The following postings concern published articles and interviews on or by Jean-Mée Desveaux during his career as economist, journalist or as Special Adviser to the Hon. Paul R. Bérenger, Deputy Prime Minister and Prime Minister of Mauritius 1995-1997 and 2000-2005, respectively. The journalistic contributions range over a few decades and include interviews in the late 1970’s, economic analysis and opinion articles of a more recent vintage.
JM et les chefs coutumiers de la République démocratique du Congo
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12 June 2020
05 February 2014
O nation misérable
Par Jean-Mée DESVEAUX
l'express du 5 février 2014
La désillusion du pays vis-à-vis de la classe politique mauricienne a atteint son point culminant une année avant les élections de 2015. Bien qu’habitués au mépris de la classe dirigeante, le théâtre de mauvais goût que nous ont offert le gouvernement et l’opposition, unis dans la même duplicité, a dévoilé le dernier râle de la démocratie mauricienne.
Dans un bourbier d’intérêts personnels où soif de pouvoir rimait avec une volonté commune de vendre sa conscience au prix fort, nous n’avons eu droit, au milieu de toutes ces alliances de partis qui se faisaient et se défaisaient, à aucune référence à un policy reassessment. Aucune mention n’est faite d’un plan cohérent pour combattre l’inégalité économique croissante du pays. Pas plus qu’une sortie planifiée des égouts politiciens où ces malotrus ont plongé le pays depuis de trop longues années. La politique ne se fait pas avec des idées où des aspirations patriotiques dans la belle île Maurice. Ici, c’est la guerre des tranchées pour asseoir son clan ou sa dynastie qui se livre. PTr, MMM, MSM, PMSD, tous tripatouillaient dans la même mare de canard en espérant, qu’à la fin de la partie, ils sortiraient plus tonifiés ou moins décrédibilisés que l’adversaire. Manque de pot, ils en sont sortis, si cela était encore possible, encore moins crédibles qu’avant. Des 40 % de votants qui exécraient ces épouvantails politiques il n’y a pas si longtemps, ce chiffre doit aujourd’hui dépasser les 50 %, soit plus de la moitié des électeurs qui seront appelés aux urnes l’année prochaine.
Il n’y a rien d’étonnant à cela. La descente aux enfers a été aussi sûre que lente. Nous aborderons le cas de l’opposition dans un prochain texte et nous nous arrêtons ici au Parti travailliste. J’ai eu la chance de côtoyer l’espoir qu’était Navin Ramgoolam en 1996, aux côtés de Paul Bérenger. Qui mieux que lui pouvait faire rêver le pays d’un avenir meilleur. Bien né politiquement, jeune, éduqué dans les meilleures universités britanniques, il était le modèle même de l’homme d’État moderne et progressif. Le pays était en droit de s’attendre à un guide éclairé, imbu de valeurs humaines qui iraient de pair avec un gouvernement transparent et honnête où les clivages ethniques et sociaux commenceraient à s’estomper. En sus de toutes les qualités que la nation percevait chez ce jeune leader, le hasard allait lui enlever la tentation d’asseoir son pouvoir sur une dynastie comme le faisait déjà son adversaire principal. En ce qui le concerne, les enfants mauriciens allaient être ses enfants, sans discrimination aucune, l’île Maurice de demain allait être sa seule dynastie.
Quel réveil brutal le pays a ainsi connu ces dix dernières années ! L’homme miracle s’est révélé un satyre et le rêve d’une île Maurice meilleure a tourné au cauchemar. Il est difficile de décrire l’étendue du désenchantement tant il est grand. Navin Ramgoolam avait tout pour s’arroger la place prépondérante dans notre histoire en tant que le plus illustre PM que ce pays ait connu. Il a tristement laissé cette chance lui échapper laissant à la postérité le souvenir du pire leader que ce pays ait subi en cinquante ans d’indépendance.
Comme Hamlet, le prince du Danemark, Navin est né avec un tragic flaw dans son caractère. Il souffre d’une incapacité de prendre la décision qu’il faut, au moment où il le faut. Cette propension à la procrastination a failli coûter cher au pays en 1999. Mais ce défaut, il le cache assez bien sous un charme bien réel et la fabulation que sa «lenteur» n’est qu’une stratégie de réflexion pour mieux bondir au moment choisi. C’est ainsi que se décline l’incapacité de choisir un allié en 2010, les longues absences de promotions aux postes importants du pays, les réformes (électorales et autres) renvoyées aux calendes grecques. Là où sir Anerood Jugnauth coupe et tranche en un tour de main et Paul Bérenger se décide aussitôt le dernier dossier épluché, NCR lui, reste figé dans l’immobilité.
Contrairement aux dieux classiques, le pays aurait pu lui pardonner ce tragic flaw, cette faute unique bien que fatale, cette fine ébréchure dans un vase par ailleurs parfait, si justement le reste de l’objet était impeccable. Loin s’en faut. Chez NCR, le hair line crack donne lieu aux multiples lézardes de la structure. Ainsi, l’homme de la renaissance n’hésite pas à tomber dans le communalisme le plus abject et s’entoure d’une coterie qui l’associe aux pires débordements primaires. La VOH a droit de cité, les pandits désavoués de leurs propres ouailles s’approprient son oreille, votre correspondant devient sa cible raciale préférée lors des élections pour reprendre le pouvoir. Même ses calculs sectaires sont mal faits. Comment sinon expliquer l’aliénation de tout un pan de route côtière et de plage nationale au profit de quelques colleurs d’affiches quand ces excisions, au sein de son propre électorat, désavantagent en premier lieu ces mêmes électeurs de Triolet. Il se targue qu’aucun de ses ministres ne peut lire sa pensée alors que le propre d’un vrai chef est justement de définir clairement la ligne rouge à ne pas franchir. Il n’est donc guère étonnant que nombreux sont ses ministres qui hériteront d’une place choisie au panthéon de la honte aux côtés de messieurs Daby et Badry.
Au lieu d’assainir les tactiques innommables de la politique mauricienne, ce PM qui a longtemps côtoyé l’intelligentsia britannique va pousser, jusqu’à son summum, l’art de la moralité publique qui, chez nous, vise d’abord à préserver le gagne-pain de l’homme qui la pratique. Paul Bérenger le fait éjecter le MSM, un allié scélérat, pour ensuite se l’approprier cyniquement. Qu’à cela ne tienne, il achète trois des parlementaires, démontrant ainsi que Bérenger n’a rien à lui apprendre en immoralité politique. Mais là où il montre le degré de son mépris pour le pays c’est sa pratique sous le prétexte archi creux de la démocratisation de l’économie. Au vu et au su de 1,2 million de Mauriciens, se croyant tout permis, il laisse sa vie dite privée empiéter de façon on ne peut plus flagrante sur son devoir de déférence et de respect pour le patrimoine et l’opinion nationale. Inélégant, il n’hésite pas à bafouer, en ce faisant, la dignité d’une personnalité dont le stoïcisme tranche on ne peut plus crûment avec les lèche-bottes et lâches courtisans qui gravitent autour de lui dans l’espoir de grappiller une miette qu’il laisserait éventuellement tomber dans leurs écuelles.
Ayant suivi cette tragédie nationale au premier rang depuis une décennie, la question est de savoir si le peuple admirable va, malgré tout, renouveler sa confiance en Navin Ramgoolam en 2015. Comme Malcolm dans «Macbeth», la nation va très prochainement se poser la question au sujet de notre tragique héros national : «Is such a one be fit to govern ?» Il est permis d’espérer que, tel le patriotique Macduff, l’île Maurice déclame en choeur «O nation miserable !» suivi d’un «NON» électoral retentissant.
03 November 2013
02 September 2013
Le nez mauve de Paul Bérenger
Par Jean-Mée DESVEAUX
l'express-dimanche du 1er septembre 2013
La réflexion
amorcée au début de l’année par Paul Bérenger semble atteindre un tournant
décisif ces jours-ci. 2013 était un peu son annus
horribilis avec la perte de deux êtres proches et un début de cancer. Mais
bien que la tentation d’émoustiller la sympathie des électeurs ait dû se
présenter à cet être éminemment politique, donc histrionique, il n’est jamais
tombé dans le pathos du self-pity.
De tous les
paramètres qui compliquent son calcul, le temps qui passe et qui ne se rattrape
plus est, de loin, celui qui le tenaille le plus. Ainsi, à peine débarqué de
France, il laisse percevoir une grande nostalgie le premier mai. Il a vu le
temps passer en clinique : « Ramgoolam
finn Premie minis sa pei la pandan 13 an ! 13 an gaspiyaz ki linn fer ! Si ti
donn mwa sa, mo ti va fer veritab mirak ekonomik pou nou pei. » Rares sont
ceux qui ne reconnaissent pas le contraste qu’il décrit entre ces deux hommes.
On se rappelle même d’un Premier ministre (PM) par intérim qui débloqua une
pile de dossiers qui s’étaient accumulés sur le bureau du PM, un certain
dimanche de 1997. C’est ce qui créa, d’ailleurs, le début de la brèche de cette
coalition-là.
Le séjour à la
clinique aura permis à Bérenger de se ressourcer et de préparer, à son retour
au pays, un débat d’idées qui a été trop longtemps absent au MMM. Les choses se
bousculent dans sa tête. D’abord, les questions d’ordre pratique : allait-il
prendre un congé politique qui entraînerait sa démission du Parlement ?
Reprendrait-il un jour les rênes de l’opposition ? Emmanuel le remplacerait-il
dans sa circonscription ? Qui est à même de le remplacer sur le long terme au
sein du parti sans provoquer un éclatement ? La réforme électorale et la
représentation proportionnelle, le Best
Loser System, tout se bouscule. Mais il y a aussi les idées d’ordre
idéologique et moral. Sa visite en France a coïncidé avec l’affaire Cahuzac où
un ministre français a menti de manière déshonorante à son Premier ministre sur
ses avoirs. Une crise morale a secoué la gauche française que François Hollande
a résolue avec doigté en mettant à la porte le ministre coquin et en obligeant
ses collègues à révéler leur patrimoine au grand public. Bérenger, qui suit la
chose de très près, déclare : « Jusqu’à
cette crise, je n’étais pas impressionné par François Hollande. Il a bien
réagi. Le Parti socialiste français est bien divisé. Je lui souhaite bonne
chance… des leçons doivent être tirées » de cet épisode.
Cette crise morale,
cette opération propre et le besoin de retrouver la confiance du pays sont des
thèmes qui sont au coeur de la préoccupation du leader mauve en convalescence.
Quand il dit qu’il y a des leçons à tirer, il sait de quoi il parle. Le pays se
souvient distinctement d’une certaine pirouette morale monumentale qui a causé
une fracture au sein de l’alliance gouvernementale PTr-MSM-PMSD. Paul Bérenger avait
pourtant majestueusement démontré que la vente de la clinique Medpoint (où la
famille de l’ex-président sir Anerood Jugnauth et son fils, ministre des
Finances d’alors, avait de gros intérêts) a été faite de façon éhontée au
détriment de l’intérêt de l’État.
Son argumentaire
était, du reste, si réussi qu’il persuada le Parti travailliste, parti
majoritaire de la coalition, de laisser partir des alliés aussi véreux plutôt
que de se plier à leur chantage et d’intervenir auprès des instances
judiciaires pour les dédouaner. Mais, lo
and behold : une fois la cassure entamée, il a le toupet de prendre congé
de tous les principes et de la moralité, qui l’avaient jusque-là animé dans sa
plaidoirie, et crée une alliance politique nommée « Remake 2000 », avec les
mêmes Jugnauth et leur MSM qu’il considérait pourri seulement la veille ! On
était habitué au revirement de veste et aux alliances vétustes des partis politiques
pendant des décennies mais celui-là a bouché un coin à plus d’un.
Comment donc
annoncer un nouveau virage vers une politique d’intégrité, de transparence et
de la propreté « à la française » quand on est pieds et poings liés, au sein
d’une alliance, aux principaux acteurs du « scandale du siècle » ? Telle est la
tâche qui incombait au leader du MMM à son arrivée à Maurice et il décide donc
de passer son message à travers le thème : « Le socialisme aujourd’hui ». Cet
exercice de communication devenait d’autant plus important que le silence des «
agneaux », qui subsistait jusque-là sur cette alliance, créait une sérieuse
impression de moutons de Panurge au sein du parti qui se prétend le plus
démocratique du pays. Ainsi, Vijay Makhan a dû se mettre sur la défensive et
expliciter l’apparente soumission des dirigeants du MMM à leur grand chef : « Si l’on n’entend pas quelqu’un du MMM
remettre en question une quelconque politique du parti (NdlR : le Remake),
c’est parce que la ligne du parti est débattue en long et en large au sein de
ses instances où chaque membre a la liberté de s’exprimer et, ainsi, n’éprouve
nullement le besoin d’en parler sur la place publique. » Cet argumentaire
persuasif a été sérieusement mis à l’épreuve avec l’absence totale de questions
pertinentes adressées au leader par une salle pleine à craquer du rank and file du MMM et du MSM durant la
conférence. En termes de captive audience,
on ne trouve pas mieux.
Mais il s’avère
plus facile d’admirer la volonté purificatrice de François Hollande que
d’émuler son exemple au sein du Remake 2000. La thèse de Paul Bérenger
s’articule autour de thèmes clés ou « core values » dont le plus délicat, dans
la circonstance, est celle de la moralité politique. Il déclare ainsi : « Le socialisme doit être synonyme
d’anticorruption, de zéro tolérance vis-à-vis de la corruption et des
passe-droits. C’est à nous de donner l’exemple de moralité. » Et il promet,
mais de façon bien moins virulente qu’en mai (quand il avait choqué certains
sur cette question), « d’introduire la déclaration publique des avoirs des
ministres et des députés ». Il finit son discours de plus de deux heures,
durant lesquelles il a vanté le monument de moralité qu’était Mendès France, en
se disant honoré que sir Anerood Jugnauth, confortablement assis au premier
rang non loin de son fils, a tenu à être présent à l’occasion ! Comme il n’est
pas pauvre en esprit, Bérenger réalisait que son geste s’apparentait à un
François Hollande remerciant Cahuzac de s’être si gentiment déplacé pour sa
conférence. Dès lors, il aurait été inutile de poser une question au
conférencier quant à savoir comment, arrivé au pouvoir, il initierait un plan
d’action national pour que soit révélée au public l’information sur ceux qui
détiennent et profitent réellement des trusts,
comme le Sun Trust, qui permettent de dissimuler les bénéficiaires d’un
placement et rendent ainsi inefficace toute lutte contre le financement illégal
des partis politiques, le blanchiment d’argent, la corruption ou l’évasion
fiscale. Beaucoup sont donc sortis de la conférence déçus, pensant qu’elle
était morne, pas pertinente à la situation de l’île Maurice de 2013.
Pourtant, le thème
archi-dépassé a permis au conférencier de passer un message codé inédit
jusqu’ici ! En maître de communication, Paul Bérenger a expliqué pour la
première fois, sans le dire ouvertement, le dilemme auquel il était confronté
lors de sa décision de l’alliance MSM-MMM. C’est ce qu’on appelle parler en
différents registres et on peut deviner que ce n’est certainement pas le
message qu’a retenu l’invité d’honneur. Alors que beaucoup dans l’audience se
perdaient dans les méandres de la Tunisie, de l’Australie et d’autres horizons
lointains où des soi-disant socialistes faisaient honte à la fraternité
socialiste, le leader du MMM expliquait son dilemme d’avoir eu à conjuguer
entre les courants opposés : d’une part, une reprise du pouvoir après sept
cruelles années d’absence et, d’autre part, la fidélité aux principes de
moralité publique auxquels il aurait préféré adhérer s’il avait eu le choix. « Il importe de respecter les principes
fondamentaux. Mais nous existons pour prendre le pouvoir afin de changer
Maurice. Il s’agit de trouver un équilibre entre le respect de nos principes et
la prise du pouvoir. » Le compte rendu de Jean-Marc Poché du Mauricien nous permet ainsi de capturer
Bérenger se pinçant le nez pour gravir de façon « réaliste » (ou machiavélique)
les marches du pouvoir. Le leader du MMM se dévoile presque au grand jour quand
il admet sa problématique dans ses moindres détails. « Parfois, nous agissons trop à la légère et prenons trop de liberté
avec les principes pour gagner les élections. Ce n’est pas facile. Ceux qui ont
la responsabilité de diriger les partis savent qu’avoir un équilibre entre le
principe et le pouvoir est un défi permanent. »
Ce que nous
explique ici le leader du MMM n’est rien d’autre qu’une théorie
néomachiavélique. Oui, il aspire aux valeurs de la moralité politique dans un
État propre avec des ministres intègres comme lui. Il oeuvre pour un État où
régnerait la transparence, la déclaration publique des avoirs et où
l’affairisme « excessif » serait inexorablement puni. Mais comme il ne peut
seul faire accéder le pays à ce Nirvana, il est disposé à faire des compromis
pas très avouables avec des gens d’un tout autre acabit dont il se servirait
pour instaurer l’âge d’or. La fin justifie les moyens ! En ce faisant, ceux qui
seraient tentés d’analyser sa démarche d’homme politique dans cette mouvance se
doivent de faire une stricte distinction entre lui, « homme de grande probité
», « soucieux du sens moral en politique », et ceux, « sans scrupule », qui ne
sont là que pour permettre au MMM d’atteindre son noble but.
C’est pour cela,
donc, que notre analyse, avec preuves à l’appui que sur la scène politique
locale, toutes alliances confondues, les politiciens se ressemblent, l’agace au
plus haut degré. S’il est allié, pour des raisons pragmatiques, à certains
politiciens indignes, il ne se considère pas pour autant de leur espèce. Ainsi,
à Bar Chacha avec les leaders du MSM assis dans la rangée d’orateurs, il dira :
« Zordi ena dimoun (NdlR : une certaine
presse où sévit votre correspondant) pe kre enn santima ki politisien rod zot
lavantaz, oule ranpli zot pos… Li pa vre… ena politisien ki onet, ki pou fer
prizon, ki pou mor pou bann prinsip… Se sa kalite politisien-la (NdlR : Paul
Bérenger) ki pe dir ou pa perdi lespwar dan lavenir nou pei. » Il est peu
probable que les subtilités casuistiques de cette thèse novatrice aideront le
leader du MMM à convaincre les 40 % d’électeurs indécis de ce pays.
20 July 2013
Faible, faux et pas factuel, donc consistant !
Par Jean-Mée DESVEAUX
l'express du 20 juillet 2013
J’ai référé les lecteurs aux interviews du blog
jeanmeedesveaux.blogspot.com (entre 26 mai et 9 juin 2003) qui leur
permettront de reconnaître les faux-fuyants de Patrick Assirvaden.1) Il
suffit de dire au sujet des bushing des turbines de Dumat, dont
j’entends parler pour la première fois de ma vie à travers Hansard en
2011, que Patrick Assirvaden ne démontre pas le lien qu’on attendait
entre Jean-Mée Desveaux et l’achat ou avec le «contact». Il dilue son accusation outrageante en se retranchant lâchement à dire :
«Tout ce qui a été acheté par le CEB entre 2000 et 2005 est la
responsabilité du ‘chef d’orchestre’ du board bien qu’il n’ait jamais
siégé sur le moindre tender committee au CEB !» 2) La CTDS est
utilisée entre 97 % et 98 % du temps parce qu’elle est bien moins
coûteuse : Fort George est à Rs 5,50 le kWh ; la CTDS est à moins de Rs 4
et Suzor aurait été dans les Rs 8 le kWh. 3) La Chaudière : le CEB
n’allait pas acheter la centrale. Le CEB allait acheter l’électricité de
la centrale, point barre. Puisque les promoteurs possédaient une
chaudière ayant déjà servi (qui semble vachement tenir le coup après une
utilisation si intense depuis dix ans) tant mieux pour le CEB. Imposer
une nouvelle chaudière au candidat CTDS (comme voulaient les supporters
de Suzor) visait très clairement à faire grimper le coût de
l’électricité offerte et (irrationnellement) faire le jeu du projet le
plus onéreux. 4) L’appel d’offres (RFP) ne stipulait pas une technologie
spécifique, donc la CTDS était en droit de choisir le charbon.5) Le
débat du charbon n’était pas d’actualité. Mais je suis surpris de voir
les convictions environnementales de M. Assirvaden, le supporteur
indéfectible du projet de Pointe-aux-Caves. 6) Par contre, le RFP
exigeait un minimum de 30 MW. S’ils avaient choisi bagasse/charbon, la
CTDS serait, pour des raisons techniques, tombée en-deçà de 30 MW et
serait automatiquement exclue du RFP.7) M. Assirvaden questionne les Rs 1
000 de ma rémunération au CEB, CWA, WMA sans donner de chiffre
contraire. 8) M. Assirvaden a été contre Gamma avant l’intervention du
PM, pour Gamma après cette intervention et contre Gamma encore
aujourd’hui, restant fidèle à la vraie girouette qu’on connaît.
La bave du crapaud
Patrick ASSIRVADEN
l'express du 20 juillet 2013
Monsieur Desveaux a raison. Je saisis très mal sa philosophie
politique (enfin s’il en a une) surtout après avoir lu sa tribune,
truffée de mensonges, d’insultes gratuites, d’invectives, de
dénigrements et de nondits. C’est Monsieur Desveaux tout craché. Mais
une chose est sûre, ce Monsieur se trompe d’époque. On est en 2013. Les
Mauriciens ne sont pas des imbéciles ! Ce Monsieur me traite de caïd, de
député de bas étage. Je peux comprendre car de 2005 – 2010 et
jusqu’aujourd’hui, je suis celui qui l’a démasqué, et étalé devant
l’opinion publique l’agenda et le rôle de cet imposteur hors pair. C’est
vrai j’ai dit à ma conférence de presse que je ne partage pas
grand-chose avec ce personnage. Mais j’avouerai qu’une chose m’a
échappé, ce Monsieur est horriblement imbu de lui-même. Il doit sûrement
et très souvent dans une journée se regarder dans un miroir… et se
toucher… pour être certain qu’il existe vraiment.
Voyons la vérité des faits
Dès son arrivée au CEB et avec la complicité de certains, la décision
est prise de confier la direction du CEB à quatre mercenaires étrangers
aux dépens des fils du sol méritants, en ramenant l’organisation en
arrière de 50 ans. Une vraie insulte à la nation mauricienne qui a,
hélas, laissé des séquelles indélébiles à l’organisation. Avec un tel
changement radical, on a vu l’instauration d’une technique de management
digne des plus grands despotes. En faisant miroiter la carotte d’un
renouvellement de contrat après deux années de fonction avec des
salaires de princes, ce monsieur s’est doté d’une arme redoutable pour
la mise en oeuvre de son agenda au sein du conseil d’administration où
il régnait en maître absolu. Avant de poursuivre avec mes propos, de
grâce Monsieur Desveaux, cessez de vous cacher derrière le professeur
Kasenally et le Dr Baguant et de vous accrocher à leurs pantalons.
Assumez votre passé sans paravent comme un grand… Décidément, vous
ressemblez étrangement à votre maître.
La sous-station de Dumat
Effectivement, les bushing achetés par le conseil d’administration du
CEB en 2003 alors que vous régniez sur le board ont explosé en 2007
causant un black-out total dans le nord du pays, mais surtout une perte
de plus de Rs 80 millions au pays et aux contribuables. Savez-vous ce
qu’on avait découvert en 2007, Monsieur Desveaux ? Que les fameux
bushing achetés en 2003 par le board du CEB dont vous étiez le chef
d’orchestre avaient été faits par l’intermédiaire d’un courtier
(Plantec) en Afrique du Sud qui se les a procurés d’Alstom (S.A) en
fait c’est Mecafils, une société de Suisse qui les a fabriqués et
livrés. Pire, il n’y avait ni document d’achat, ni garantie. C’est
Mecafils qui nous fit remarquer que ces matériels défectueux étaient
inappropriés pour la sous-station de Dumat. Rs 80 millions, Monsieur
Desveaux et vous prétendez être une lumière… les lecteurs apprécieront.
CTDS
Monsieur Desveaux se targue de la réalisation du projet, de la
centrale de la Société usinière du Sud (CTDS) et de Savannah et se fait
le champion d’une compétition déguisée entre voisins pour l’octroi de
fabuleux contrats à hauteur de six milliards. Pour arriver à ses fins,
il fait employer les experts légistes parmi les plus prestigieux
d’Europe aux coûts de plusieurs dizaines de millions de roupies pour
concocter un appel d’offres et un contrat des plus compliqués pour que
personne ne s’y retrouve et afin d’échapper à toute critique ou
contestation possible, et de l’aveu même de certains tout à fait
démesuré eu égard à l’importance relative de cette centrale de 30 MW
seulement. Le résultat de ces manigances, c’est une centrale
fonctionnant au charbon uniquement alors que la bagasse, combustible
disponible en abondance sur le site, n’avait guère de place ! Un
matériel de seconde main ayant servi auparavant dans une sucrerie en
France (Brelle), et ayant été acheté par les promoteurs du projet bien
avant l’adjudication du marché par le CEB. Dans un soi-disant appel
d’offres compétitif, cette centrale reste encore aujourd’hui celle qui
produit de l’électricité à un coût parmi les plus élevés des producteurs
indépendants (IPP), l’utilisation de cette centrale à plus de 90 % de
sa capacité n’est que le fruit d’une astuce de contrat – le fameux «two-part tariff»
– qui oblige le CEB à payer l’essentiel en coût d’investissement sur
quinze ans, sans rabais et indépendamment de la production réelle et qui
est, elle, simplement rémunérée à un coût marginal. Les gens avertis
n’auront aucun mal à s’y retrouver et à comprendre un mécanisme
financier aussi véreux que les fameux ponzi schemes, et qui se fait au
détriment des consommateurs ! Il est notoire que l’aspect financier a
été entièrement occulté dans les négociations avec la CTDS aux dépens du
consommateur.
L’opposant «Alan Ganoo»
Le projet de la CTDS avait un illustre opposant au Cabinet de
l’époque en la personne de l’actuel leader de l’opposition.
Malheureusement, devant la puissance de Monsieur Desveaux, plus «royaliste»
que le ministre de tutelle, et ayant l’appui sans faille de son maître,
Alan Ganoo n’avait d’autre choix que de se taire et de laisser faire –
voilà la vérité sur l’implication de ce personnage dans les décisions
cruciales quand le MMM était au pouvoir. Vous qui parlez de
transparence, Monsieur Desveaux, expliquez aux lecteurs et aux
Mauriciens :
1. Comment et pourquoi la chaudière de la CDTS en 2003 était de seconde main ?
2. Comment et pourquoi le prix kWh a été accepté/payé par le board et
vous-même pour une chaudière neuve alors que vous saviez très bien
qu’elle était second hand ?
3. Comment et pourquoi la chaudière second hand était déjà et depuis
longtemps à Maurice bien avant que CTDS ne décroche le contrat ?
Ces quelques éclaircissements, Monsieur Desveaux, aideraient sûrement
les lecteurs et les Mauriciens en général à mieux cerner votre
personnage.
Bhagwan se plie
Monsieur Desveaux qui se targue d’être un administrateur hors pair a
dans l’escarcelle de ses réalisations un autre fait d’armes digne d’être
mentionné – parmi tant d’autres. Il est connu au CEB que ce Monsieur
tout-puissant avait obligé le ministre de l’Environnement de l’époque,
en l’occurrence Rajesh Bhagwan, à modifier la loi du pays à travers les
Regulations en acceptant le seuil de 70db (mesure de bruit) aux abords
des centrales électriques pour des raisons les plus obscures.
Aujourd’hui, la république de Maurice est le seul pays au monde à avoir
fait fi des recommandations de la Banque mondiale pour que ce seuil ne
dépasse pas les 50 db. Voilà ce dont est capable ce Monsieur donneur de
leçons et qui était du temps où son maître était Premier ministre plus
puissant que les ministres. On peut donc imaginer que tous les membres
du conseil d’administration de l’époque ne pouvaient être autres que des
marionnettes aux mains d’un manipulateur Expert.
Appel d’offres ? Sélection transparente ?
En 2003, les tender documents pour CTDS spécifiaient clairement que le projet devrait «cater for a primary fuel and a secondary fuel». L’idée était de «optimize» la bagasse. Donc, le CEB s’attendait à des offres «with coal as the primary fuel and bagasse as a secondary fuel». Monsieur Desveaux, vous le savez fort bien, la CTDS n’a jamais soumis de «secondary fuel»
! L’offre de la CTDS aurait dû être rejetée sur le champ !!! Et
pourtant elle a été acceptée avec votre bénédiction après qu’un
soumissionnaire s’est retiré perdant du coup son bond de plusieurs
millions de roupies. RFP Transparent ? Il y a un imposteur quelque part.
CTDS – Désastre écologique
Pas un mot de vous Monsieur Desveaux sur les milliers de tonnes de
cendres de charbon (12 000MT) camouflées tous les jours dans les champs
de canne à St Aubin. C’est un désastre environnemental sans précédent
dont vous avez été un complice pour ne pas dire l’instigateur principal.
Et vous avez le culot de vous vanter d’avoir fait naître un tel projet
qui détruit chaque jour nos nappes phréatiques, pollue nos rivières et
tue notre environnement ! Faites un détour vers St Aubin quand vous avez
le temps. Pour moi, il y a un seul mot qui peut qualifier toutes ces
actions de 2003 «criminel»…
Dans le salon de SAJ
Aveu de taille de Monsieur Desvaux, en 2003 les décisions concernant
la politique énergétique de Maurice se prenaient non pas au cabinet
ministériel ou au CEB avec les techniciens, mais dans le salon de SAJ…
On voit un peu plus clair comment cela se faisait en votre temps.
Gamma Coventa
Quant au projet Gamma Coventa des frères Ah Teck et vos divagations
concernant leur proximité avec le Premier ministre, s’il vous plaît,
soyez moins ridicule, vous savez très bien que le projet n’a jamais vu
le jour malgré leur «soi-disant» proximité … J’étais contre le
projet c’est vrai… Je ne porte pas de visières dépendant de là où je me
tiens Monsieur Desveaux. A propos de ridicule, faites un effort, qui
oserait vous croire dans ce pays, Monsieur Desveaux, quand vous affirmez
que vous avez travaillé, un génie de votre calibre, pour Rs 1 000/-
pour le compte du CEB ? Heureusement, le ridicule ne tue pas… Quant à
vos autres élucubrations, divagations et insultes, je vous dirai
simplement, «ce qui te tue pas te rend plus fort». Sans être mal élevé, ou impoli, je vous recommande cette citation «la bave du crapaud ne salira jamais la blancheur du lys». Je me retrouve dans le lys, Monsieur Desveaux. Et vous… ?
17 July 2013
Assirvaden, ce tonneau vide de président
Par Jean-Mée DESVEAUX
Décidément, Monsieur Assirvaden a encore beaucoup de mal à saisir notre philosophie politique. Il se réjouit de nous voir nous démarquer de la position MMM/MSM sur le dossier Sinohydro * mais il a toujours du fil à retordre à comprendre la logique de notre action durant les cinq ans (2000-2005) passés au sein du Board du Central Electricity Board (CEB). On se souvient qu’il allait, lui-même, devenir président de cet organisme clé de 2005 à 2010. Il y a, bien au-delà d’un simple clash de personnalités, suffisamment de leçons à tirer du fonctionnement du CEB durant ces deux périodes pour qu’on s’y arrête.
l'express du 17 Juillet 2013
| SUDS, à Union st Aubin, la première centrale érigée après un appel d'offres transparent à Maurice. |
Décidément, Monsieur Assirvaden a encore beaucoup de mal à saisir notre philosophie politique. Il se réjouit de nous voir nous démarquer de la position MMM/MSM sur le dossier Sinohydro * mais il a toujours du fil à retordre à comprendre la logique de notre action durant les cinq ans (2000-2005) passés au sein du Board du Central Electricity Board (CEB). On se souvient qu’il allait, lui-même, devenir président de cet organisme clé de 2005 à 2010. Il y a, bien au-delà d’un simple clash de personnalités, suffisamment de leçons à tirer du fonctionnement du CEB durant ces deux périodes pour qu’on s’y arrête.
Qualifié de «nominé politique de bas étage» par Paul Bérenger, cet ex-président du CEB n’avait produit aucun nouveau Independent Power Producer (IPP) durant son mandat. Pourtant, le style et les pirouettes de cet homme consumé d’ambition politique, auront laissé une empreinte indélébile sur le déclin de cet organisme. Doté d’une remarquable propensity to think a little too well of himself, il faisait une exégèse de sa présidence suite à celles du professeur Kasenally et du docteur Baguant après seulement un an : «Le CEB avait besoin d’une personne très ferme à sa tête…….Il est essentiel que le président soit quelqu’un qui agit avec fermeté….cela a manqué dans le passé. Le CEB a aujourd’hui quelqu’un d’intransigeant à sa tête. Je suis confiant que cette politique de fermeté va être payante.»
C’est la même fermeté verbale qu’on retrouve chez le président Assirvaden quand le CEB décide que le projet Gamma-Coventa d’incinérer 80 % des déchets du pays est contraire aux intérêts du corps para-étatique. Les techniciens du CEB découvrent des anomalies et des manquements techniques et économiques au sein du projet et concluent qu’il n’est pas viable, qu’il risque d’exacerber la situation financière critique du CEB et que les prix proposés par des éventuels IPP sont à moitié inférieurs au prix de Gamma-Coventa. Les techniciens du CEB ayant fait leur travail, le président Assirvaden lève le ton et déclare : «Dans tous les prochains contrats que le CEB signera avec le secteur privé, si le CEB ne sort pas gagnant, je prends l’engagement, en tant que président, de faire savoir à la population que je ne suis pasd’accord de payer le courant à ce prix-là.»
Un frisson d’admiration parcourut le pays tout entier, électrifié devant tant de patriotisme. Voilà un Mauricien qui mettait ses convictions au-dessus de l’assujettissement abêtissant de son parti politique. Le président du CEB aurait donc compris que cette utilité publique avait Rs 5 milliards de dette en sus des Rs 2 milliards de déficit accumulé. Rama Sithanen venait, du reste, d’attribuer 2 % du déficit du budget de l’État aux autorités para-étatiques, dont principalement le CEB.
Mais, Monsieur Assirvaden n’avait pas tenu en ligne de compte que les frères Ah Teck, promoteurs du projet d’incinérateur, étaient très proches de Navin Ramgoolam. Un coup de fil de l’hôtel du gouvernement suffit à dégonfler ce caïd. Le tigre rentra ses griffes et devint chaton devant les diktats du prince auquel il devait sa nomination. La seule qualification de Navin Ramgoolam en matière énergétique jusque-là, avait été sa déclaration, en 2005 en tant que leader de l’opposition, qu’aussitôt élu, il fermerait toutes les centrales qui utilisent le charbon (mettant inéluctablement le pays dans une obscurité totale) ! C’est pourtant le PM qui prit la présidence d’un High Powered Committee qui déclara, bien vite, que l’incinérateur de Gamma-Coventa, proposé par ses bailleurs de fonds, était hautement désirable pour le pays.
Le président Assirvaden avait, ce jour-là, choisi de sacrifier ses convictions affichées dans l’expectative de la carrière de député de bas étage qui se donne en spectacle aujourd’hui à toute une nation. Dès lors, départager les offres des IPP cessa d’être l’exercice technique de haute volée qu’il avait été durant les cinq années précédentes. Le chaos le plus total, avec des projets défiant toute logique énergétique, devint la règle du jeu pour le reste de son mandat. Le critère essentiel de l’IPP allait dorénavant devenir l’appui d’un mercenaire influent au sein du cabinet ou encore d’une organisation socioculturelle. Ce fut le cas pour le projet CT Power qui naquit sous la présidence de Monsieur Assirvaden qui demeure un de ses plus fervents défenseurs bien que le coût de production du kilowatt/heure de cette centrale, information sine qua non de toute décision d’octroi de IPP, n’est toujours pas connu jusqu’ici.
Comment, dès lors, s’étonner qu’un Chairman de cet acabit soit dérouté par la trempe de ces illustres prédécesseurs que furent le professeur Kasenally et le docteur Baguant avec qui j’ai eu le privilège de travailler entre 2000 et 2005. Si, comme dit le PM, the proof of the pudding is in the eating, il suffirait de rappeler que sous ces éminences grises, le CEB réussit à adjoindre deux centrales électriques d’IPP d’un total de 104 MW à son grid, alors que le président narcissique n’a, à son actif, malgré tout le sound and fury,qu’un score des plus nuls. En sus de la capacité additionnelle et l’épargne réalisée par le CEB, l’histoire retiendra, des deux centrales de Société usinière du Sud (SUDS, 30 MW) et de Savannah (74 MW), la transparence et le souci de bonne gouvernance dans lesquels ces contrats de plus de Rs 6 milliards ont été négociés par le CEB. Une première nationale non égalée depuis.
Le CEB ne pouvant produire toute son électricité à cause de l’investissement faramineux que cela implique, la priorité est d’acheter l’énergie produite par le privé au meilleur prix qui soit. Or, jusqu’en 2000, le processus de passation de marché pour des contrats des IPP qui se comptent en milliards, se faisait au petit bonheur, chacun son tour, dans un cadre totalement opaque. Le promoteur n’avait, en plus, aucune pression concurrentielle à offrir le meilleur prix aux consommateurs.
Quand donc sous la présidence du professeur Kasenally, le CEB instaure un processus d’appel d’offres piloté pendant des mois, dans les moindres détails, par la cellule Corporate Planning and Research, c’est une grande première pour le pays. Ce Request for Proposals(RFP) allait déterminer lequel des projets allait joindre le grid du CEB en premier sur la base des critères spécifiques tels : reinvestment potential, environment impact,new employment, tax revenue, buy out provisions, legal risks, bidder strength, dispatch flexibility, ancillary services, line losses, levelised cost etc..
Mais bad habits die hard. Médine, le troisième candidat s’étant retiré, l’appel d’offres allait se jouer entre SUDS et le projet de cogénération de M. Norland Suzor dans le port. La décision d’opter pour un processus de sélection transparente et concurrentielle n’était pas au goût de tout le monde et n’était pas de nature à nous créer une foule de supporters. L’industrie sucrière n’avait aucune envie de se plier à la règle de la concurrence et à la discipline de prix que nous introduisions dans le paysage énergétique national. La Mauritius Sugar Authority (MSA) voyait son pré carré lui échapper. Les mandarins du ministère de l’Énergie qui avaient, avec la MSA, négocié dans le passé, les contrats de gré à gré de Belle-Vue et de Beau Champ étaient des opposants naturels d’une passation de marché transparente. IBL, qui pilotait le projet Suzor, et MCFI, qui allait abriter ce projet, allaient aussi s’allier avec la horde mentionnée en haut, et tous, s’opposèrent, comme un seul homme, au processus d’appel d’offres et mirent leur poids, non négligeable, derrière le projet Suzor.
Mais bad habits die hard. Médine, le troisième candidat s’étant retiré, l’appel d’offres allait se jouer entre SUDS et le projet de cogénération de M. Norland Suzor dans le port. La décision d’opter pour un processus de sélection transparente et concurrentielle n’était pas au goût de tout le monde et n’était pas de nature à nous créer une foule de supporters. L’industrie sucrière n’avait aucune envie de se plier à la règle de la concurrence et à la discipline de prix que nous introduisions dans le paysage énergétique national. La Mauritius Sugar Authority (MSA) voyait son pré carré lui échapper. Les mandarins du ministère de l’Énergie qui avaient, avec la MSA, négocié dans le passé, les contrats de gré à gré de Belle-Vue et de Beau Champ étaient des opposants naturels d’une passation de marché transparente. IBL, qui pilotait le projet Suzor, et MCFI, qui allait abriter ce projet, allaient aussi s’allier avec la horde mentionnée en haut, et tous, s’opposèrent, comme un seul homme, au processus d’appel d’offres et mirent leur poids, non négligeable, derrière le projet Suzor.
Mais l’adversaire le plus redoutable du RFP fut le PM d’alors, sir Anerood Jugnauth. Durant quelque vingt ans à la tête du pays, ce dernier n’avait jamais ressenti le besoin d’un quelconque comité, scientifique ou pas, pour choisir un projet d’investissement à Maurice. Après que tout ce beau monde se soit rencontré chez le PM pour lui présenter le projet de cogénération, celui-ci trancha dans le vif (au beau milieu du processus du RFP au CEB) que c’était le projet Suzor qui irait de l’avant.
Ah ! Monsieur Assirvaden, si seulement vous étiez là! C’est d’un président de votre trempe que SAJ avait besoin à ce moment-là. Vous auriez fait vos galons politiques des années plus tôt ! N’ayant ni vos ambitions politiques ni la souplesse de vos vertèbres, we begged to differ avec le décideur suprême devant l’intérêt supérieur du pays. Nous étions à la veille du changement de PM à l’israélienne et tout pouvait encore arriver. Et pourtant, Paul Bérenger s’aligna du côté de la transparence et le processus du RFP au CEB se poursuivit. Le projet SUDS fut éventuellement adjugé plus avantageux au CEB et remporta la joute. Elle reste aujourd’hui une des centrales au sommet du Dispatch Order du CEB (appels de plus de 90 % sur le grid) autant par son prix avantageux que par sa flexibilité.
Il y eut beaucoup d’attaques, de chasses aux sorcières et de fishing expedition pour essayer de trouver ce qui, dans l’attribution de ce contrat, pourrait le moindrement prêter à équivoque. Mais que dalle ! Ces gesticulations dont je fus naturellement l’objet principal avaient pour but de décourager la transparence dans l’attribution des contrats entre les IPP et le CEB. Le lecteur qui s’y intéresse peut consulter, sur le blog jeanmeedesveaux.blogspot.com, les interviews suivants qui parurent dans l’express : Empêcher le CEB d'être une vache à lait (26 mai 2003) ; l’interview de Jack Bizlall Jack Bizlall: Que la lumière soit faite (2 juin 2003) ; Eclairage sur les contrats du CEB (9 juin 2003).
Le lecteur peut, à partir de là, tirer ses propres conclusions sur l’honorable Assirvaden. En ce qui nous concerne, l’ayant déjà traité de menteur en direct à la radio en 2006, nous avons, depuis, noté chez lui, une autre tare non moins enviable. Fidèle à ses convictions morales, il se sert du Parlement comme d’un coward’s castle où, sous l’immunité parlementaire, il induit la nation, l’exécutif et les députés en erreur afin de couvrir son incompétence au sein du CEB. Ainsi, le 14 novembre 2011, il attribue le black-out du pays après l’explosion à la sous-station de Dumat en 2007, quatre ans plus tôt (!), à du matériel défectueux acheté d’un contact sud-africain de votre correspondant. Il l’aurait appris «d’un technicien»! Pareillement, au lieu des quatre Boards sur lequel j’ai siégé (dont trois avec une rémunération d’environ Rs 1 000), il en dénombre 17 avec une rémunération de Rs 350 000 !
Le lecteur peut, à partir de là, tirer ses propres conclusions sur l’honorable Assirvaden. En ce qui nous concerne, l’ayant déjà traité de menteur en direct à la radio en 2006, nous avons, depuis, noté chez lui, une autre tare non moins enviable. Fidèle à ses convictions morales, il se sert du Parlement comme d’un coward’s castle où, sous l’immunité parlementaire, il induit la nation, l’exécutif et les députés en erreur afin de couvrir son incompétence au sein du CEB. Ainsi, le 14 novembre 2011, il attribue le black-out du pays après l’explosion à la sous-station de Dumat en 2007, quatre ans plus tôt (!), à du matériel défectueux acheté d’un contact sud-africain de votre correspondant. Il l’aurait appris «d’un technicien»! Pareillement, au lieu des quatre Boards sur lequel j’ai siégé (dont trois avec une rémunération d’environ Rs 1 000), il en dénombre 17 avec une rémunération de Rs 350 000 !
On peut prédire qu’avec un tel parcours, le pays devra sûrement ériger bientôt, sur le front de mer, une effigie à ce parangon de la politique qu’est devenu Patrick Assirvaden. Il faudrait cependant s’assurer, pour être fidèle à sa nature, qu’elle soit aussi creuse et résonnante que le guignol burlesque qui nous est offert en spectacle dans l’hémicycle.
* Lors d’une conférence de presse, le samedi 6 juillet, Patrick Assirvaden a exprimé son appréciation de Jean-Mée Desveaux : «Après l’affaire de St-Aubin et son passage au CEB, je ne partage pas grand-chose avec Jean-Mée Desveaux. Mais suite à cet article, j’ai changé d’avis ! » (Weekend, 7 juillet 2013)
* Lors d’une conférence de presse, le samedi 6 juillet, Patrick Assirvaden a exprimé son appréciation de Jean-Mée Desveaux : «Après l’affaire de St-Aubin et son passage au CEB, je ne partage pas grand-chose avec Jean-Mée Desveaux. Mais suite à cet article, j’ai changé d’avis ! » (Weekend, 7 juillet 2013)
10 July 2013
Crime et châtiment
Par Jean-Mée DESVEAUX
L'express du 10 juillet 2013
Plus que jamais, au DodoLand,
nous avons la singulière impression que the law is an ass! Il est vrai que
c’est un sentiment qui a prévalu même au sein de la blonde Albion quand on
pouvait, pour le même châtiment, tuer le roi d’Angleterre ou un cervidé dans la
forêt royale.
Comment autrement interpréter
l’évolution du roman-fleuve du VarmaGate au sein du pays que nous connaissons ?
La République tout entière était en révulsion devant le comportement de
l’ex-garde des Sceaux. Prétendre ne pas avoir été l’auteur de l’agression et s’entourer
de trois gorilles du barreau, comme pour bien démontrer la démesure des forces
en présence.
Tout cela lui a coûté l’estime
des Mauriciens, toutes fois confondues (mise à part la VOH qui prouve encore
une fois qu’elle ne représente qu’elle-même). Et pendant toutes ces semaines,
il gardait sa prééminence ministérielle et la superbe arrogance qui
l’accompagne.
Mais voilà, au moment même où les
rôles changent, que le père de la victime le remplace dans le rôle principal de
l’arrogant, qu’il ravale son orgueil et offre des excuses à la victime et à sa
famille, il est démis de ses fonctions. La loi, d’ordinaire si somnolente chez
nous, lui tombe alors dessus avec un acharnement qu’on ne lui connaissait pas
jusqu’ici. Les casernes sont en ébullition, avec les responsables du dossier
travaillant à un rythme effréné.
La loi a probablement des raisons
que la raison ne connaît pas, mais l’hyperactivité légale et institutionnelle
autour de ce dossier nous pousse à nous poser quelques questions. N’existe-t-il
pas aux yeux de la loi une hiérarchie de délits qui s’étend, au sommet, de la
plus pernicieuse et néfaste entorse à la survie même du contrat social, à
d’autres, au bas de l’échelle, qu’une petite tape sur la main suffirait de
décourager ? Si les ressources de l’État, en termes d’effectifs dans le domaine
du Law and Order sont limitées, ne convient-il pas de les utiliser avec
parcimonie en appliquant rationnellement le plus d’effectifs aux crimes les
plus inciviques ? Le razmataz sur VarmaGate reflète-t-il la dangerosité de ce
délit au regard de la hiérarchie de crimes qui sont commis dans ce pays ?
Comment évaluer comparativement,
le long de cette échelle de crimes, un événement qui est passé comme une lettre
à la poste, alors qu’il allait causer un appauvrissement inéluctable du citoyen
mauricien : la saga de Betamax. Le gouvernement travailliste
signe le 20 novembre 2009, à travers la State Trading Corporation(STC), un
contrat de Rs 8 milliards avec les Bhunjun, la belle-famille du très honorable
Jeetah, qui est alors ministre du Commerce et donc de la STC. Ce contrat
instaure le monopole de Betamax sur le transport des produits pétroliers à
Maurice pour 15 ans. Il livre le pays, pieds et poings liés, à un proche du
ministre de tutelle en lui empêchant de trouver, à travers des appels d’offres
compétitifs, le transporteur le moins offrant sur une base annuelle. Ainsi,
entre le 18 août 2010 et mars 2012, la STC a payé Rs 54,7 millions de «demurrage
fees» à Betamax, propriétaire du pétrolier Red Eagle pour 61 voyages, soit
environ Rs 900 000 par voyage de ce tanker.
Mais le scandale ne s’arrête pas
là. Les conseils du Solicitor General sur le bienfondé de ce contrat avaient
été ignorés. Aucun futur gouvernement (moins inféodé à la famille Bhunjun) ne
pourra, durant 15 ans, introduire la concurrence dans le fret de nos produits pétroliers,
malgré l’effet bénéfique sur l’économie nationale que cela entraînerait.
Sinon, il faudra compenser Betamax
à hauteur de Rs 2,1 milliards. Le contrat est scellé sous le sceau du secret
absolu pour que la société civile ne puisse pas en débattre. Pour conclure,
alors même qu’un tsunami s’abat sur l’ex-ministre de la Justice, son confrère
du Commerce n’a pas la moindre «fizette» pour recadrer l’expression de son
attachement familial aux dépens de l’État.
Il nous faudra donc migrer vers
d’autres cieux pour apprécier comment ces combines où l’État est spolié sont traitées
juridiquement. Stéphane Richard, le numéro un de France Telecom (qui possède 40
% de Mauritius Telecom), vient d’être inculpé pour «escroquerie en bande
organisée» dans un cas de conflit d’intérêts. Il existe, en France, une Cour de
Justice de la République (CJR) dont la compétence est de juger les infractions
commises par les ministres dans l’exercice de leurs fonctions.
La CJR soupçonne Christine
Lagarde, l’ex-patronne de M. Richard et directrice actuelle de la FMI, d’avoir choisi
un processus de tribunal arbitral opaque pour résoudre un litige entre Bernard
Tapie et l’État en vue de favoriser Monsieur Tapie. Ce dernier fut compensé par
le tribunal arbitral à hauteur de 285m d’euros d’indemnité dont 45 millions à
titre de préjudice moral (403 m d’euros avec les intérêts).
La directrice du FMI risque, en
cas de culpabilité avérée, jusqu’à dix ans de prison et 150 000 euros d’amendes
«pour complicité de faux et de détournement de fonds public». Un des trois juges
du tribunal, Pierre Estoup, a été accusé de connivence avec Tapie, et mis en garde
à vue.
Le lecteur optimiste reconnaîtra
qu’il faudrait d’abord créer une Cour de Justice de la République à Maurice
avec la compétence de juger les infractions commises par les ministres dans l’exercice
de leurs fonctions pour que nous puissions sortir de l’auberge dans notre cas
de figure. Une condition nécessaire pour ce faire est sans doute un changement
de gouvernement. Mais estce-que cette condition serait suffisante ?
Imaginons
le Remake 2000, retourné au pouvoir en 2015, avec SAJ à sa tête. Le nouveau PM
devra saisir une instance juridique existante ou en créer une autre pour se
pencher sur Betamax. Mais ce vaillant homme d’État est aussi Queen’s Counsel. Il sait que what’s sauce for the goose
is sauce for the gander. Comment s’acharner sur les indulgences de
l’État vis-à-vis des Bhunjun, beaux-parents de Rajesh Jeetah sans, par la même
occasion, revisiter les largesses de ce même État vis-à-vis des Ramdanee,
beaux-parents de Pravind, durant les longues années de primature de sir
Anerood. De plus, Pravind est lui-même accusé
par l’ICAC de conflit d’intérêt dans la vente de la Clinique Medpoint de son
beau-frère. Une règle d’or en politique, c’est qu’on ne parle pas de corde dans
la maison d’un pendu.
06 July 2013
Sinohydro : le péril jaune qui menace Maurice ?
Par Jean-Mée DESVEAUX
l'express du 5 juillet 2013
![]() |
| La construction de la passerelle à la hauteur du pont Colville-Deverell est effectuée par Sinohydro. |
Dans une île Maurice pourtant acclimatée aux scandales des contrats
mirobolants, il n’est pas permis, à entendre l’opposition et la caisse
de résonance de nos rédactions sérieuses, de trouver pis que la
performance de Sinohydro Corporation Ltd (Sinohydro), une compagnie de
construction chinoise qui entreprend une demi-douzaine de chantiers de
la Road Development Authority (RDA) et de la Water Resources Unit (WRU)
en ce moment.
La séance parlementaire du 5 juin 2012 en donne un bon aperçu. Le Dr
Sorefan a ouvert le bal en demandant au Speaker s’il était conscient que
Sinohyro est «un monument de corruption dans plusieurs pays telle la Malaisie» et que cette corporation chinoise a été «blacklisted» en
Ethiopie, Zambie, Mali, Tanzanie, Inde et au Pakistan. L’honorable
Jugnauth a, pour sa part, critiqué le gouvernement de n’avoir pas
institué une «due diligence» pour filtrer un constructeur avec une si
mauvaise réputation. L’honorable Uteem a, lui, suggéré que dorénavent,
vu l’épisode de Sinohydro, «a clause be inserted that someone who
has been involved in corruption in Mauritius or outside Mauritius be
blacklisted and disqualified from submitting a bid». L’honorable
Ganoo a déclaré avoir en sa possession des informations qui démontrent
que Sinohydro a eu de gros problèmes en Malaisie avec la livraison d’un
barrage hydroélectrique. Un an plus tard, lors de la Private Notice
Question (PNQ) du 28 mai de cette année-ci, le leader de l’opposition a
réclamé que Sinohydro ne soit plus autorisée à prendre part à des
exercices d’appel d’offres et qu’aucun contrat ne lui soit alloué. Un
membre de l’opposition a, de plus, suggéré qu’il y a, parmi les
travailleurs de cette compagnie, des prisonniers chinois de droit
commun.
Devant un tel acte d’accusation, reflété au sein de nos meilleurs
journaux jour après jour une année durant, il n’est pas possible que le
public mauricien ne soit aujourd’hui convaincu du bien-fondé de tant de
têtes pensantes qui considèrent le péril jaune de Sinohydro comme un
fléau pour notre pauvre petit pays. Le Premier ministre (PM) a été la
première victime de cette vague de désinformation quand il a, en plein
Parlement, pâli d’effroi à l’idée que Sinohydro allait construire un
gymnase dans sa circonscription !
Nous allons essayer de démontrer que ces informations sont erronées.
Nous sommes, en effet, intimement convaincus que l’absence de Sinohydro
des appels d’offres dans un secteur qui brasse des dizaines de milliards
des deniers de l’Etat, se fera au détriment de la concurrence et se
paiera donc très très cher. Il est une évidence même que la seule
présence de cette enterprise parmi les «bidders» agit comme un
frein aux aspirations déraisonnables des autres grosses entreprises. Et
comme l’État c’est nous, il nous est permis, correctement informés,
d’insister que la seule entreprise qui pousse le prix des gros contrats
routiers vers le bas, continue à exercer cette traction vis-à-vis des
prétentions excessives qui les côtoient.
Ce survol passera en revue les chantiers de construction où Sinohydro
est censée illustrer les vices déplorés par nos élus. Il est
intéressant de noter que ce constructeur numéro un de barrage
hydraulique mondial qui brasse, en chiffre d’affaires, presque le double
du Produit intérieur brut mauricien soit jugé inexpérimenté pour des
travaux chez le tigre de l’océan Indien. La méthode que nous adopterons
est donc de juxtaposer les contrats et chantiers obtenus par Sinohydro
et les évaluer sous plusieurs critères.
Les questions auxquelles le lecteur devrait pouvoir répondre à la fin
de chaque chantier sont les suivantes. Q1 : Est-ce que Sinohydro a
utilisé, comme on l’accuse, une stratégie de bas prix pour obtenir un
contrat qui a débordé ensuite systématiquement, à travers des retards, à
une majoration du prix initial jusqu’à dépasser les offres qu’elle
avait précédemment battues ? Q2 : Si retard il y a, qui est
contractuellement tenu à dédommager l’autre partie financièrement ?
Est-ce la RDA qui doit payer Sinohydro, comme le dit l’opposition, ou
est-ce des pénalités que Sinohydro doit payer à la RDA? Q3 : Existe-t-il
un prima facie case d’interférence occulte, de manque de transparence
ou de corruption autour de la procédure d’allocation du chantier avant,
pendant ou après cette allocation à Sinohydro ? La réponse à chacune de
ces questions permettra au lecteur de jauger la justesse des jugements
de nos parlementaires cités plus haut. Cette lecture mécanique est
fastidieuse et malheureusement indispensable pour permettre au lecteur
d’avoir un coup d’oeil général et objectif sur la question. Nous nous
basons sur des informations apparues dans l’express, le Mauricien,
Week-End et Hansard.
Il est important avant de commencer cet exercice de mettre fin une
fois pour toutes à une préconception créée dans l’esprit du lecteur par
la récente campagne de désinformation: malgré les rumeurs, Sinohydro
n’est pas blacklisted par la Banque mondiale, institution internationale
qui fait le monitoring des participants aux grands travaux
internationaux.
LES SIX CONTRATS DE SINOHYDRO
Conclusion : Nous n’avons pu déceler dans aucun des contrats obtenus
par Sinohydro, le mécanisme que le leader de l’opposition, l’honorable
Ganoo, voulait démontrer selon lequel, pour obtenir des contrats,
Sinohydro fait des offres basses, ravit le contrat et ne l’exécute pas
dans les délais pour ensuite faire des réclamations supplémentaires.
Nous n’avons pu trouver aucune réclamation supplémentaire mentionnée
dans toute la littérature que nous avons parcourue sur Sinohydro. En
fait, sur une valeur de contrat de Rs 1,6 milliard grosso modo, l’État a
économisé Rs 275 millions (17 %) sur ces six chantiers, soit
l’équivalent d’un gros hôpital ou d’une dizaine de collèges secondaires.
L’économie est encore plus grande si le maître d’ouvrage décide
d’imposer, comme il a le droit, des pénalités de retard de 5 % à 10 %
sur les chantiers visés. Aucun des contrats n’a révélé le moindre indice
de scandale que nous avons pu mettre au jour.
Et ce n’est pas étonnant car il fallait vraiment croire n’importe
quoi pour gober que Sinohydro, premier constructeur de barrage mondial,
mettrait en péril sa réputation internationale et son chiffre d’affaires
égal au double de celui de l’État confetti mauricien et se faire
blacklisted pour corruption par la Banque mondiale, dans le seul but de
gagner des contrats dans ce nombril du monde qu’est Maurice.
Devant l’énorme disparité, donc, entre les accusations vitrioliques
d’une part et les faits reflétés sur le terrain d’autre part, on est
tenté de conclure que si un complot bien orchestré avait été monté
visant à exploiter l’ingénuité et le manque de recherche approfondie de
l’opposition par ceux qui ont intérêt à exclure Sinohydro de la ligne de
départ pour le contrat du gymnase de la circonscription du PM, ils
n’auraient pas pu mieux s’y prendre.
Le futur contrat du gymnase n’a, en effet, jamais cessé d’être un
leitmotiv de l’attaque à l’encontre de Sinohydro sur le chantier
d’Arnaud et de la troisième voie. Cette impression n’est que renforcée
par l’intervention très honnête de l’honorable Bhagwan qui, ne sachant
rien cacher, a demandé «si le moment n’était pas venu de donner un
coup de pouce aux contracteurs et entrepreneurs mauriciens lors de
l’octroi des contrats». On est tenté de prier cet élu, pour qui j’ai de l’estime, de modérer sa générosité avec l’argent qui ne lui appartient pas !
Le battage médiatique anti-Sinohydro a coïncidé avec la sortie, ces derniers jours, d’un pseudo-rapport visant à démontrer la concurrence déloyale des firmes de constructions (pas étrangères mais) chinoises à Maurice. La montagne a accouché d’une souris et de ce qu’on a pu juger des morceaux délectables qui ont été refilés à la presse, ce manque de concurrence se résume à un avantage aux Chinois sur les règles régissant les occupational health and safety issues, les logements sommaires des travailleurs chinois et l’incapacité des ouvriers chinois de se syndiquer. La vacuité de ces conclusions est en elle-même une preuve irréfutable que si, comme le disent nos politiques, anguilles sous roches il y avait, c’est ici que la roche aurait été soulevée pour mettre au grand jour tous les vices chinois cachés. Mais, que dalle !
Ce rapport, publié au milieu du battage parlementaire et médiatique, a pourtant été jugé si transcendant par le ministre des Finances, qui l’a vite rangé dans le placard sans le lire, qu’il a décidé de rehausser les domestic preferences pour les compagnies mauriciennes à 15 % au lieu des 5 % décidés en 2009. Seule la forte pression de la Banque Mondiale et d’autres bailleurs de fonds, qui connaissent la pertinence de la concurrence dans ce domaine, a pu empêcher les forces protectionnistes de faire exclure les compagnies étrangères des contrats entre Rs 100 et Rs 400 millions. Et pourtant, le président de la Building and Civil Engineering Contractors Association qui a commandité ce rapport rétrograde et protectionniste, avoue que «beaucoup de compagnies locales emploient des étrangers» ; de plus, ajoute-t-il, «les jeunes ne sont pas intéressés par le secteur à cause de l’absence de sécurité d’emploi». C’est ce que confirme le ministre Mohamed lors du Job Fair à Roche-Bois. Le ministre a fait ressortir qu’il y avait 6 000 postes à prendre dans la construction et le responsable de Sinohydro a dit que son entreprise recherche «des ouvriers compétents qui restent jusqu’à la fin du projet, qu’ils soient Chinois ou Mauriciens. Or, nous avons eu des cas où les travailleurs mauriciens ne sont pas restés plus d’un mois». Tout ceci souligne que toutes les démarches protectionnistes dans ce domaine visent une marge oligopolistique que cherchent à faire les compagnies de construction déjà implantées dans ce pays.
Nous avons malheureusement le triste devoir de pousser plus loin notre réflexion. Nous accusons tous ceux impliqués dans cette montée de bouclier contre Sinohydro, depuis les journalistes qui se font prendre par la désinformation de leurs sources jusqu’aux députés qui se laissent berner comme des novices, de tous jouer, un mauvais rôle, probablement sans le savoir, sous l’influence de certains gros contracteurs sans scrupule. Ceux-là sont non seulement engagés à combattre le jeu de la concurrence, mais, de plus, ils sont disposés, par tous les moyens, de pervertir la bonne marche des institutions mises en place pour un processus de passations de marché claires et nettes dans un pays qui croule littéralement sous la corruption. Que le lecteur juge par lui-même.
Un chantier à pourvoir incessamment est celui du Complexe sportif à Triolet. Au Parlement, le PM est déjà tombé dans la trappe anti-Sinohydro qui a été savamment construite pour lui quand il a pâli à l’idée que Sinohydro obtienne ce contrat. Ce n’est malheureusement pas lui qui aura le temps ou le plaisir de parcourir les chiffres qui parlent d’eux-mêmes derrière l’écran de fumée érigé par ceux qui tireront de gros sous en l’induisant en erreur.
Un des grands soucis d’Alan Ganoo lors de son PNQ a été, qu’avec le track record jugé abominable, que le lecteur a pu suivre en haut, il est possible que Sinohydro décroche cet autre contrat majeur. Monsieur Ganoo ne semble pas être trop loin de la vérité, d’après l’express du 8 juin 2013. On est soudainement confronté à un profil de Sinohydro auquel on ne nous avait pas habitué. Loin d’être la moins-disante, l’offre de Sinohydro serait même la plus élevée. Mais ce n’est pas tout. C’est cette compagnie qui serait jugée, par les adjudicateurs de la Central Procurement Board, comme étant la plus chevronnée techniquement pour cet ouvrage. Donc ce qu’elle perdrait en points sur son offre financière, elle le compenserait largement sur son offre technique et… c’est là où le bât blesse et que l’opinion publique doit être convaincue de son incompétence.
Soumissions financières :
EDCC Rs 151,4 millions ;
Padco Rs 171 millions ;
Sinohydro Rs 190,2 millions.
Technical Marks award :
EDCC 76,3 ;
PADCO 76,2 ;
Sinohydro 83,8.
On peut facilement imaginer, si tel est réellement le cas, l’embarras dans lequel se trouveraient les officiels du CPB chargés d’annoncer aux décideurs politiques que Sinohydro a été adjugée gagnante sur ce contrat au lendemain de la fausse couche médiatique qui a fait tant de bruit mais n’a rien démontré de damning au sein de Sinohydro.
L’opposition croira avoir trouvé un autre filon pour épingler l’incompétence du gouvernement. Celui-ci, tétanisé par les critiques à l’encontre de Sinohydro et convaincu du bien-fondé d’un dossier qu’il ne maîtrise pas, sacrifiera Sinohydro. Et les rédactions sérieuses qui parlaient de «dossiers foireux» ne verront que du feu dans ce tour de passe-passe qu’elles ont naïvement contribué à mettre en place. Si notre hypothèse est fondée, il y a un nom à cette désinformation et ce battage médiatique sans fondement. Ce serait, ni plus ni moins, une atteinte visant à pervertir un processus transparent et objectif de passation de marché public. C’est illégal dans la plupart des pays qui se respectent.
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| Sinohydro a construit la plus grande centrale hydraulique au monde, les Trois-Gorges en Chine. |
Le battage médiatique anti-Sinohydro a coïncidé avec la sortie, ces derniers jours, d’un pseudo-rapport visant à démontrer la concurrence déloyale des firmes de constructions (pas étrangères mais) chinoises à Maurice. La montagne a accouché d’une souris et de ce qu’on a pu juger des morceaux délectables qui ont été refilés à la presse, ce manque de concurrence se résume à un avantage aux Chinois sur les règles régissant les occupational health and safety issues, les logements sommaires des travailleurs chinois et l’incapacité des ouvriers chinois de se syndiquer. La vacuité de ces conclusions est en elle-même une preuve irréfutable que si, comme le disent nos politiques, anguilles sous roches il y avait, c’est ici que la roche aurait été soulevée pour mettre au grand jour tous les vices chinois cachés. Mais, que dalle !
Ce rapport, publié au milieu du battage parlementaire et médiatique, a pourtant été jugé si transcendant par le ministre des Finances, qui l’a vite rangé dans le placard sans le lire, qu’il a décidé de rehausser les domestic preferences pour les compagnies mauriciennes à 15 % au lieu des 5 % décidés en 2009. Seule la forte pression de la Banque Mondiale et d’autres bailleurs de fonds, qui connaissent la pertinence de la concurrence dans ce domaine, a pu empêcher les forces protectionnistes de faire exclure les compagnies étrangères des contrats entre Rs 100 et Rs 400 millions. Et pourtant, le président de la Building and Civil Engineering Contractors Association qui a commandité ce rapport rétrograde et protectionniste, avoue que «beaucoup de compagnies locales emploient des étrangers» ; de plus, ajoute-t-il, «les jeunes ne sont pas intéressés par le secteur à cause de l’absence de sécurité d’emploi». C’est ce que confirme le ministre Mohamed lors du Job Fair à Roche-Bois. Le ministre a fait ressortir qu’il y avait 6 000 postes à prendre dans la construction et le responsable de Sinohydro a dit que son entreprise recherche «des ouvriers compétents qui restent jusqu’à la fin du projet, qu’ils soient Chinois ou Mauriciens. Or, nous avons eu des cas où les travailleurs mauriciens ne sont pas restés plus d’un mois». Tout ceci souligne que toutes les démarches protectionnistes dans ce domaine visent une marge oligopolistique que cherchent à faire les compagnies de construction déjà implantées dans ce pays.
Nous avons malheureusement le triste devoir de pousser plus loin notre réflexion. Nous accusons tous ceux impliqués dans cette montée de bouclier contre Sinohydro, depuis les journalistes qui se font prendre par la désinformation de leurs sources jusqu’aux députés qui se laissent berner comme des novices, de tous jouer, un mauvais rôle, probablement sans le savoir, sous l’influence de certains gros contracteurs sans scrupule. Ceux-là sont non seulement engagés à combattre le jeu de la concurrence, mais, de plus, ils sont disposés, par tous les moyens, de pervertir la bonne marche des institutions mises en place pour un processus de passations de marché claires et nettes dans un pays qui croule littéralement sous la corruption. Que le lecteur juge par lui-même.
Un chantier à pourvoir incessamment est celui du Complexe sportif à Triolet. Au Parlement, le PM est déjà tombé dans la trappe anti-Sinohydro qui a été savamment construite pour lui quand il a pâli à l’idée que Sinohydro obtienne ce contrat. Ce n’est malheureusement pas lui qui aura le temps ou le plaisir de parcourir les chiffres qui parlent d’eux-mêmes derrière l’écran de fumée érigé par ceux qui tireront de gros sous en l’induisant en erreur.
Un des grands soucis d’Alan Ganoo lors de son PNQ a été, qu’avec le track record jugé abominable, que le lecteur a pu suivre en haut, il est possible que Sinohydro décroche cet autre contrat majeur. Monsieur Ganoo ne semble pas être trop loin de la vérité, d’après l’express du 8 juin 2013. On est soudainement confronté à un profil de Sinohydro auquel on ne nous avait pas habitué. Loin d’être la moins-disante, l’offre de Sinohydro serait même la plus élevée. Mais ce n’est pas tout. C’est cette compagnie qui serait jugée, par les adjudicateurs de la Central Procurement Board, comme étant la plus chevronnée techniquement pour cet ouvrage. Donc ce qu’elle perdrait en points sur son offre financière, elle le compenserait largement sur son offre technique et… c’est là où le bât blesse et que l’opinion publique doit être convaincue de son incompétence.
Soumissions financières :
EDCC Rs 151,4 millions ;
Padco Rs 171 millions ;
Sinohydro Rs 190,2 millions.
Technical Marks award :
EDCC 76,3 ;
PADCO 76,2 ;
Sinohydro 83,8.
On peut facilement imaginer, si tel est réellement le cas, l’embarras dans lequel se trouveraient les officiels du CPB chargés d’annoncer aux décideurs politiques que Sinohydro a été adjugée gagnante sur ce contrat au lendemain de la fausse couche médiatique qui a fait tant de bruit mais n’a rien démontré de damning au sein de Sinohydro.
L’opposition croira avoir trouvé un autre filon pour épingler l’incompétence du gouvernement. Celui-ci, tétanisé par les critiques à l’encontre de Sinohydro et convaincu du bien-fondé d’un dossier qu’il ne maîtrise pas, sacrifiera Sinohydro. Et les rédactions sérieuses qui parlaient de «dossiers foireux» ne verront que du feu dans ce tour de passe-passe qu’elles ont naïvement contribué à mettre en place. Si notre hypothèse est fondée, il y a un nom à cette désinformation et ce battage médiatique sans fondement. Ce serait, ni plus ni moins, une atteinte visant à pervertir un processus transparent et objectif de passation de marché public. C’est illégal dans la plupart des pays qui se respectent.
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