. Starved. I am not using an exaggeration. I am talking literally of starving a population. Israel is in a non-stop, war crime status now, I believe in genocidal status and it is without shame, without remorse, without truth, without insight into what it is doing. But what it is doing is endangering Israël’s fundamental security because it is driving the world to believe that the Israeli State is not legitimate. This will stop when the United States stops providing the munitions to Israël. It will not by any self control in Israël, there is none in this government. This is a murderous gang in government right now. These are zealots. They have some messianic vision of controlling all of today’s Palestinian lands. They are not going to stop. They believe in ethnic cleansing or worse, depending on whatever is needed and it is again the United States which is the sole support and it is our mumbling, bumbling President and the others that are not stopping this slaughter.”

Ces Gazaouis sont apparemment “ingénocidables”! Toutes ces balles et ces bombes qui obligent les usines des USA à faire du 24/24 depuis des mois, pour satisfaire la fureur meurtrière d’Israel, ne sont pas parvenues à leur fin. Six mois de carnage inégalé et Bibi n’est pas plus près de son but qu’il n’était au début et ça fait mal politiquement. Il s’agit maintenant d’affamer Gaza. Pas le moindre complexe, pas la moindre hésitation, pas de gêne, ni excuse, encore moins de remords. Benyamin Netanyahu n’a rien à cirer des élections de son allié américain qui risque fort d’y laisser sa présidence, ni de la gêne palpable de ses alliés européens. Deux Etats ? Niet ! Un cessez-le-feu humanitaire ? Il ne saurait en être question. La guerre continue et les bourreaux israéliens tiraient ces jours-ci sur les réfugiés affamés qui se ruent sur le mince filet de camions de vivres qui arrivaient miraculeusement, ces derniers jours, à encore les atteindre. Ils étaient 700 il y a six mois.

A l’exception du 3e Reich, il est difficile de trouver une armée qui aura démontré pareille dégénérescence en couleurs et en direct au monde entier. Mais Israël a fait un petit effort pour se dédouaner en débitant... un gros mensonge: ces centaines de cadavres, entassés les uns sur les autres autour des camions de vivres, ont péri dans la bousculade meurtrière, alors que d’autres ont péri sous les roues des camions. Il est dommage que la quasi totalité des cadavres apportés aux hopitaux étaient criblés de balles de Tsahal.

Il n’y a plus à en douter, l’astucieuse élaboration d’un filet politico-financier savamment tissé le long des décennies autour des intérêts d’Israël est un coup de maître. La diaspora juive aux USA, notamment les donateurs politiques qui sèment par centaines de millions de dollars à chaque élection, tels les frères Koch et Sheldon Adelson, l’AIPAC, le media baron Rupert Murdoch, les nombreux politiciens engagés, d’origine juive, fidèles à Netanyahu, constitue un exemple de succès remarquable de relation diplomatique bilatérale entre un David et un Goliath aux pieds d’argile. Ensemble, ces partis ont réussi à mettre en place un mécanisme efficient qui a littéralement “capturé” la machine gouvernementale américaine, aujourd’hui totalement grippée sur la question palestinienne.

Barrack Obama (JCPOA avec l’Iran) et Joe Biden ont successivement démontré que le chef de l’Etat le plus puissant pays au monde, celui-là même qui a doté Israël d’un pactole de $400 milliards depuis sa création, est impuissant devant l’élan génocidaire d’un voyou de Premier ministre israélien qui juge l’expansion biblique de son territoire plus importante que la réputation de son protecteur qu’il a aujourd’hui réduit en otage impuissant. Biden a beau supplier et menacer, il est contraint de délivrer les armes sans lesquelles Israël ne pourrait poursuivre son génocide du peuple palestinien.

Mais soyons rassurés. Tout comme l’avait rêvé Emmanuel Macron, il y a quelques mois, Biden a, dans son “State of the Union Address”, annoncé qu’il fera parvenir des vivres aux Palestiniens sur les plages de Gaza, bien que ces plages n’aient aucun port en eau suffisamment profonde pour permettre ce transfert et que cela dépend totalement de la bonne volonté de Tsahal qui ne s’est pas prononcé sur ce changement de cap. Mais quoi qu’il en soit, comme Zorro, les Américains sont toujours là pour sauver la situation. Si, comme l’histoire récente l’a démontré, les Etats Unis se sont rendus indubitablement complices, à travers leurs trois vétos au Conseil de Sécurité, du génocide et de l’inanition qui règnent à Gaza, tant pis. Un avion des USA a quand même pu arracher à Israël, la permission de parachuter 28 000 repas au centre du territoire! Une infime fraction du volume que transportent chacun de ces camions qu’Israël bloque aux entrées de Gaza. Bravo!

Mais, de loin, la plus crapuleuse de toutes les ignominies qu’Israël inflige au peuple palestinien est la dernière machination de Netanyahu pour bloquer l’UNRWA (United Nations Relief and Work Agency For Palestine Refugees). Comme le démontre la charte qui suit, cet organisme a été créé après la Nakba de 1947 durant laquelle 700 000 Palestiniens furent chassés de la Palestine, donnant lieu au début du nettoyage ethnique sur lequel fut tragiquement bâti l’Etat d’Israël. Quand on réalise que ce territoire aurait pu s’accommoder de ces deux peuples vivant en harmonie si les décideurs de ce temps s’étaient donné les moyens, on ne peut que regretter ce gachis. 58 camps de réfugiés, six millions de réfugiés palestiniens dans une douzaine de pays du Moyen Orient, chargé de l’éducation, de la santé et de la survie des réfugiés palestiniens depuis près de 75 ans. Cet organisme emploie environ 30 000 Palestiniens, dont toutes les données vitales sont partagées avec Israël qui leur octroie (ou non) la permission d’intervenir dans ces différents camps au sein des territoires qu’il occupe.




Les pays occidentaux se sont servi de l’UNRWA comme d’une feuille de vigne qui, tant bien que mal, cachait l’indécence du nettoyage ethnique qui venait d’être opéré en Palestine, au lendemain des atrocités de la Seconde Guerre Mondiale. Sur les 30 000 employés d’UNRWA , Israël prétend, depuis plus d’un mois, toujours sans la moindre preuve, avoir découvert 12 employés palestiniens qui ont participé à l’attaque du Hamas du 7 Octobre.

L’UNRWA a immédiatement mis les suspects à la porte. Mais cela n’a pas suffi pour Israël qui a suspendu toutes les activités de cet organisme dans les territoires occupés et ailleurs, condamnant les Palestiniens à mourir lentement de faim. Cet épisode aurait été suffisament tragique en lui-même, mais la couardise d’une quinzaine de donateurs internationaux qui se sont laissé influencer par Israël pour stopper leur participation de 450 millions de dollars nécessaires à nourrir ces millions d’indigents, négligés par le concert des nations depuis 75 ans, relève ni plus ni moins d’une extermination internationale systématique et planifiée d’un peuple en rapide voie de disparition. Israël a, sans aucune retenue, “added insult to injury” en traitant les employés de l’UNRWA de terroristes en ligue avec des organisations islamistes. Nous laisserons le patron de l’UNRWA (dont le patronyme écarte toute allégation gratuite d’antisémitisme) s’expliquer sur le sujet. Monsieur Philippe Lazzarini a dénoncé “une campagne délibérée et concertée pour saper les opérations de la colonne vertébrale de l’aide humanitaire dans Gaza dans le but ultime d’y mettre un terme. Démanteler l’UNRWA est irréfléchi. En le faisant, nous sacrifierons une génération entière d’enfants, semant les graines de la haine, du ressentiment et d’un futur conflit”.

27 December 2023

Silence, on exécute à Gaza!


Par Jean-Mée DESVEAUX
l'express du 27 décembre 2023

Si le problème de la Palestine est un problème existentiel, ce n’est pas seulement parce que nous assistons à ce qui présage indubitablement la disparition de ce qui reste de ce peuple qui a souffert stoïquement depuis trois quarts de siècle sur son sol. Ils sont 5,5 millions à Gaza et au West-Bank sur les 14,3 millions éparpillés, souvent sous des tentes, de par le monde. Ce problème est existentiel pour chacun de nous parce que nous sommes aux premières loges à assister, sans lever le moindre doigt, à l’éradication de ce peuple méprisé et de son territoire réduit à peau de chagrin.

Je m’étais longtemps demandé quelle position j’aurais prise si j’avais vécu dans les années trente, lors de l’exécution systématique des juifs européens par l’infect régime nazi. Quelle attitude adopter face à une machine inexorable qui, de facto, transforme notre silence en lâcheté, quelles qu’aient pu être les dispositions morales et philosophiques que nous pensions être les nôtres jusque-là.

Il existait bien sûr une solution qui pouvait séduire les âmes bien trempées car on y risquait sa peau, celle de son conjoint, si ce n’était de toute sa famille : joindre le maquis et aider la résistance ! Les nombreux Mauriciens qui ont arpenté les rues de Paris auront sans doute remarqué ces centaines de plaques murales qui jonchent les murs à la mémoire des résistants abattus sur place sans autres formes de procès par la Gestapo durant l’occupation de la France par l’armée allemande. Ces hommes et ces femmes servent aujourd’hui de bouclier à l’honneur de la France et sauvent la face aux « résistants de la dernière heure » et à tous ceux qui, au moment crucial où on embarquait les victimes comme du bétail sur les camions à destination des chambres à gaz allemandes ou polonaises, détournaient le regard ou changeaient de trottoir. Mais, qu’on se le dise : quoi qu’on fasse, cette tare demeure de façon indélébile, quelle que soit sa tolérance personnelle à la mauvaise foi.

Ici, cependant, s’arrête toute comparaison entre ces deux génocides. Les lobbies qui encadrent immanquablement les nouveaux bourreaux ont mené une campagne savamment orchestrée au niveau international pour que toute sympathie avec les victimes d’aujourd’hui soit immédiatement accompagnée d’opprobre et de lourdes sanctions pénales à travers l’Europe et le monde occidental. Les rôles et les valeurs sont inversés. Comme dirait l’autre, « Fair is foul and foul is fair ». L’Occupant est encensé, alors que lui opposer la moindre résistance devient du terrorisme. Les défendre se transforme en « apologie du terrorisme » qui entraîne de lourdes charges pénales si ce n’est l’emprisonnement . « Tsahal », à qui référence est faite comme à une entité domestique bienveillante et une force héroïque, attire l’admiration. Aujourd’hui, quand c’est Israël qui tue, persécute, exécute et torture à sa guise près de six millions (chiffre fatidique) de Palestiniens, toute critique s’apparente à une tendance toxique, appendage d’un islamogauchisme intolérable.

Exagération ? Voyons voir. Un préfet français qui a eu le courage d’énoncer une vérité de la Palice selon laquelle Israël est le seul pays au monde où on ne torture pas durant le Sabah, se vit démettre de ses fonctions de façon instantanée. Plusieurs Américains qui ont récemment osé « like » le sarcasme du Facebook de The Onion sur le toupet de ces Palestiniens qui ont omis de faire les éloges d’Israël pendant leurs dernières heures d’agonie ont eux aussi été démis de leurs fonctions.

Mais cela va jusqu’au niveau national. Avant qu’ils ne soient honteusement désavoués par leurs institutions nationales, le gouvernement de Rishi Sunak et celui d’Emmanuel Macron avaient tout bonnement interdit toute manifestation populaire en faveur de La Palestine durant le « carpet bombing » israélien de Gaza que Tsahal retournait à « l’âge de pierre ». Oubliées la Magna Carta et la Charte de la liberté d’expression sacrosainte où dessiner le prophète Mohamed représentant un chien devient un droit fondamental et inaliénable de tout Français et Française. De plus, quand on organise une grande marche pour protester contre les excès commis à Gaza, ce n’est pas contre la disproportionnalité excessive entre l’acte et le carnage aveugle de la rétribution de l’armée israélienne. On ne marche pas pour protester contre le fléau du racisme ou de l’islamophobie qui menace de faire tache d’huile dans l’Hexagone mais contre l’antisémitisme, la seule cause qui vaille la peine qu’on se déplace. Cette mentalité discriminatoire se traduit en pratique à travers l’exemple du Franco-Israélien Giliad Shalit, citoyen français à double nationalité qui, en bon Israélien, joignit Tsahal pour se faire la main aux armes et se fit malencontreusement capturé par le Hamas. La France, les USA et Israël remuèrent ciel et terre pour le libérer au bout de cinq ans en grande pompe et festivités. Serait-ce trop insolent de s’enquérir sur le nombre d’années de villégiature carcérale qui aurait accueilli le compatriote Franco-Palestinien de M Gilad Shalit à son retour en France après avoir accompli son devoir patriotique au sein du Hamas en se battant contre l’armée d’occupation de la Palestine ?

Mais il y a mieux en ce qu’il s’agit de parti pris international en faveur d’Israël. Les USA, le pays qui ne peut se permettre le luxe de donner aucune couverture médicale à sa population de 50 millions d’indigents qu’on laisse mourir sous les ponts, peut cependant se permettre d’octroyer, bon an mal an, la coquette somme de $3,8 milliards d’aide militaire à Israël, le seul pays de la région doté de la bombe atomique et seul pays au monde à partager les bombardiers les plus sophistiqués des USA. Pris de panique par le récent refus de Hamas de retourner à la niche rejoindre l’autorité palestinienne devant les exactions de l’occupant en Cisjordanie et Gaza, les USA ont démontré leur solidarité indéfectible à Israël en lui fournissant 15 000 bombes de plusieurs tonnes et en lui octroyant une nouvelle aide militaire de $14 milliards. L’Amérique a par ailleurs opposé trois vetos au Conseil de Sécurité pour donner libre cours à la fureur et la haine génocidaire d’un Israël assoiffé de sang palestinien. Le secrétaire d’Etat, Anthony Blinken, qui se confirme d’extraction juive, a jugé qu’Israël avait le « devoir de se défendre ». Il avait précédemment rejeté toute mesure de boycott BDS contre Israël qui n’était pas, selon ses critères moraux, un envahisseur. Ce très proche collaborateur de Joe Biden gobe toutes les statistiques que lui passe Israël et qu’il répercute en public, comme le fait du reste son patron dont l’autre proche conseiller est Mons Chuck Schumer, Président du Sénat américain. Ces messieurs n’auront jamais la grandeur d’âme, ni l’objectivité d’un Bernie Sanders. Mais Israël a compris le message 5/5. Le signal est donné pour le bombardement débridé de Gaza, suivi d’attaques meurtrières en Cisjordanie où les colons armés jusqu’aux dents en profitent pour expulser et tuer encore plus de voisins palestiniens gênants et les exproprier. Les statistiques qui découlent de ce fait sont périmés aussitôt publiés :

15 000 civils morts en trois semaines, broyés sous les bombardements meurtriers des chasseurs israéliens. 1 200 Israéliens tués durant l’attaque du Hamas, dont 300 soldats qui défendirent chèrement leur peau en neutralisant 1 500 combattants du Hamas lors de l’affrontement initial.

Un enfant tué et deux autres blessés toutes les 10 minutes.

6 500 enfants massacrés parmi les civils précités.

900 enfants avec des jambes et des bras estropiés par une merveille de bombe, ingénieuse à souhait, qui en explosant projette horizontalement des disques aiguisés en acier ressemblant à des CD à 200 km/h.

32 enfants morts dans leurs incubateurs à cause du manque de courant et d’oxygène, des centaines d’autres exilés en Égypte.

80 médecins tués ainsi que 202 infirmiers et aide-soignants.

108 professionnels de l’équipe des Nations Unies sur place sacrifiés (leurs collègues ne seront du reste plus admis sur le territoire car le patron des Nations Unies a osé faire le lien causal entre les événements du 7 Octobre et les 75 ans d’occupation et 17 ans de blocage hermétique de Gaza devenu la plus grande prison à ciel ouvert du monde.

60% des maisons détruites et 50 000 familles ayant perdu leurs demeures.

Crime de guerre des plus barbares : plus de 36 hôpitaux et autres institutions sanitaires mis hors service dans le nord et centre de Gaza, éventrés par les bombes et rendus inutilisables par des chars d’assaut qui les assiègent et leur tirent dessus. Une centaine de patients survivants éjectés manu militari de leurs salles de soins intensifs. Les milliers de sans-abris ayant pris refuge dans les couloirs des hôpitaux subissant le même sort. 

Un millier de malheureux emprisonnés sous les décombres de leurs habitations détruites sans aucun espoir d’être secourus.

73 journalistes tués bien souvent intentionnellement par des snipers israéliens.

Plus d’une trentaine d’écoles des Nations Unies, où s’agrégeaient des milliers de sans-abris, gommées de la surface de la terre. 

5,500 femmes qui devront accoucher dans la rue durant le mois prochain avec la certitude de complications obstétriques dues au stress causé par les bombardements.

3 000 Palestiniens arrêtés en Cisjordanie depuis le 7 octobre (en sus des centaines d’autres tués par les colons armés) ce qui rend totalement saugrenus les échanges de prisonniers qui deviennent instantanément dérisoires puisque les geôles israéliens se remplissent, aussitôt les anciens locataires remis « en liberté ». Cela ne devrait pas nous étonner dans le seul pays au monde où un enfant qui jette des pierres aux soldats de l’occupation encourt jusqu’à 20 ans de prison devant une cour militaire, s’il n’est pas tué sur le champ par un soldat qui n’aura aucun compte à rendre sur l’« incident ».

Dans ce kaléidoscope de meurtres atroces, on ne peut éviter d’arrêter un instant le regard sur ces héroïques pilotes israéliens qui orchestrent ce massacre. En plus des 15 000 Palestiniens abattus de sang-froid dans ce « carpet bombing » qui rase tout sur son passage, près de 70 otages israéliens ont succombé à leur frappe fratricide, dont récemment une mère, un enfant et un bébé de la même famille. Il est utile dans ce contexte de se rappeler que dans le sillage de la première guerre du Golfe en Irak dans les années 80, les pilotes américains avaient brandi la menace d’une mutinerie, refusant de tirer lâchement dans le dos des milliers de soldats irakiens en fuite, une tâche qu’ils considéraient ignominieuse pour leur profession. Il faut croire que le recrutement pour se joindre à cette profession chez Tsahal depuis, requiert une obéissance aveugle quel que soit le sale boulot qu’on leur assigne même si c’est de leur « propre sang ». 

Dans ce même ordre d’idées, les « innocent bystanders » que nous sommes ne pouvons écarter le soupçon que n’était-ce la pression de la rue en Israël, Benjamin Netanyahu aurait refusé toute pause au carnage des Palestiniens afin de déclencher une boucherie de tous les otages israéliens (par leurs propres munitions) et ainsi déclencher en Israël et aux USA une fureur vengeresse ingérable et insensible à tout appel aux considérations humanitaires. Les Palestiniens seraient incontestablement conçus comme des bêtes et mériteraient d’être traités comme tel. Dès lors, nonobstant les objections de l’Egypte inféodé aux USA par le petit milliard d’aide militaire annuel qui lui permet de rester l’armée la plus puissante au Moyen Orient après Israël, en deux tours de mains, ce qui resterait des 2.2 millions de Palestiniens entassés à la barrière de Rafah auront le choix d’être évaporés sous les bombes américaines de Tsahal ou s’installer en permanence dans le désert du Sinaï ou encore rejoindre les millions de leurs compatriotes de par le monde. Gaza, où même Ariel Sharon se cassa les dents en 2005, deviendrait alors la côte d’Azur d’Israël sur la Méditerranée. Qui sait ? Bibi pourrait se refaire une virginité politique ?

Est-ce là de la géopolitique fiction bâtie sur ce territoire de 40 par 13 kms? L’identification d’une « safe zone » où le civils palestiniens pourraient y mettre leur famille en relative sécurité a été jusqu’ici un jeu sadique du haut commandement israélien. Les militaires israéliens ont d’abord forcé les Gazaouis de quitter le nord et le centre de Gaza pour le sud sous la menace d’un bombardement incessant. 1,1 million de Palestiniens furent ainsi transférés du nord au sud de Gaza en empruntant des routes "sécurisées" qui étaient très souvent elles-mêmes pilonnées. La concentration de la population qui avait été jusque-là de 6 500 habitants par kilomètre carré atteignît ainsi les 13 000 par km2. Puis ces « oasis de sécurité » furent à leur tour sujets au carpet bombing forçant une population en panique à se déplacer une nouvelle fois, cette fois vers Rafah, la frontière avec le Sinai, territoire égyptien. Ensuite, Rafah, devenue elle-même la cible de lourds bombardements, ce que les organisations internationales d’aide ont surnommé « un jeu de bataille navale » a été mis en place avec une carte détaillée de tout le territoire numéroté en petits carrés d’un ou deux kilomètres carrés. Le hic est qu’alors que Tsahal était censé donner une indication sur les carrés qu’il fallait fuir, aucune indication ne fut donnée où se réfugier en sécurité. Un autre petit problème mineur est que les cartes papiers jetées depuis des avions contiennent des QR codes numériques qui ne peuvent être décryptés sur un téléphone portable dans un territoire où l’internet et l’électricité ne sont plus que de lointains souvenirs. En dernier lieu, le commandement militaire israélien demanda au 1,9 million de déplacés de se réfugier dans la « safe zone » de Al Mawasi qui mesure 1 km de large par 14 km de long! Imaginez une bombe dedans.

Si ce n’est pas un foutage de gueule magistral de toutes les instances humanitaires internationales et du leadership de chaque pays qui n’a pas rompu ou suspendu ses relations diplomatiques avec l’État juif, faisant de lui un lâche ou un hypocrite, cela lui ressemble étrangement.