JM et les chefs coutumiers de la République démocratique du Congo
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18 September 2015

Le drame d'Ivan

Par Jean-Mée DESVEAUX
l'express du 18 septembre 2015

La bataille d’Ivan Collendavelloo contre la manipulation outrancière de contrats du CEB confirme son rôle comme l’héritier de son ancien leader dans la bataille contre la fraude et la corruption. Saura-t-il mieux faire que lui?


NOTRE absence du pays et donc de ces colonnes durant une année nous impose un préambule important. Rien de ce qui suit ne vise à diminuer le mérite d’Anerood Jugnauth d’avoir sauvé le pays des griffes de Navin Ramgoolam durant deux septennats d’immunité totale. L’état dans lequel il a laissé les institutions du pays au lendemain des élections générales nous permet tout juste d’imaginer la déliquescence dans laquelle Maurice aurait alors sombré. Parmi les «miracles» dont SAJ pourrait se vanter, il est clair que celui-là est le plus grand. 

Comme on pouvait le constater dans les deux articles écrits contre l’infamie d’une deuxième république à la Ramgoolam-Bérenger à la veille des échéances électorales, je fus de ceux qui ne croyaient pas au miracle.

Est-ce à dire que j’ai viré avec les autres «mam»? Pas si sûr. Pourtant, contrairement à beaucoup de critiques du gouvernement, je ne trouve pas exagéré l’effort que fournit SAJ à démanteler les com-bines des apparatchiks rouges et à poursuivre en justice ceux qui se sont abreuvés du sang de la République pendant une décennie. Les politiciens mauriciens ont trop longtemps observé l’omerta et l’Alzheimer à chaque changement de gouvernement. C’était devenu une assurance qu’ils prenaient vis-à-vis du peuple, qu’ils ne seraient pas non plus amenés à rendre des comptes le jour où le repas serait desservi. Il était temps que cela cesse. Que cela prenne parfois l’apparence d’une chasse aux sorcières aux yeux peu habitués des Mauriciens n’est pas surprenant. Ce qui surprend pourtant c’est que SAJ ait ainsi changé la règle du jeu au grand détriment de Pravind le jour où celui-ci perdrait le pouvoir après l’avoir obtenu et longuement conservé. Maurice ne peut que se féliciter de cette avancée.

Malheureusement l’habitude est une seconde nature et cela prend un temps infini à changer les mœurs d’un parti politique gangrené par des décennies de pouvoir débridé à la tête du pays. Le MSM s’est trop longtemps acoquiné d’affairistes tels les membres de la famille de l’ex-ministre transfuge Seetaram (Sarako et téléphérique des Sept Cascades sur les terres du Central Electricity Board (CEB) pour pouvoir les congédier et se refaire une vertu du jour au lendemain. C’est ainsi que le très honorable Bashir Jahangeer, qui a longtemps sévi autour des gros contrats du CEB et celui de la Wastewater Management Authority (WMA) en tant que représentant de la firme Asea Brown Boveri (ABB) devient aujourd’hui l’apparatchik orange responsable du dossier énergétique. Le député a ré- cemment accusé Ivan Collendavelloo, ministre de l’Énergie, d’avoir produit un appel d’offres relatif à l’achat des moteurs pour la station de SaintLouis «taillé sur mesure pour deux fabricants de moteurs». Le VPM a rétorqué «peut-être que Bashir Jahangeer aurait aimé que je lui dise de ne pas s’inquiéter et que c’est lui qui aura le contrat… Personne n’a le droit de se servir de sa position (de député) pour (faire avancer) ses propres intérêts». 

La bataille que livre Ivan Collendavelloo contre la manipulation outrancière des gros contrats du CEB par des «vested interest», confirme son rôle comme l’ultime héritier de Paul Bérenger, son ancien leader, dans la bataille contre la fraude et la corruption. L’affrontement entre l’honorable Jahangeer et le VPM Collendavelloo reflète fidèlement l’opposition entre deux philosophies et deux visions de la politique. C’est un combat entre le militantisme traditionnel et le crony capitalism du MSM et du Labour. Un combat mené par Paul Bérenger pendant 40 ans avant qu’il ne laisse tomber le flambeau dans la fange ramgoolamienne. Un combat qui avait atteint son apogée durant les glorieuses années où le leader MMM était à la tête du gouvernement et où M. Jahangeer livrait bataille, en tant que représentant de ABB, contre deux «bastions» MMM : les conseils d’administrations du CEB et celui de la WMA.

La bataille épique allait avoir lieu autour du contrat de tout-à-l’égout de Montagne Jacquot d’une valeur d’environ Rs 750 millions. Paul Bérenger était PM alors que Pravind Jugnauth, leader du MSM, parti de M. Jahangeer, était ministre des Finances. L’offre de la firme que représentait M. Jahangeer était la moins disante d’environ Rs 17 millions. Le hic était qu’elle accompagnait son offre d’une série de conditionnalités et de «variations» non conformes aux spécifications techniques et financières du document d’appel d’offres. Si ABB devait satisfaire les spécifications, son offre augmenterait par Rs 50 millions à Rs 100 millions. Invitée à la table des négociations par la WMA, les discussions avec ABB durèrent un temps infini durant lequel, dans un jeu du chat et de la souris, le faux moins-disant enlevait une conditionnalité durant les discussions avec le tender committee pour en rajouter une autre à la veille de l’octroi du contrat par le Board de la WMA. Après que la WMA ait reçu l’assurancce qu’ABB avait enfin compris que le contrat ne lui serait pas octroyé si elle n’enlevait pas toutes les conditionnalités, M. Jahangeer revint à la charge sur la formule de cost escalation et de la valeur des devises impliquées dans son offre. 

Après l’avoir analysée, le tender committee de la WMA rejeta cette nouvelle ruse d’ABB qui était cousue de fil blanc lorsqu’un beau jour, le Conseil des ministres, dans sa grande sagesse, jugea que le meilleur arbitre sur la question était nul autre que le secrétaire financier de Pravind Jugnauth. La WMA fut donc dessaisie du dossier. Echec et mat. Il était clair que le contrat allait vers le faux moins-disant ABB de Jahangeer. Nous allions perdre la bataille de la transparence que nous avions menée durant de longs mois. La magouille allait vaincre la bonne gouvernance et le comble était que cela se faisait avec l’assentiment du Conseil des ministres. 

Dans un sursaut de désespoir, l’état-major de la WMA (Chairman John Couve, GM M. Keroff, conseillers techniques Dr Allan Samsoon et Jug Sanchurn, et votre tout dévoué, membre du conseil d’administration) se réunit in camera. La décision fut prise de faire parvenir au plus vite et en conformité avec le cadre légal et réglementaire, le dossier brûlant au Central Tender Board (CTB) de M. Baguant et qu’en attendant, les membres présents à la réunion ne rencontreraient ni ne prendraient de coup de fil de personne. Un témoin, présent à la réunion où Pravind Jugnauth apprit que le dossier était au CTB, rapporte qu’il était effondré, demandant seulement: «Il n’y a plus rien qu’on puisse faire ?» La réponse était négative. Le CTB jugea la dernière ruse d’ABB irrecevable et octroya le dossier au vrai moins disant.

Ce fut l’occasion pour nous de constater qu’un Conseil des ministres qui oppose ainsi ceux qui mènent le combat de la bonne gouvernance, ne mérite pas qu’on se décarcasse pour lui. Le temps était venu pour nous de démissionner de la WMA, ce que nous fîmes. Cela fut aussi l’occasion pour le conseiller que je fus de rappeler à mon patron, le Premier ministre, qu’il y a une ligne que même le Cabinet n’a pas le droit d’outrepasser. Il avait jugé plus important de ménager la susceptibilité du MSM, alors qu’au sujet de la Centrale du Sud, à la veille de son investiture, il avait su opposer SAJ pour soutenir la bonne marche du processus d’appel d’offres. Est-ce qu’Ivan saura faire mieux ? On le saura très vite car l’honorable Jahangeer a promis d’aller chercher l’appui de Pravind Jugnauth contre le VPM.

L'express a tenté d'avoir la version de Pravind Jugnauth et de Bashir Jahangeer. Ce dernier a fait savoir qu'il se trouve à l'étranger et ne peut répondre, alors que le leader du MSM est injoignable.

21 July 2013

Réponses additionnelles à M. Assirvaden

Trois questions que la place disponible pour ma réponse ne m’a pas permis d’élaborer dans l’express du 20 juillet en réponse à M. Patrick Assirvaden (qui sera ajoutée à lexpress.mu).

Question 1 : Le fait d’avoir prôné un changement aux «Noise Regulations » des centrales pour élever le seuil du bruit  acceptable à 70 db. Cette mesure est censée, selon M. Assirvaden, provenir d’un sadisme naturel de ma part d’infliger le plus de pollution sonore que possible aux habitants avoisinant ces centrales.

Réponse 1 : Les sites des vieilles centrales de Port-Louis avaient  été choisis par le CEB, il y a plus d’un demi-siècle, de sorte à ce qu’elles soient à une bonne distance des riverains. Avec la pression démographique, les constructions s’approchèrent de plus en plus des centrales qui avaient été là bien avant elles. Faisant face à ce problème, le policy decision de Patrick Assirvaden aurait sans doute été de raser la centrale qui émettait du bruit au-delà du seuil permis par la loi ou encore de raser les vingtaines de maisons qui étaient dans le no man’s land, créant de nouveaux squatters ailleurs, ou forçant le CEB à foot a new bill de quelques millions. De notre temps, nous avons très bêtement changé la loi pour légaliser ce qui était déjà un fait accompli.

Question 2 : Pourquoi s’offrir le luxe d’utiliser « des experts légistes parmi les plus prestigieux d’Europe »à des millions de roupies plutôt que de laisser, comme cela s’est fait auparavant, un vieux juge mauricien concocter un contrat suffisamment bien, sans plus, en vue d’économiser.

Réponse 2 : Les promoteurs des IPP savaient, eux, où mettre leur argent. Ils ne lésinaient pas sur les moyens quand il s’agissait de trouver le meilleur contrat pour défendre leurs intérêts. Le CEB était toujours en position d’infériorité devant ces as spécialisés en contrat d’énergie. Cela nuisait fortement aux intérêts du CEB pour 30 à 40 ans après la signature. Le CEB paye quelque Rs 500 millions par an à ces privés et ce sont les intérêts du CEB qui prévalent quand la force des hommes de lois qui le défendent est égale ou supérieure à ceux des privés lors de l’élaboration du contrat.

Question 3 : Le board du CEB a confié à « quatre mercenaires étrangers » l’organisation du parastatal « ramenant l’organisation  en arrière de 50 ans. Une vraie insulte à la nation ». 

Réponse 3 : Le  président du Parti travailliste démontre une xénophobie dans les affaires d’Etat qui défie la volonté du Premier ministre de faire de Maurice ce qu’est Singapour, avec un intrant de matière grise de l’extérieur. De plus, il ne tient pas en ligne de compte le fait que ces mêmes étrangers ont permis au CEB de faire le coaching d’un très bon fils du sol qu’est devenu le General Manager (GM) après leur départ. Les techniciens de haut calibre du CEB pourraient dire ce qu’ils ont appris du Corporate section sous l’ancien GM.

20 July 2013

Faible, faux et pas factuel, donc consistant !

Par  Jean-Mée DESVEAUX
l'express du 20 juillet 2013

J’ai référé les lecteurs aux interviews du blog jeanmeedesveaux.blogspot.com (entre 26 mai et 9 juin 2003) qui leur permettront de reconnaître les faux-fuyants de Patrick Assirvaden.1) Il suffit de dire au sujet des bushing des turbines de Dumat, dont j’entends parler pour la première fois de ma vie à travers Hansard en 2011, que Patrick Assirvaden ne démontre pas le lien qu’on attendait entre Jean-Mée Desveaux et l’achat ou avec le «contact». Il dilue son accusation outrageante en se retranchant lâchement à dire : «Tout ce qui a été acheté par le CEB entre 2000 et 2005 est la responsabilité du ‘chef d’orchestre’ du board bien qu’il n’ait jamais siégé sur le moindre tender committee au CEB !» 2) La CTDS est utilisée entre 97 % et 98 % du temps parce qu’elle est bien moins coûteuse : Fort George est à Rs 5,50 le kWh ; la CTDS est à moins de Rs 4 et Suzor aurait été dans les Rs 8 le kWh. 3) La Chaudière : le CEB n’allait pas acheter la centrale. Le CEB allait acheter l’électricité de la centrale, point barre. Puisque les promoteurs possédaient une chaudière ayant déjà servi (qui semble vachement tenir le coup après une utilisation si intense depuis dix ans) tant mieux pour le CEB. Imposer une nouvelle chaudière au candidat CTDS (comme voulaient les supporters de Suzor) visait très clairement à faire grimper le coût de l’électricité offerte et (irrationnellement) faire le jeu du projet le plus onéreux. 4) L’appel d’offres (RFP) ne stipulait pas une technologie spécifique, donc la CTDS était en droit de choisir le charbon.5) Le débat du charbon n’était pas d’actualité. Mais je suis surpris de voir les convictions environnementales de M. Assirvaden, le supporteur indéfectible du projet de Pointe-aux-Caves. 6) Par contre, le RFP exigeait un minimum de 30 MW. S’ils avaient choisi bagasse/charbon, la CTDS serait, pour des raisons techniques, tombée en-deçà de 30 MW et serait automatiquement exclue du RFP.7) M. Assirvaden questionne les Rs 1 000 de ma rémunération au CEB, CWA, WMA sans donner de chiffre contraire. 8) M. Assirvaden a été contre Gamma avant l’intervention du PM, pour Gamma après cette intervention et contre Gamma encore aujourd’hui, restant fidèle à la vraie girouette qu’on connaît.

La bave du crapaud

Patrick ASSIRVADEN
l'express du 20 juillet 2013
 
Monsieur Desveaux a raison. Je saisis très mal sa philosophie politique (enfin s’il en a une) surtout après avoir lu sa tribune, truffée de mensonges, d’insultes gratuites, d’invectives, de dénigrements et de nondits. C’est Monsieur Desveaux tout craché. Mais une chose est sûre, ce Monsieur se trompe d’époque. On est en 2013. Les Mauriciens ne sont pas des imbéciles ! Ce Monsieur me traite de caïd, de député de bas étage. Je peux comprendre car de 2005 – 2010 et jusqu’aujourd’hui, je suis celui qui l’a démasqué, et étalé devant l’opinion publique l’agenda et le rôle de cet imposteur hors pair. C’est vrai j’ai dit à ma conférence de presse que je ne partage pas grand-chose avec ce personnage. Mais j’avouerai qu’une chose m’a échappé, ce Monsieur est horriblement imbu de lui-même. Il doit sûrement et très souvent dans une journée se regarder dans un miroir… et se toucher… pour être certain qu’il existe vraiment.

Voyons la vérité des faits
Dès son arrivée au CEB et avec la complicité de certains, la décision est prise de confier la direction du CEB à quatre mercenaires étrangers aux dépens des fils du sol méritants, en ramenant l’organisation en arrière de 50 ans. Une vraie insulte à la nation mauricienne qui a, hélas, laissé des séquelles indélébiles à l’organisation. Avec un tel changement radical, on a vu l’instauration d’une technique de management digne des plus grands despotes. En faisant miroiter la carotte d’un renouvellement de contrat après deux années de fonction avec des salaires de princes, ce monsieur s’est doté d’une arme redoutable pour la mise en oeuvre de son agenda au sein du conseil d’administration où il régnait en maître absolu. Avant de poursuivre avec mes propos, de grâce Monsieur Desveaux, cessez de vous cacher derrière le professeur Kasenally et le Dr Baguant et de vous accrocher à leurs pantalons. Assumez votre passé sans paravent comme un grand… Décidément, vous ressemblez étrangement à votre maître.


La sous-station de Dumat
Effectivement, les bushing achetés par le conseil d’administration du CEB en 2003 alors que vous régniez sur le board ont explosé en 2007 causant un black-out total dans le nord du pays, mais surtout une perte de plus de Rs 80 millions au pays et aux contribuables. Savez-vous ce qu’on avait découvert en 2007, Monsieur Desveaux ? Que les fameux bushing achetés en 2003 par le board du CEB dont vous étiez le chef d’orchestre avaient été faits par l’intermédiaire d’un courtier (Plantec) en Afrique du Sud qui se les a procurés d’Alstom (S.A) en fait c’est Mecafils, une société de Suisse qui les a fabriqués et livrés. Pire, il n’y avait ni document d’achat, ni garantie. C’est Mecafils qui nous fit remarquer que ces matériels défectueux étaient inappropriés pour la sous-station de Dumat. Rs 80 millions, Monsieur Desveaux et vous prétendez être une lumière… les lecteurs apprécieront.


CTDS
Monsieur Desveaux se targue de la réalisation du projet, de la centrale de la Société usinière du Sud (CTDS) et de Savannah et se fait le champion d’une compétition déguisée entre voisins pour l’octroi de fabuleux contrats à hauteur de six milliards. Pour arriver à ses fins, il fait employer les experts légistes parmi les plus prestigieux d’Europe aux coûts de plusieurs dizaines de millions de roupies pour concocter un appel d’offres et un contrat des plus compliqués pour que personne ne s’y retrouve et afin d’échapper à toute critique ou contestation possible, et de l’aveu même de certains tout à fait démesuré eu égard à l’importance relative de cette centrale de 30 MW seulement. Le résultat de ces manigances, c’est une centrale fonctionnant au charbon uniquement alors que la bagasse, combustible disponible en abondance sur le site, n’avait guère de place ! Un matériel de seconde main ayant servi auparavant dans une sucrerie en France (Brelle), et ayant été acheté par les promoteurs du projet bien avant l’adjudication du marché par le CEB. Dans un soi-disant appel d’offres compétitif, cette centrale reste encore aujourd’hui celle qui produit de l’électricité à un coût parmi les plus élevés des producteurs indépendants (IPP), l’utilisation de cette centrale à plus de 90 % de sa capacité n’est que le fruit d’une astuce de contrat – le fameux «two-part tariff» – qui oblige le CEB à payer l’essentiel en coût d’investissement sur quinze ans, sans rabais et indépendamment de la production réelle et qui est, elle, simplement rémunérée à un coût marginal. Les gens avertis n’auront aucun mal à s’y retrouver et à comprendre un mécanisme financier aussi véreux que les fameux ponzi schemes, et qui se fait au détriment des consommateurs ! Il est notoire que l’aspect financier a été entièrement occulté dans les négociations avec la CTDS aux dépens du consommateur.

L’opposant «Alan Ganoo» 
Le projet de la CTDS avait un illustre opposant au Cabinet de l’époque en la personne de l’actuel leader de l’opposition. Malheureusement, devant la puissance de Monsieur Desveaux, plus «royaliste» que le ministre de tutelle, et ayant l’appui sans faille de son maître, Alan Ganoo n’avait d’autre choix que de se taire et de laisser faire – voilà la vérité sur l’implication de ce personnage dans les décisions cruciales quand le MMM était au pouvoir. Vous qui parlez de transparence, Monsieur Desveaux, expliquez aux lecteurs et aux Mauriciens :

1. Comment et pourquoi la chaudière de la CDTS en 2003 était de seconde main ?
2. Comment et pourquoi le prix kWh a été accepté/payé par le board et vous-même pour une chaudière neuve alors que vous saviez très bien qu’elle était second hand ?
3. Comment et pourquoi la chaudière second hand était déjà et depuis longtemps à Maurice bien avant que CTDS ne décroche le contrat ?
Ces quelques éclaircissements, Monsieur Desveaux, aideraient sûrement les lecteurs et les Mauriciens en général à mieux cerner votre personnage.

Bhagwan se plie
Monsieur Desveaux qui se targue d’être un administrateur hors pair a dans l’escarcelle de ses réalisations un autre fait d’armes digne d’être mentionné – parmi tant d’autres. Il est connu au CEB que ce Monsieur tout-puissant avait obligé le ministre de l’Environnement de l’époque, en l’occurrence Rajesh Bhagwan, à modifier la loi du pays à travers les Regulations en acceptant le seuil de 70db (mesure de bruit) aux abords des centrales électriques pour des raisons les plus obscures. Aujourd’hui, la république de Maurice est le seul pays au monde à avoir fait fi des recommandations de la Banque mondiale pour que ce seuil ne dépasse pas les 50 db. Voilà ce dont est capable ce Monsieur donneur de leçons et qui était du temps où son maître était Premier ministre plus puissant que les ministres. On peut donc imaginer que tous les membres du conseil d’administration de l’époque ne pouvaient être autres que des marionnettes aux mains d’un manipulateur Expert.

Appel d’offres ? Sélection transparente ?
En 2003, les tender documents pour CTDS spécifiaient clairement que le projet devrait «cater for a primary fuel and a secondary fuel». L’idée était de «optimize» la bagasse. Donc, le CEB s’attendait à des offres «with coal as the primary fuel and bagasse as a secondary fuel». Monsieur Desveaux, vous le savez fort bien, la CTDS n’a jamais soumis de «secondary fuel» ! L’offre de la CTDS aurait dû être rejetée sur le champ !!! Et pourtant elle a été acceptée avec votre bénédiction après qu’un soumissionnaire s’est retiré perdant du coup son bond de plusieurs millions de roupies. RFP Transparent ? Il y a un imposteur quelque part.

CTDS – Désastre écologique
Pas un mot de vous Monsieur Desveaux sur les milliers de tonnes de cendres de charbon (12 000MT) camouflées tous les jours dans les champs de canne à St Aubin. C’est un désastre environnemental sans précédent dont vous avez été un complice pour ne pas dire l’instigateur principal. Et vous avez le culot de vous vanter d’avoir fait naître un tel projet qui détruit chaque jour nos nappes phréatiques, pollue nos rivières et tue notre environnement ! Faites un détour vers St Aubin quand vous avez le temps. Pour moi, il y a un seul mot qui peut qualifier toutes ces actions de 2003 «criminel»…

Dans le salon de SAJ
Aveu de taille de Monsieur Desvaux, en 2003 les décisions concernant la politique énergétique de Maurice se prenaient non pas au cabinet ministériel ou au CEB avec les techniciens, mais dans le salon de SAJ… On voit un peu plus clair comment cela se faisait en votre temps.

Gamma Coventa
Quant au projet Gamma Coventa des frères Ah Teck et vos divagations concernant leur proximité avec le Premier ministre, s’il vous plaît, soyez moins ridicule, vous savez très bien que le projet n’a jamais vu le jour malgré leur «soi-disant» proximité … J’étais contre le projet c’est vrai… Je ne porte pas de visières dépendant de là où je me tiens Monsieur Desveaux. A propos de ridicule, faites un effort, qui oserait vous croire dans ce pays, Monsieur Desveaux, quand vous affirmez que vous avez travaillé, un génie de votre calibre, pour Rs 1 000/- pour le compte du CEB ? Heureusement, le ridicule ne tue pas… Quant à vos autres élucubrations, divagations et insultes, je vous dirai simplement, «ce qui te tue pas te rend plus fort». Sans être mal élevé, ou impoli, je vous recommande cette citation «la bave du crapaud ne salira jamais la blancheur du lys». Je me retrouve dans le lys, Monsieur Desveaux. Et vous… ?


17 July 2013

Assirvaden, ce tonneau vide de président

Par Jean-Mée DESVEAUX
l'express du  17 Juillet 2013
SUDS, à Union st Aubin, la première centrale érigée après un appel d'offres transparent à Maurice.

Décidément, Monsieur Assirvaden a encore beaucoup de mal à saisir notre philosophie politique. Il se réjouit de nous voir nous démarquer de la position MMM/MSM sur le dossier Sinohydro * mais il a toujours du fil à retordre à comprendre la logique de notre action durant les cinq ans (2000-2005) passés au sein du Board du Central Electricity Board (CEB). On se souvient qu’il allait, lui-même, devenir président de cet organisme clé de 2005 à 2010. Il y a, bien au-delà d’un simple clash de personnalités, suffisamment de leçons à tirer du fonctionnement du CEB durant ces deux périodes pour qu’on s’y arrête.

Qualifié de «nominé politique de bas étage» par Paul Bérenger, cet ex-président du CEB n’avait produit aucun nouveau Independent Power Producer (IPP) durant son mandat. Pourtant, le style et les pirouettes de cet homme consumé d’ambition politique, auront laissé une empreinte indélébile sur le déclin de cet organisme. Doté d’une remarquable propensity to think a little too well of himself, il faisait une exégèse de sa présidence suite à celles du professeur Kasenally et du docteur Baguant après seulement un an : «Le CEB avait besoin d’une personne très ferme à sa tête…….Il est essentiel que le président soit quelqu’un qui agit avec fermeté….cela a manqué dans le passé. Le CEB a aujourd’hui quelqu’un d’intransigeant à sa tête. Je suis confiant que cette politique de fermeté va être payante.»

C’est la même fermeté verbale qu’on retrouve chez le président Assirvaden quand le CEB décide que le projet Gamma-Coventa d’incinérer 80 % des déchets du pays est contraire aux intérêts du corps para-étatique. Les techniciens du CEB découvrent des anomalies et des manquements techniques et économiques au sein du projet et concluent qu’il n’est pas viable, qu’il risque d’exacerber la situation financière critique du CEB et que les prix proposés par des éventuels IPP sont à moitié inférieurs au prix de Gamma-Coventa. Les techniciens du CEB ayant fait leur travail, le président Assirvaden lève le ton et déclare : «Dans tous les prochains contrats que le CEB signera avec le secteur privé, si le CEB ne sort pas gagnant, je prends l’engagement, en tant que président, de faire savoir à la population que je ne suis pasd’accord de payer le courant à ce prix-là.»

Un frisson d’admiration parcourut le pays tout entier, électrifié devant tant de patriotisme. Voilà un Mauricien qui mettait ses convictions au-dessus de l’assujettissement abêtissant de son parti politique. Le président du CEB aurait donc compris que cette utilité publique avait Rs 5 milliards de dette en sus des Rs 2 milliards de déficit accumulé. Rama Sithanen venait, du reste, d’attribuer 2 % du déficit du budget de l’État aux autorités para-étatiques, dont principalement le CEB.

Mais, Monsieur Assirvaden n’avait pas tenu en ligne de compte que les frères Ah Teck, promoteurs du projet d’incinérateur, étaient très proches de Navin Ramgoolam. Un coup de fil de l’hôtel du gouvernement suffit à dégonfler ce caïd. Le tigre rentra ses griffes et devint chaton devant les diktats du prince auquel il devait sa nomination. La seule qualification de Navin Ramgoolam en matière énergétique jusque-là, avait été sa déclaration, en 2005 en tant que leader de l’opposition, qu’aussitôt élu, il fermerait toutes les centrales qui utilisent le charbon (mettant inéluctablement le pays dans une obscurité totale) ! C’est pourtant le PM qui prit la présidence d’un High Powered Committee qui déclara, bien vite, que l’incinérateur de Gamma-Coventa, proposé par ses bailleurs de fonds, était hautement désirable pour le pays.

Le président Assirvaden avait, ce jour-là, choisi de sacrifier ses convictions affichées dans l’expectative de la carrière de député de bas étage qui se donne en spectacle aujourd’hui à toute une nation. Dès lors, départager les offres des IPP cessa d’être l’exercice technique de haute volée qu’il avait été durant les cinq années précédentes. Le chaos le plus total, avec des projets défiant toute logique énergétique, devint la règle du jeu pour le reste de son mandat. Le critère essentiel de l’IPP allait dorénavant devenir l’appui d’un mercenaire influent au sein du cabinet ou encore d’une organisation socioculturelle. Ce fut le cas pour le projet CT Power qui naquit sous la présidence de Monsieur Assirvaden qui demeure un de ses plus fervents défenseurs bien que le coût de production du kilowatt/heure de cette centrale, information sine qua non de toute décision d’octroi de IPP, n’est toujours pas connu jusqu’ici.

Comment, dès lors, s’étonner qu’un Chairman de cet acabit soit dérouté par la trempe de ces illustres prédécesseurs que furent le professeur Kasenally et le docteur Baguant avec qui j’ai eu le privilège de travailler entre 2000 et 2005. Si, comme dit le PM, the proof of the pudding is in the eating, il suffirait de rappeler que sous ces éminences grises, le CEB réussit à adjoindre deux centrales électriques d’IPP d’un total de 104 MW à son grid, alors que le président narcissique n’a, à son actif, malgré tout le sound and fury,qu’un score des plus nuls. En sus de la capacité additionnelle et l’épargne réalisée par le CEB, l’histoire retiendra, des deux centrales de Société usinière du Sud (SUDS, 30 MW) et de Savannah (74 MW), la transparence et le souci de bonne gouvernance dans lesquels ces contrats de plus de Rs 6 milliards ont été négociés par le CEB. Une première nationale non égalée depuis.

Le CEB ne pouvant produire toute son électricité à cause de l’investissement faramineux que cela implique, la priorité est d’acheter l’énergie produite par le privé au meilleur prix qui soit. Or, jusqu’en 2000, le processus de passation de marché pour des contrats des IPP qui se comptent en milliards, se faisait au petit bonheur, chacun son tour, dans un cadre totalement opaque. Le promoteur n’avait, en plus, aucune pression concurrentielle à offrir le meilleur prix aux consommateurs.

Quand donc sous la présidence du professeur Kasenally, le CEB instaure un processus d’appel d’offres piloté pendant des mois, dans les moindres détails, par la cellule Corporate Planning and Research, c’est une grande première pour le pays. Ce Request for Proposals(RFP) allait déterminer lequel des projets allait joindre le grid du CEB en premier sur la base des critères spécifiques tels : reinvestment potential, environment impact,new employment, tax revenue, buy out provisions, legal risks, bidder strength, dispatch flexibility, ancillary services, line losses, levelised cost etc..

Mais bad habits die hard. Médine, le troisième candidat s’étant retiré, l’appel d’offres allait se jouer entre SUDS et le projet de cogénération de M. Norland Suzor dans le port. La décision d’opter pour un processus de sélection transparente et concurrentielle n’était pas au goût de tout le monde et n’était pas de nature à nous créer une foule de supporters. L’industrie sucrière n’avait aucune envie de se plier à la règle de la concurrence et à la discipline de prix que nous introduisions dans le paysage énergétique national. La Mauritius Sugar Authority (MSA) voyait son pré carré lui échapper. Les mandarins du ministère de l’Énergie qui avaient, avec la MSA, négocié dans le passé, les contrats de gré à gré de Belle-Vue et de Beau Champ étaient des opposants naturels d’une passation de marché transparente. IBL, qui pilotait le projet Suzor, et MCFI, qui allait abriter ce projet, allaient aussi s’allier avec la horde mentionnée en haut, et tous, s’opposèrent, comme un seul homme, au processus d’appel d’offres et mirent leur poids, non négligeable, derrière le projet Suzor.

Mais l’adversaire le plus redoutable du RFP fut le PM d’alors, sir Anerood Jugnauth. Durant quelque vingt ans à la tête du pays, ce dernier n’avait jamais ressenti le besoin d’un quelconque comité, scientifique ou pas, pour choisir un projet d’investissement à Maurice. Après que tout ce beau monde se soit rencontré chez le PM pour lui présenter le projet de cogénération, celui-ci trancha dans le vif (au beau milieu du processus du RFP au CEB) que c’était le projet Suzor qui irait de l’avant.

Ah ! Monsieur Assirvaden, si seulement vous étiez là! C’est d’un président de votre trempe que SAJ avait besoin à ce moment-là. Vous auriez fait vos galons politiques des années plus tôt ! N’ayant ni vos ambitions politiques ni la souplesse de vos vertèbres, we begged to differ avec le décideur suprême devant l’intérêt supérieur du pays. Nous étions à la veille du changement de PM à l’israélienne et tout pouvait encore arriver. Et pourtant, Paul Bérenger s’aligna du côté de la transparence et le processus du RFP au CEB se poursuivit. Le projet SUDS fut éventuellement adjugé plus avantageux au CEB et remporta la joute. Elle reste aujourd’hui une des centrales au sommet du Dispatch Order du CEB (appels de plus de 90 % sur le grid) autant par son prix avantageux que par sa flexibilité.

Il y eut beaucoup d’attaques, de chasses aux sorcières et de fishing expedition pour essayer de trouver ce qui, dans l’attribution de ce contrat, pourrait le moindrement prêter à équivoque. Mais que dalle ! Ces gesticulations dont je fus naturellement l’objet principal avaient pour but de décourager la transparence dans l’attribution des contrats entre les IPP et le CEB. Le lecteur qui s’y intéresse peut consulter, sur le blog jeanmeedesveaux.blogspot.com, les interviews suivants qui parurent dans l’express : Empêcher le CEB d'être une vache à lait  (26 mai 2003) ; l’interview de Jack Bizlall Jack Bizlall: Que la lumière soit faite (2 juin 2003) ; Eclairage sur les contrats du CEB (9 juin 2003).

 Le lecteur peut, à partir de là, tirer ses propres conclusions sur l’honorable Assirvaden. En ce qui nous concerne, l’ayant déjà traité de menteur en direct à la radio en 2006, nous avons, depuis, noté chez lui, une autre tare non moins enviable. Fidèle à ses convictions morales, il se sert du Parlement comme d’un coward’s castle où, sous l’immunité parlementaire, il induit la nation, l’exécutif et les députés en erreur afin de couvrir son incompétence au sein du CEB. Ainsi, le 14 novembre 2011, il attribue le black-out du pays après l’explosion à la sous-station de Dumat en 2007, quatre ans plus tôt (!), à du matériel défectueux acheté d’un contact sud-africain de votre correspondant. Il l’aurait appris «d’un technicien»! Pareillement, au lieu des quatre Boards sur lequel j’ai siégé (dont trois avec une rémunération d’environ Rs 1 000), il en dénombre 17 avec une rémunération de Rs 350 000 !

On peut prédire qu’avec un tel parcours, le pays devra sûrement ériger bientôt, sur le front de mer, une effigie à ce parangon de la politique qu’est devenu Patrick Assirvaden. Il faudrait cependant s’assurer, pour être fidèle à sa nature, qu’elle soit aussi creuse et résonnante que le guignol burlesque qui nous est offert en spectacle dans l’hémicycle.

* Lors d’une conférence de presse, le samedi 6 juillet, Patrick Assirvaden a exprimé son appréciation de Jean-Mée Desveaux : «Après l’affaire de St-Aubin et son passage au CEB, je ne partage pas grand-chose avec Jean-Mée Desveaux. Mais suite à cet article, j’ai changé d’avis ! » (Weekend, 7 juillet 2013)


20 June 2013

Kleptocratie endémique

Par Jean-Mée DESVEAUX
l'express du 19 juin 2013

AYANT noté des commentaires dans la presse qui mettaient les politiciens sur le même pied d’«exécrabilité», Paul Bérenger a déclaré récemment que «tous les politiciens ne se ressemblent pas». Réagissant à cette analyse perverse, Paul Bérenger a soutenu qu’elle constitue une menace dangereuse pour la démocratie car elle nourrit le cynisme : «Bizin arrete avec ces propos dangereux pour la démocratie.» Il a tenu à souligner qu’«il existe des hommes politiques qui sont honnêtes et qui ont des principes».
 
Le lecteur fidèle risque fort de reconnaître que le thème que récuse l’honorable élu a bien été un thème central de nos colonnes. Nous plaiderons donc coupable d’avoir effectivement essayé d’établir que l’île Maurice est gangrenée par une clique de politiciens opportunistes et véreux qui ont misérablement trahi la confiance des Mauriciens, hijacked le projet démocratique, et n’ont d’autres objectifs plus dignes que d’asseoir leur pouvoir et augmenter leur fortune (ou celle de leurs proches) aux dépens de l’État. 

Notre manque de complaisance impose, il est vrai, un devoir d’éclaircissement. Cependant, établir que la mauvaise foi de nos dirigeants se retrouve indistinctement au sein des quatre formations politiques nationales, demanderait des conditions expérimentales, disponibles peut-être en laboratoire, mais pas nécessairement réalisables au sein de nos dédales politiciens. Nous allons quand même essayer, en prenant pour pivot et pierre angulaire, un scandale qui domine l’actualité en ce moment : les projets d’investissement de la famille du très honorable ministre Seetaram qui firent l’objet de la PNQ de l’honorable Alan Ganoo, leader de l’opposition, la semaine dernière.

Le MSM aurait tenté de forcer la main au CEB afin que le projet de téléphérique des Sept-Cascades soit approuvé.
L’honorable Pravind Jugnauth, leader du MSM, un de ces hommes politiques honnêtes et qui ont des principes (dixit Paul Bérenger), a fait une sortie en règle contre les abus et autres vices de procédures du gouvernement en faveur des projets de Seetaram. Il a ainsi déclaré qu’avec des subventions annuelles de Rs 37 millions (MID Fund), le projet de ferme photovoltaïque de 15 MW constituait, en 20 ans, un jackpot de Rs 3 milliards au profit de cette famille. Il était «révolté» que le projet de téléphérique des Sept-Cascades, a bénéficié de Rs 80 millions d’investissement de la part de la State Investment Corporation (SIC) alors même que celle-ci a jugé ce projet très risqué. Il considère ce traitement de faveur comme une rémunération pour «ban ki travers lot cote pou zoine parti travailliste». Tout transfuge a un prix et celui de Jim Seetaram est de l’ordre de Rs 3 milliards, a déclaré M. Jugnauth. Outré, il a déclaré que «dans la culture travailliste, l’intérêt du pays ne compte pas. Ils sont plus concernés par des stratégies qui leur permettent de s’agripper au pouvoir et de remplir leurs poches».

L’autre personnalité politique extrêmement remontée par les privilèges dont les deux projets Seetaram ont bénéficié est Alan Ganoo, le très calme leader de l’opposition. Il a surpris plus d’un par l’indignation qui l’enflammait lors de sa PNQ sur le projet Sarako qu’il considère une spoliation des ressources limitées de l’État au profit des Seetaram. Le point fort de la PNQ fut la démonstration de la vitesse «TGV» avec laquelle l’accord entre le CEB et Sarako a été signé. Le PM prit l’engagement, le 19 mai, durant une fête culturelle Rajput, que l’unsollicited bid de Sarako ira de l’avant. Le 21 mai, le CEB signa le Power Purchase Agreement (PPP) avec la famille Seetaram, les négociations n’ayant, elles, duré que 3 mois.

Devant la ferveur patriotique de ces deux élus, aucun Mauricien n’imaginerait que l’éjaculation de tant de nobles sentiments à la défense du patrimoine national n’est que du vent. Que toute cette indignation devant les courbettes travaillistes face à la famille Seetaram n’est qu’une mascarade histrionique éhontée. Que ce ne sont là que des simagrées, des simulacres dépourvus d’idéal et de conviction, visant à faire abstraction du tableau pathétique que représente une opposition à court de ressources quand elle se met à quatre pattes pour courtiser nos votes. Que si un peuple abruti leur faisait confiance une nouvelle fois en 2015, ils feraient exactement ce que font lesTtravaillistes aujourd’hui pour s’approprier le vote de nos concitoyens Rajput ou Lilliputiens, car c’est exactement ce qu’ils ont fait quand ils étaient au pouvoir en 2004. Qu’ils doivent, enfin, avoir perdu toute dignité et crédibilité pour oser venir ainsi, comme Tartuffe, devant le peuple qu’ils ont roulé dans la farine, et feindre des émotions et des convictions qui ont, depuis très longtemps, cessé d’être les leurs.

Neuf ans sont une éternité en politique. Il n’est donc pas surprenant que l’imposture de nos politiciens s’appuie sur la mémoire poreuse du peuple pour le «mener en téléphérique». En 2004 donc, quand le projet des Sept-Cascades atterrit devant le Board du CEB sous la présidence du Professeur Swaley Kasenally, les membres de cette institution, dont je fis partie, furent confrontés à une série de décisions délicates. Pour être viable, le projet de téléphérique SevenWaterfalls Horizons Ltd des Seetaram avait besoin d’un droit de passage conséquent sur les terres du CEB qui jouxtaient les leurs. Les cabines du téléphérique étant de la dimension d’un autobus, les structures métalliques aptes à les soutenir, nécessitaient une empreinte conséquente sur la forêt du CEB à Tamarind Falls. Le Board savait que cette forêt contenait un trésor naturel en guise de flore mondialement reconnue mais nous ne connaissions ni l’étendue ni la spécificité de cette richesse. Dans le doute, on s’abstient et la première réaction du Board fut de faire la sourde oreille pendant des mois aux appels de pieds que recevait notre malheureux Chairman de la hiérarchie politique. C’était moins de deux ans avant les élections de 2005 et Pravind Jugnauth était vice-Premier ministre et leader du MSM, alors que l’honorable Alan Ganoo était ministre MMM des Utilités publiques. M. Jim Seetaram, fils de M. Iswardeo Seetaram, ancien Speaker travailliste, se vit miraculeusement charmé par le parti Soleil où il allait vite devenir une étoile montante.

C’est à ce moment donc que, sans le moindre scrupule, la hiérarchie du MSM exerça une pression insoutenable sur le président du CEB afin que le Board approuve un contrat avec le Seven Waterfalls Horizons Ltd. Ce contrat allait permettre au MSM de soudoyer la famille Seetaram et d’obtenir leur allégeance politique chancelante, le fils Jim se portant candidat à Montagne-Blanche/ GRSE en juillet 2005. Comme on peut s’y attendre, le contrat soumis au CEB était aussi soucieux de l’environnement que s’il avait été rédigé par Attila, le Fléau de Dieu. Le conseil d’administration, conscient des enjeux, verrouilla à double tour le Lease Agreement pour protéger le patrimoine national. Le Board exigea ainsi, parmi d’autres conditions préalables à la ratification de tout bail avec les promoteurs, qu’un audit environnemental complet des terres du CEB aux Sept-Cascades soit entrepris par la Mauritius Wildlife Foundation (MWF). Il fut décidé que les découvertes significatives, en termes de trésors naturels, seraient mentionnées avec leurs coordonnées géodésiques au sein du Lease Agreement et que tout abus de nos trésors naturels deviendrait «sufficient ground for rescinding the lease».

Cet audit allait, entre autres, permettre au Board de découvrir que la forêt des Sept-Cascades était déjà connue et homologuée par le Watchdog international «World Conservation Union» (IUCN) qui l’avait inscrite sur la liste rouge des forêts contenant des espèces en danger. L’audit allait permettre de connaître l’existence et la position exacte de : 1) L’AlbiziaVaughanii,(IUCN Critically endangered) last reproducing individual of this critically endangered species ; 2) les quatre derniers Psiadia Cateractae (IUCN Critically endangered) ; 3) Les Polyscias Gracilis (IUCN critically endangered) dont deux des quatre derniers au monde sont sur les terres du CEB ; 4) Polyscias Paniculata (IUCN proposed critically endangered), deux sur les trois dernières espèces se trouvent à Tamarind Falls ; 5) 30 espèces de plantes endémiques et bien d’autres. Cette forêt abrite aussi la Crécerelle ainsi qu’une espèce de chauves-souris endémiques, le Pic-Pic et la grosse Cateau Verte.

Cet audit fut le fruit de la volonté concertée d’un conseil d’administration de corps para-étatique mauricien qui sut prendre ses corporate responsibilities au sérieux. Mais, si cet audit allait mettre au jour tant d’espèces endémiques en voie de disparition, il allait aussi révéler une espèce prolifique qui, tout en étant endémique à cette île, loin d’être menacée de disparition, foisonne chez nous comme la mauvaise herbe: le politicien manipulateur et opportuniste. Quand il apprit les intentions du Board, le ministre Ganoo eut l’outrecuidance de nous intimer l’ordre, par voie épistolaire, de ne pas aller de l’avant avec cet audit car il risquerait fort de mettre en péril l’avenir du projet des Seetaram. Le Board traita cette sommation ministérielle avec le mépris qu’elle méritait en l’envoyant au panier de l’Histoire.

15 November 2011

PARLEMENT: L’ancien conseiller de Bérenger dans le collimateur d’Assirvaden

Le Mauricien du 15 novembre 2011

Le député de la circonscription La Caverne / Phœnix a répondu hier aux interrogations de l’opposition sur « la nomination d’un président du CEB sans passer par un board ». Citant le cas de l’ancien conseiller spécial de Paul Bérenger Jean-Mée Desveaux, Patrick Assirvaden a déclaré que « l’opposition a une mémoire sélective ».

« Comment peut-on recruter directement un General Manager du Central Electricity Board sans passer par un conseil d’administration ? L’opposition semble avoir la mémoire courte ! » C’est ce qu’a soutenu hier le député de la majorité Patrick Assirvaden. « Eux aussi, sous Paul Bérenger, n’étaient pas passés par les membres du board », a-t-il lancé en faisant allusion au cas de Jean-Mée Desveaux, ancien conseiller spécial du leader de l’opposition Paul Bérenger.

« Jean-Mée Desveaux siégeait à l’époque sur 17 boards différents, ce qui lui a valu une rémunération de Rs 370 000 par mois », a expliqué Patrick Assirvaden. Il a attribué le black-out de 2007 à l’ancien conseiller spécial de Paul Bérenger. « La moitié du pays s’était retrouvée dans le noir ! Qui avait acheté les turbines ? Il n’y a aucune trace du contrat…», a avancé le député du Ptr.

Le président du Parti travailliste (Ptr) a aussi rappelé la nomination de Jyoti Jeetun en tant que « Chief Executive Officer du SIT en 2003 . Dans son contrat, il est stipulé qu’elle a droit à une free use of company credit card, aux loyers et services d’un cuisinier payés… pourtant elle n’est pas étrangère ! »

Patrick Assirvaden a une fois de plus tiré à boulets rouges sur le MSM. « Avec ce parti, on était dans l’embarras. On était mal à l’aise… » Il a également justifié la conviction de l’Alliance de l’Avenir à poursuivre son mandat en soutenant : « On avait pris un engagement. »

Le député rouge n’a pas manqué de saluer le Budget 2012 présenté le vendredi 4 novembre par le ministre des Finances Xavier-Luc Duval. « On observe au niveau international des choix d’austérité. Ce qui est le cas en France. En période de crise, ce sont les acquis sociaux qui sautent. Ce budget présente cependant un mélange de soutien et de relance. »

Patrick Assirvaden a aussi félicité le Grand argentier d’avoir « investi dans le quotidien des enfants pauvres ».

10 June 2007

La Centrale thermique de St-Aubin

Le Week-End 10 Juin 2007

Paul Bérenger à la presse et au parlement


Avant d'en venir à la situation dans le port, il a tenu à souligner que, dans le cas du scandale du unsolicited bid de la centrale de 110 MW, le ministre Abu Kasenally, acculé, a dit "pas moi çà, Navin Ramgoolam çà et Fast Track Committee présidé par Navin Ramgoolam ki fine envoy sa CEB !". "Ce n'est pas une raison pour justifier un unsolicited bid et ne pas procéder à des appels d'offres".

Après Abu Kasenally, c'est au tour de Xavier Duval, souligne-t-il, de venir avec son "pa moi ça, Navin Ramgoolam ça" et de dénoncer un gros opérateur qui cherche à obtenir le monopole et le statut de partenaire stratégique sans passer par des appels d'offres. Et, là aussi, c'est le Fast Track Committee présidé par Navin Ramgoolam qui a référé ce dossier aux organismes portuaires.

Fast Track Committee de Navin Ramgoolam ; "un danger public"


"Ce Fast Track Committee de Navin Ramgoolam est un danger public. Il est inacceptable que pour la production d'électricité et la gestion du port on cherche à éviter de faire des appels d'offres. C'est scandaleux et c'est contre le principe de la bonne gouvernance. La Banque mondiale et l'Union européenne sont contre ce genre de choses", a fait ressortir Paul Bérenger.

Il a insisté sur l'absolue nécessité d'avoir des appels d'offres pour la production énergétique de même que pour le choix d'un partenaire stratégique dans le port, d'autant que ces deux décisions vont engager le pays pour les 50 ans à venir et que si il y a un mauvais choix, cela va peser très lourd à l'avenir. Aussi, il a adressé un avertissement solennel à ceux qui seraient tentés d'aller de l'avant avec ces deux projets sans recourir à des appels d'offres.

Il a ensuite parlé de ce qu'il a appelé "les bêtises et les insanités" débitées par Rama Sithanen et Abu Kasenally visant Alan Ganoo et tentant de faire croire qu'il y a eu des magouilles autour de la centrale de St Aubin et de Savannah.

"Le comité squelette n'a rien trouvé sur St Aubin"

Revenant sur les insinuations de Rama Sithanen au Parlement mardi dernier, qu'il a qualifié de "petit lâche", il l'a mis au défi, lui et son gouvernement de nommer une commission d'enquête présidé par un ancien juge de la Cour suprême pour étudier les conditions dans lesquelles la centrale de St Aubin est entrée en opération. Il a tenu à préciser que, contrairement à ce que Navin Ramgoolam veut faire dans le port et la production d'électricité, dans le cas de St Aubin et Savannah il y a eu des appels d'offres et toutes les procédures ont été suivies par le CEB et ce, "dans une transparence totale".

Intervenant sur le même sujet en sa qualité d'ancien ministre des Services publics, Alan Ganoo a rappelé qu'avant son arrivée à ce ministère en 2000, les négociations se faisaient directement avec le CEB pour la fourniture d'électricité, mais qu'à partir de 2000 il y a eu trois promoteurs qui ont fait des offres, St Aubin, Médine et Suzor.

Il rappelle aussi qu'il y eut d'abord un Steering Committee présidé par le secrétaire au cabinet Loganaden Ramsamy et que ce comité décida de lancer des Requests for Proposal, lesquels furent lancés, puis soumis à un comité d'évaluation auquel ont aussi participé des officiers du Management Audit Bureau et que ce fut finalement au soumissionnaire le moins élevé que le contrat fut alloué.

Poursuivant le récit des diverses étapes franchies, Alan Ganoo a fait état d'un Technical Committee, présidé par le directeur du Plan Guy Wong So qui s'est lui penché sur les conditions du Power Purchase Agreement, et ce n'est après tout cela que le contrat fut signé avec St Aubin, a souligné le leader adjoint du MMM.

Il n'a pas manqué aussi de souligner qu'il a été le premier ministre des Services publics à avoir déposé sur la table du Parlement le 18 mai 2004 copie du Power Purchase Agreement entre le CEB et la centrale de St Aubin signé le 15 octobre 2003 alors qu'aucun autre, que ce soit celui de Belle Vue ou Beau Champ, n'a été rendu public. Alan Ganoo a aussi révélé que le "comité squelette", celui-là même qui avait travaillé sur le dossier BPML, s'était aussi penché sur le contrat avec St Aubin mais qu'il n'a rien trouvé sur St Aubin et qu'il a dû abandonner la partie. Il a lui mis au défi le gouvernement d'instituer une commission d'enquête. 

Fréquentes invocations du Saint… Aubin au Parlement

Rajesh Bhagwan devait aussi être tancé alors qu'il lançait "al rode to lamoné coquin", une remarque qui a provoque de très vives réactions des bancs de la majorité. Après des rappels à l'ordre administrés des deux côtés, le calme est revenu même si le tandem Sithanen/Deerpalsing ne semblait pas vouloir lâcher St Aubin et Jean Mée Desveaux. Il y eut même une tentative du ministre des Finances de refiler une question au Chief Whip, Lormesh Bundhoo, sur le centre thermique du sud mais ce dernier ne devait pas suivre cette directive.

Paul Bérenger : "Rama Sithanen a les moyens de présenter un bon budget"

Le Week-End 10/6/2007

"Rama Sithanen a les moyens de présenter un bon budget". C'est la déclaration faite, hier, par Paul Bérenger lors d'une rencontre avec la presse. Le leader du MMM a aussi invité le ministre des Finances d'arrêter de faire "simagrée et badinaz" et "fer dimoune per pou narien". Il a par ailleurs lancé un défi au gouvernement et au "petit lâche Rama Sithanen" d'instituer une commission d'enquête sur la centrale de St Aubin, a insisté pour qu'il y ait des appels d'offres pour le choix d'un partenaire stratégique dans le port et a exprimé des doutes sur la décision de créer deux compagnies et deux terminaux.

C'est par un rappel de ce qui s'est passé l'année dernière pour le premier budget de l'alliance sociale, dont Rama Sithanen s'est vanté comme étant un "de rupture" alors qu'il aurait dû continuer avec "la réforme à visage humain du gouvernement précédent" que le leader du MMM a commencé pour souligner aussitôt que le ministre des Finances "ine oblizé rékilé lor enn ta kiksoz", comme son intention de taxer les indemnités de retraite des fonctionnaires, les frais d'inscription aux examens, la réintroduction de droits de douane sur certains produits et celle, "en catimini", des subsides sur la farine.

Même refrain cette année, a dit constater Paul Bérenger : "li pé rod fer dimoune per tout comme il l'a fait pour la compensation salariale en faisant croire qu'elle serait bien moindre". "Il a été une nouvelle fois obligé de reculer même si le taux accordé n'est pas suffisant." "Rama Sithanen pé fer simagré, pé fer krawr ki sityason bien difisil de fason ki kan li vine avek en bidzé korek, dimoune soulagé. Sa kalité badinaz-là bizin arété, fer dimoune soufer boukou pou apré rékilé", a dénoncé le porte-parole du MMM.

Après avoir évoqué le taux d'inflation qui a doublé en une année, Paul Bérenger a estimé que le ministre "pé rode fer meme sirk". Sur le budget toujours, il a aussi révélé qu'il est "intéressant noté ki Sithanen fine sové en désordre après ki deux radios fine propose li enn face-à-face avec Vishnu Lutchmeenaraidoo", le porte-parole du MMM pour l'économie et les finances. "Mo pa étonné ki li sauvé, li per face à face avec Vishnu Lutchmeenaraidoo !", a commenté le leader du MMM.

Avant d'en venir à la situation dans le port, il a tenu à souligner que, dans le cas du scandale du unsolicited bid de la centrale de 110 MW, le ministre Abu Kasenally, acculé, a dit "pas moi çà, Navin Ramgoolam çà et Fast Track Committee présidé par Navin Ramgoolam ki fine envoy sa CEB !". "Ce n'est pas une raison pour justifier un unsolicited bid et ne pas procéder à des appels d'offres".

Après Abu Kasenally, c'est au tour de Xavier Duval, souligne-t-il, de venir avec son "pa moi ça, Navin Ramgoolam ça" et de dénoncer un gros opérateur qui cherche à obtenir le monopole et le statut de partenaire stratégique sans passer par des appels d'offres. Et, là aussi, c'est le Fast Track Committee présidé par Navin Ramgoolam qui a référé ce dossier aux organismes portuaires.

Fast Track Committee de Navin Ramgoolam ; "un danger public"

"Ce Fast Track Committee de Navin Ramgoolam est un danger public. Il est inacceptable que pour la production d'électricité et la gestion du port on cherche à éviter de faire des appels d'offres. C'est scandaleux et c'est contre le principe de la bonne gouvernance. La Banque mondiale et l'Union européenne sont contre ce genre de choses", a fait ressortir Paul Bérenger.

Il a insisté sur l'absolue nécessité d'avoir des appels d'offres pour la production énergétique de même que pour le choix d'un partenaire stratégique dans le port, d'autant que ces deux décisions vont engager le pays pour les 50 ans à venir et que si il y a un mauvais choix, cela va peser très lourd à l'avenir. Aussi, il a adressé un avertissement solennel à ceux qui seraient tentés d'aller de l'avant avec ces deux projets sans recourir à des appels d'offres.

Le leader du MMM s'est déclaré par ailleurs "bien troublé" qu'en sus d'un partenaire stratégique sans appel d'offres qui ne doit pas obligatoirement, dit-il, détenir plus de 50% de participation, le conseil des ministres a pris la décision de créer deux nouvelles compagnies distinctes, une avec un partenaire stratégique pour gérer le terminal de conteneur et l'autre, celui du "multipurpose", qui sera "concessioned out".

"Le port se retrouve avec des investissements massifs avec son terminal multipurpose, des travaux de dragage et de gros équipements et c'est un petit port. Quel est la nécessité d'avoir deux compagnies et dans les conditions mentionnées ?"

"Je ne suis pas convaincu que Maurice a besoin de deux compagnies et de deux terminaux", a dit le leader du MMM, qui a conseillé à Xavier Duval, "qui a des magouilleurs tout autour de lui dans le port, banne vrais requins", de revoir toute la situation et qu'il y avait un débat approfondi avec l'opposition, les syndicats et les port users.

À l'heure des questions, Paul Bérenger a dit que les syndicats ont raison de se méfier des tractations entourant cette affaire de partenaire stratégique et a tenu à faire ressortir que même Madagascar a eu recours à des appels d'offres internationaux pour un partenaire dans le port de Tamatave. Il a aussi dit que "Xavier Duval a raison de faire bien attention là où il met les pieds avec les requins, les tazar et autre laf labou qu'il y a dans le port, lequel est en train de dégringoler".

Il a ensuite parlé de ce qu'il a appelé "les bêtises et les insanités" débitées par Rama Sithanen et Abu Kasenally visant Alan Ganoo et tentant de faire croire qu'il y a eu des magouilles autour de la centrale de St Aubin et de Savannah. Paul Bérenger en a profité pour rappeler que, dans un passé récent, Navin Ramgoolam et Rama Valayden avaient formulé des allégations de corruption sur l'achat des deux portiques.

Or, lorsqu'une commission d'enquête fut instituée et présidée par l'ancien chef juge sir Victor Glover, "Valayden ine sauvé, li mem pa ine vini et Navin Ramgoolam ine vine dir nimport koi et kan rapor ine sorti ine confirmé ki tou ti fer prop à 100% et Valayden ti condamné pou so lacheté", a souligné le porte-parole du MMM, qui a aussi évoqué les insinuations sur BPML et que "là aussi, ine sové en désord !"

"Le comité squelette n'a rien trouvé sur St Aubin"

Revenant sur les insinuations de Rama Sithanen au Parlement mardi dernier, qu'il a qualifié de "petit lâche", il l'a mis au défi, lui et son gouvernement de nommer une commission d'enquête présidé par un ancien juge de la Cour suprême pour étudier les conditions dans lesquelles la centrale de St Aubin est entrée en opération. Il a tenu à préciser que, contrairement à ce que Navin Ramgoolam veut faire dans le port et la production d'électricité, dans le cas de St Aubin et Savannah il y a eu des appels d'offres et toutes les procédures ont été suivies par le CEB et ce, "dans une transparence totale".

Intervenant sur le même sujet en sa qualité d'ancien ministre des Services publics, Alan Ganoo a rappelé qu'avant son arrivée à ce ministère en 2000, les négociatins se faisaient directement avec le CEB pour la fourniture d'électricité, mais qu'à partir de 2000 il y a eu trois promoteurs qui ont fait des offres, St Aubin, Médine et Suzor.

Il rappelle aussi qu'il y eut d'abord un Steering Committee présidé par le secrétaire au cabinet Loganaden Ramsamy et que ce comité décida de lancer des Requests for Proposal, lesquels furent lancés, puis soumis à un comité d'évaluation auquel ont aussi participé des officiers du Management Audit Bureau et que ce fut finalement au soumissionnaire le moins élevé que le contrat fut alloué.

Poursuivant le récit des diverses étapes franchies, Alan Ganoo a fait état d'un Technical Committee, présidé par le directeur du Plan Guy Wong So qui s'est lui penché sur les conditions du Power Purchase Agreement, et ce n'est après tout cela que le contrat fut signé avec St Aubin, a souligné le leader adjoint du MMM.

Il n'a pas manqué aussi de souligner qu'il a été le premier ministre des Services publics à avoir déposé sur la table du Parlement le 18 mai 2004 copie du Power Purchase Agreement entre le CEB et la centrale de St Aubin signé le 15 octobre 2003 alors qu'aucun autre, que ce soit celui de Belle Vue ou Beau Champ, n'a été rendu public. Alan Ganoo a aussi révélé que le "comité squelette", celui-là même qui avait travaillé sur le dossier BPML, s'était aussi penché sur le contrat avec St Aubin mais qu'il n'a rien trouvé sur St Aubin et qu'il a dû abandonner la partie. Il a lui mis au défi le gouvernement d'instituer une commission d'enquête.

24 May 2006

On the steps of Attila

l'express du 24/05/2006

By Jean-Mée DESVEAUX

The overwhelming majority of the world flora bears both a scientific and a common name. The Albizia Vaughanii is not common enough to have such luck. This did not stop the last reproducing individual of this critically endangered endemic species from being callously butchered on CEB’s Sept Cascades land a few days ago. The act was criminal. It was most certainly premeditated and it was senseless since this Albizia Vaughanii could have been used as the highlight of the cable car project “Seven Waterfall Horizons Mauritius Limited (SWHML)”, sponsored by the Seetaram family.

A strange asymmetry in notoriety exists between the Ferney forest of the south east and CEB’s forest of Sept Cascades. While the specific details of the natural treasures of the Ferney forest were unknown to the world at large until the Prime Minister’s Office requested the Mauritian Wildlife to conduct a detailed audit, the forest of Sept Cascades was not only known to the international watchdog World Conservation Union (IUCN) but, to boost, the IUCN had the species of critically endangered plants minutiously recorded on its international red list of threatened species! For the Tiger of the Indian Ocean which housed the International conference on the dangers threatening small island States in 2005, Mauritius could have acted with a little more circumspection than we are..

If it is only now that this project and its ramifications hit the headlines, the battle between the political might of the sponsors of Seven Waterfalls Horizons Ltd, and the endeavours of CEB to protect the environmental heritage of the country had been simmering for quite a while. After long months of what the then Chairman described as unbearable political pressure, the first open salvos came with the previous Minister of Public Utilities’ shameless letter to the CEB Board ordering it not to go ahead with its decision to request Mauritius Wildlife to conduct an environmental audit of Seven Waterfalls forest. The Most Honourable Minister’s anxiety hinged on the fact that, as it turned out to be the case, the location of the endangered species would interfere with the Attila type lease that was being proposed to the promoter. Luckily, that was a time when the CEB had not yet turned into the footman of Government House when it came to protecting the Board’s and the country’s interest. The Honourable Minister’s letter was treated with the contempt it amply deserved and Mauritius Wildlife was allowed to conduct its survey in masterly style, identifying the location of the critically endangered species to the nearest one. Another assault came, this time from the ex Minister of Agriculture who tried to use all his persuasion on the MWF to "steer clear of this project because it is highly political". That Minister had taken a keen interest in the project which he defended in cabinet and elsewhere.

It is the same political might, accompanied by its usual powers of persuasion that are, at present, concocting and disseminating the most erroneous interpretation as reported by l’express from the Most Honourable Minister of Environment’s staff. According to this piece of legal interpretation that deserves the Dunciad of jurisprudence, the land conversion permit that the promoters received from the Ministry of Agriculture allows them to do whatever they wish with all the land involved in the project. This would of course put the project out of the ken and jurisdiction of the environmental police. It is fortunate that this Attila type of interpretation of the environmental situation is wrong in law. The conversion certificate allows the promoters to use their own hitherto agricultural land for leisure park and industrial purposes. They have received no such blank cheque in relation to either the portions of the CEB’s forest land nor to the State land both of which are required for the project. In fact, as we will see later, far from giving the project promoters free rein, the lease drafted by some of CEB’s previous board members is very encompassing in what the promoters can NOT do.

Following from the same logic, the conveniently supine stance of the Ministry of Environment reported in l’expresss according to which the project does not require an Environmental Impact Assessment (EIA) is totally misconstrued. The mandatory EIA has been in the hands of Mr Florens of the University of Mauritius for quite a while now. This academic has the reputation of integrity and intellectual honesty borne out by his track record in various such issues. Let us give him the freedom to reflect on this project and in the mean time assess the cost to the future generation of Mauritians if the onslaught of the politically mighty is not reined in. It would mean the irreversible destruction of what the Mauritius Wildlife (MWF) found on CEB’s land:

1)The CEB land at Tamarind Falls forms part of the Vacoas ridge forest that has been almost totally destroyed for agriculture, hunting and developments. The most important remaining areas of this forest type are a reserve at Mondrain and the forest at Tamarind Falls.

2)Although much of the forest at Tamarind Falls is degraded, due to poor land management and invasive alien plant species (such as goyave de chine and privet), there are some areas that are rich in natives, home to critically endangered plant species (as recorded on the international red list of threatened plants, produced by IUCN.

3)A rapid assessment of the forest on CEB land surrounding Sept Cascades found 61 species of native flowering plant species of which 30 are endemic. This list does not include orchids or ferns. This area is home to four plant species that are on the verge of extinction. Two are restricted to this area, and two have almost their entire world population in this area.

4)Psiadia Cateractae (IUCN Critically Endangered) is only known from 4 individuals in the world. These are all found on CEB land at Tamarind Falls, on the top of the first fall of the cascade.

5)Polyscias Gracilis (IUCN Critically Endangered) is known from less than 15 individuals; the CEB land at Tamarind Falls contains 11 of these trees, occurring around the pipeline and base stations B and T4.

6)Polyscias Paniculata (IUCN proposed Critically Endangered) is known from only 3 individuals; two of which are on the CEB land at Tamarind Falls. These two individuals are found on the edge of a brisée near the reservoir

7)Albizia Vaughanii (IUCN Critically Endangered) known from 15 individuals, all but one of which are on the CEB land at Tamarind Falls, near the pipeline and base stations B and T4.

8)Tamarind Falls area is also home to the Mauritian Kestrel, and is used by many other native animal species including the endemic fruit bat and pic pic. There are also occasional sightings of the echo parakeet (gros cateau vert).

It is the Albizia Vaughanii that was mutilated in an unprecedented clearing of its forest by CEB over the recent days. This tree can be said to be the jewel in the crown of Sept Cascades since it is the only reproducing individual of this critically endangered species. The other 13 don’t have that potential. This is a most ominous sign of the way things might evolve from now. The Albizia was next to a track that runs parallel to CEB’s huge water pipe. It was obvious from the start that the tree’s proximity to the track opened it to the vagaries of the careless transportation of equipment required for the project. From such a point of view, it was a hindrance to the project. No more! And let no one point a finger at the promoter, since this was a mere accident we are told, a pure coincidental occurrence of self-mutilation by CEB of the national treasure. That such mutilation will make the otherwise difficult transportation of the project equipment much easier, could suggest that the whole episode reeks of collusion between the new CEB and the promoter. But if it is a pure chance occurrence, how do we ensure it does not recur when say the proximity of another precious tree to the base of a pylon makes it rather awkward for the construction of the structure? The answer to that question is a tough one when the reader takes into consideration the utmost care taken to protect that individual tree in the lease agreement between CEB and SWHML. Article 10 on the environmental conditions says:

“The Lessee shall indicate the location of the only reproduing reproducing individual of the critically endangered and endemic Albizia Vaughanii on the access route to all contractors ; vehicles used during the construction should have a height of less than 2.5 m. This will prevent unnecessary damage to the last flowering individual of this species. The construction and maintenance of Stations B and T4 must be conducted with extreme caution so as not to cause damage to the Albizia Vaughanii.”

There is indeed a real concern regarding the size of the bases on which the pylons will stand. The type of cars being envisaged in the project has a capacity of 80 passengers which is rather similar to a bus. The promoter had proposed a central base of 25x25 metres initially but since this could not be accommodated in the pristine location he had chosen due to the vicinity of the endangered species and since he did not choose another location, he opted for a base of 10x10 metres. It taxes one’s imagination to conceive how such a monstrous car could rely on such a slim structure. If for reasons of safety raised at the last minute by the promoter, the initial base size was to be reverted to, we would kiss goodbye to the natural treasures of Sept Cascades.

This concern is reinforced by the persistent reverberations through the grapevine that the dimensions given by the promoter for the major base in the EIA project is in fact 25x25 metres. Additionally, quite in keeping with his effortless sense of disrespect for the spirit as well as the letter of the engagement with CEB, the promoter has even in the absence of an EIA, exercised what to him amounts to an inalienable right to clear up some 30 x 30 metres of land without any authorization or monitoring.

It is true that at Art 12, the Lease Agreement makes allowance for “damage to any CEB assets whether they be infrastructural or natural…would be a sufficient ground for rescinding the lease” and that “the lessor reserves the right to cancel the lease agreement for failure on the part of the lessee to comply with and honour its obligations specified in …..3), the report of MWF as contained in Article 10. How does one ensure however that the new CEB, that toothless bulldog, will put an end to its self mutilation and display instead the rigorous monitoring that the nation expects from a responsible corporate entity that is to boost a public utility! As to the other protectors of our rights in that regard we may as well give up all hope. After Inspector Tuyau’s punishment for duty done without fear or favour, one could hardly see an officer from the Police of the Environment ask the promoter to accompany him to the next police station for a statement. As to the Forestry department, their concern is quite real since they have offered nothing less than moving all the endangered trees to freshly dug up holes in the ground….that will serve them as sepulchre.