JM et les chefs coutumiers de la République démocratique du Congo

23 February 2005

La MRA cherche son directeur général

l'express du 23/02/2005

Exercice de sélection. Hauts cadres du secteur public à Maurice et professionnels étrangers en Inde, au Canada et en Europe portent un intérêt particulier au poste de directeur général de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Un poste qui devrait être pourvu à partir du 1er mars, explique Maya Hanoomanjee, présidente du conseil d’administration de la MRA. L’organisme devrait entrer en opération en juillet.

Le recrutement du directeur général pour ce futur organisme a été annoncé dans des magazines et journaux spécialisés à l’étranger. Notamment le magazine britannique The Economist et le quotidien indien, l’Economic Times of India. Il semble également que de hauts cadres à l’Income Tax, à la Revenue Authority, à la douane et même à l’Independent Commission against Corruption (Icac) ont postulé.

Les candidats choisis ont été appelés pour interview. Et l’exercice de sélection est actuellement en cours.

S’il n’a pas droit au vote, le directeur général sélectionné fera également parti du conseil d’administration. Ce dernier a pour présidente Mme Hanoomanjee et ses membres sont Patrick Yip Wang Wing du ministère des Finances, Mme Aisha Timol, directrice de la Banker’s Association, J.P. Coopamah, ex-directeur du budget au ministère des Finances, Jean-Mée Desveaux conseiller économique au bureau du Premier ministre et Dhiren Dabee du parquet.

Aussitôt recruté, le directeur général devra soumettre en avril ses recommandations sur les conditions de travail sur les autres membres du personnel. Des recommandations qui seront examinées par le conseil d’administration de la MRA et ensuite approuvées.

En mai, le recrutement d’une équipe de directeurs appelée à gérer les différents départements tombant sous la MRA, (l’Income Tax, le bureau de la taxe à valeur ajoutée, la douane, le Registrar General, le Large Tax Payer’s et la Revenue Authority) aura lieu. Et il s’agira également de compléter les procédures de transfert du personnel appelé à travailler sous la MRA.

Pritiviraj Lollman, président de la Union of Revenue Officers (UORO) syndicats qui regroupe les membres du staff qui sera sous la MRA, estime pourtant que l’organisme ne pourra entrer en opération à partir du 1er juillet. Car “plusieurs détails concernant les conditions de services et salaires des staffs n’ont pas encore été complétés.”

Mais ces détails seront finalisés lors d’une réunion tripartite prévue bientôt entre le ministère des Finances, le ministère du Service civil et les membres du syndicats UORO.

La MRA se cherche également un local pour ses bureaux. Le site recherché devrait se trouver dans la capitale et devrait accommoder au moins 2 000 personnes. Les syndicalistes de l’UORO auraient pour leur part préféré un site hors de la capitale en raison des problèmes d’embouteillage et de parking.

La création de la MRA a été recommandée par la Banque Mondiale. Afin que les revenus de l’Etat soient augmentés et pour traquer les évasions fiscales. Il s’agit également et du même coup d’échanger plus facilement les dossiers entre les différents départements, firmes privées et tout autre entreprise et individu payant les différentes formes de taxe.

19 February 2005

Le prix du ciment prend l’ascenseur

l'express du 19/02/2005

Futurs constructeurs, il faudra prévoir des dépenses supplémentaires. Après la libéralisation du prix de la barre de fer, qui a engendré une hausse importante du matériau, c’est au tour du ciment d’augmenter. Le sac de 50 kg, acheté à Fort-George, passe de Rs 115 à Rs 135 aujourd’hui.

Le ministère du Commerce a émis un communiqué (voir ci- dessous) pour indiquer les nouveaux prix. Ils atteignent les Rs 144,50 pour 50 kg dans les régions comme Savanne, Chemin-Grenier ou encore Surinam. Car le prix inclut la marge de profit du détaillant et le coût du transport.

En l’espace de 3 ans, le prix du ciment a subi près de quatre augmentations et une hausse de près de 60 %. Le sac de 50 kg acheté à Fort-Georges, où il est mis en pochette, était en novembre 2001 à Rs 85. La dernière augmentation remonte à février 2004. La pochette de 50 kg, la plus utilisée, coûtait alors Rs 95.

De leur côté, les deux importateurs de ciment, Holcim (Kolos) et Lafarge (Baobab), avaient fait part de leur inquiétude face aux prix pratiqués jusqu’ici. Leur argument : le ciment est cher à l’importation mais n’est pas répercuté sur le marché local. Une première rencontre s’est tenue avec les techniciens du ministère du Commerce il y a quelques semaines. Une entrevue a eu lieu avec le conseiller du Premier ministre, Jean Mée Desveaux.

« Le gouvernement nous a prêté une oreille attentive. Mais nous avions demandé une hausse de Rs 26 sur le sachet de 50 kg. Nous n’avons obtenu que Rs 20 d’augmentation », commente Pascal Naud, nouveau directeur d’Holcim et distributeur de la marque du ciment Kolos. Selon lui, « cette augmentation couvre tout juste nos frais d’opération ».

En effet depuis l’année dernière, avec un prix de Rs 115 pour le sac de 50 kg à Fort- Georges, les distributeurs vendaient le ciment à perte. La dévaluation du dollar américain par rapport à la roupie, la hausse du fret maritime, les perturbations dans l’approvisionnement du ciment après le tsunami seraient les raisons qui ont poussé les distributeurs à demander cette majoration.

Pour rappel, la State Trading Corporation (STC) importe le quart de la consommation annuelle du ciment. Mais son indexation a un impact direct sur les prix dans les quincailleries. En choisissant son fournisseur, la STC établit un coût utilisé comme référence par le ministère du Commerce.

En 2003, la STC avait acheté le ciment à 56 dollars la tonne de la compagnie Itochu. En 2002, le prix payé par la STC était seulement de 37 dollars la tonne. Cette année, le prix demandé par Marine Cement est de 62 dollars. Inévitable, la présente hausse a pris effet plus vite que prévu.

08 January 2005

Black-out de jeudi : sabotage ?

l'express du 08/01/2005

Une phrase glissée insidieusement dans le communiqué du Conseil des ministres a relancé les spéculations sur l’origine de la coupure d’électricité qui a plongé pratiquement tout le pays dans l’obscurité jeudi. 24 heures après la panne, il était impossible d’en comprendre la cause réelle mais les soupçons d’un acte de sabotage existent.

A l’issue de sa réunion d’hier, le Cabinet attribue d’abord le problème à «une faute au point stratégique de transmission à la sous-station de Nicolay» puis fait ressortir qu’une « interruption majeure dans la fourniture d’énergie électrique avait eu lieu pendant la Conférence de l’Agoa à Maurice en 2003 ». Cette remarque ne peut que signifier que le gouvernement n’écarte pas l’hypothèse de sabotage à la veille des conférences internationales. Celle sur les Small Islands Developping States démarre lundi prochain.

Les explications données par Jack Bizlall, négociateur de l’Union of Employees of the Central Electricity Board (UECEB), n’éclairent pas davantage sur les raisons derrière l’explosion du disjoncteur à la station de Nicolay : «Il y a eu une surchauffe du système et un retard dans l’installation de nouvelles turbines mais il y a également un facteur humain.» Il n’élabore pas beaucoup sur ce dernier point mais laisse échapper : «Quand des étrangers ont été recrutés à la tête du CEB, le personnel qualifié s’est senti marginalisé et cela s’est traduit dans leur travail.» Le syndicaliste n’est pas plus explicite mais quand on sait combien il est proche de ses syndiqués, on mesure bien l’implication de ce qu’il avance.


«LE MUGABE MAURICIEN»

Tout en affirmant que le problème du CEB est la conséquence d’un ensemble de facteurs, Jack Bizlall met en cause nommément Jean Mée Desveaux , qu’il qualifie de «super conseiller au bureau du Premier ministre». Ce dernier «qui n’est qu’un technocrate», aurait marginalisé l’ex-directeur du CEB, Paul Van Niekerk, pour favoriser la Canadienne Donna Leclair, son adjointe, afin de « manipuler cette dernière » et faire capoter plusieurs décisions importantes. «Il y a aussi eu des retards qui sont survenus pour l’entrée en opération de la centrale de Savanah et de St.-Aubin car ce conseiller a joué à fond la carte de l’industrie sucrière.»

Mis au courant de ces allégations , Jean Mée Desveaux a vivement réagi et a critiqué l’attitude de Jack Bizlall. Il juge que «Bizlall a eu l’opportunité d’essayer ses talents d’entrepreneur et de manager à travers l’expérience de Litra. Les résultats probants de cette catastrophe démontrent ce qui découle du trait de génie de M. Bizlall dans la vie d’une entreprise. God saved CEB from such a threat».

Jean Mée Desveaux ajoute qu’«en ce qui concerne l’industrie sucrière Bizlall a un violon d’Ingres qui ferait de lui le Mugabe mauricien s’il en avait les moyens». Le processus de «change management» qui a été entrepris au CEB depuis ces quatre dernières années donne lieu aujourd’hui à un management éclairé sous le leadership d’un fils du sol en la personne de Ravind Dajee, a-t-il précisé.

«Les critiques abjectes de Bizlall démontrent qu’il n’a pas plus de respect pour ce jeune professionnel qu’il n’avait pour la dévotion et le courage de Mme Leclair. J’ai eu l’occasion de lui dire ce que je pense de sa lâcheté dans l’express.»

Il trouve que c’est étrange que Jack Bizlall vienne se plaindre du retard dans le projet de SUDS alors que «c’est Bizlall lui-même qui a été en Cour pour faire bloquer le projet au profit de M. Suzor. Que M. Bizlall se fasse une raison. Je défends l’intérêt des abonnés du CEB envers tous les lobbies qu’il s’agisse de celui de l’industrie sucrière ou des négociateurs syndicaux en perte de vitesse».

Toutes ces controverses n’empêchent pas la direction du CEB d’affirmer tranquillement que le black-out qui a paralysé 80 % du pays pendant quatre heures jeudi n’est pas un acte de sabotage. «Cela relève d’un problème technique», assure Ravind Dajee, directeur général du CEB. Il a qualifié de «coïncidence» le fait qu’une panne similaire est survenue pendant la conférence de l’Agoa en 2003. Celle-là «était moins grave mais d’origine technique également».

D’autre part, la pièce maîtresse à l’origine de cette panne, un disjoncteur de 66 KV sur la ligne Nicolay-Wooton, avait été l’objet tout récemment d’un entretien de fond en comble. Il en est de même pour un transformateur de 66 KV qui contrôlait la liaison avec la station de Fort-George.


RAPPORT COMPLET

Le directeur général du CEB a précisé qu’un autre rapport beaucoup plus complet et beaucoup plus technique sera préparé d’ici deux semaines par une équipe de techniciens et d’ingénieurs en provenance d’Electricité de France (EDF) qui sera sur place. Elle apportera également une assistance technique pour une meilleure surveillance du réseau afin de parer à toute éventualité.

Selon Ravind Dajee, ce genre de problème pourrait surgir une fois de plus étant donné la demande en électricité mais aussi l’importance qu’occupe la station de Nicolay dans le système de distribution.

Cette station est directement branchée aux centrales thermiques de Belle-Vue, St.-Louis, Nicolay et Fort George. Sitôt l’incident survenu, le système automatique de protection a immédiatement isolé ces quatre centrales thermiques du système de distribution pour les protéger de toute possibilité de dégâts.

Le directeur du CEB a précisé qu’avec l’entrée vers la mi 2005 de la centrale de bagasse-charbon de St.-Aubin et le projet du même type à Savannah une telle panne n’aurait pas eu le même effet.

Pour l’usager, ces garanties ne seront pas d’une grande utilité tant qu’il restera dans le noir en ce qu’il s’agit des raisons qui ont provoqué le black-out.

11 December 2004

«Des décisions radicales pour mes 100 premiers jours au pouvoir»

l'express du 11/12/2004

L’assistance est chauffée à blanc. Et Navin Ramgoolam, leader du Parti travailliste (PTr) lors d’un meeting de l’alliance sociale, hier promet des décisions radicales pour ses 100 premiers jours à la tête du pays. Les élections législatives de 2005, il est convaincu de les remporter.

«Mo pa pou donn letem. Dan mo 100 premier jour à la tet pays ou pou guete, arete bef travail et cheval manze», précise-t-il à une assistance d’environ 2 500 personnes.

Tour à tour, le leader du PTr fait allusion au «gros capital», aux abus du pouvoir, à la corruption, et au «gaspillage des fonds publics à travers ces nombreux expatriés qui occupent des postes importants avec des salaires mirobolants au sein des différents organismes dont l’Etat a un droit de regard». Il cite pour exemple, le nom d’un expatrié travaillant pour le compte du Central Electricity Board (CEB) qui a des honoraires de Rs 450 000 par mois.

Dans le même ordre d’idées, il dénonce les 240 conseillers du gouvernement qui coûtent à l’Etat, Rs 6 millions par mois. Il a qualifié le conseiller spécial du Premier ministre, Jean Mée Desveaux de «super-ministre». «Jamais dans mo l’époque quand mo ti Premier ministre conseiller ti donne l’ordre ministre», ajoute-t-il.

Navin Ramgoolam allègue que Jean Mée Desveaux a un «meilleur traitement» que Deotam Santokhee alors qu’ils travaillent au bureau de Paul Bérenger en tant que conseillers.

Selon Navin Ramgoolam, le gouvernement a «appauvri» la classe moyenne à Maurice et a fait «40 000 personnes perdre leur emploi et a ralenti la croissance économique». En contrepartie, fait-il ressortir, ce sont les «représentants du gros capital qui ont bénéficié de tout».

Il cite un dernier exemple en date : «Scandale bann limousinn pour conferens Sids. Conferens pa encor comence 50 % loto finn fini vende. Gouvernement avec ou casse command encore 100 loto. Et subside Rs 50 m lors di riz ration gouvernement pas oulé metté.»

De plus, Navin Ramgoolam insiste à plusieurs reprises sur le fait que le choix des futurs candidats ne doit pas faire l’objet de critiques ou de division de l’électorat en termes de caste pour faire le jeu de Bérenger. Il demande formellement un vote en bloc «60-0 pou ki mo reprend mo poste Premier ministre qui Berenger pe occupe».

Concernant l’assistance, il fait remarquer qu’il «n’a jamais vu autant de personnes à un meeting. Même quand nous ti faire l’alliance avec MMM jamais finn gagne autan dimounn coume ça».

Le deputy leader du PTr, le Dr Rashid Beebeejaun fait de son côté état du «manque d’élèves» dans les collèges nouvellement construits et du «manque d’enseignants». Il évoque également le manque et le retard de livres scolaires pour la rentrée 2005.

Le Dr Rashid Beebeejaun fait, lui, mention d’autres projets où des milliards de roupies ont été injectées tels que le système de tout-à-l’égout de Grand-Baie et le barrage de Midlands mais qui ne sont pas opérationnels à 100 % «en raison d’une mauvaise planification des autorités concernées».

Rama Sithanen, ex-ministre des Finances, allègue que Paul Bérenger « exerce des pressions » sur la Banque de Maurice et le bureau central des Statistiques pour «falsifier les chiffres relatifs au chômage et sur l’économie en général».

Il rend le gouvernement responsable de la dépréciation de la roupie par rapport à l’euro et «ce sont les Mauriciens qui paient les pots cassés».

Rama Sithanen critique de son côté le gouvernement qui «dépense des centaines de millions» pour l’achat de voitures et «ne peut accorder Rs 50 millions pour maintenir les subsides sur le riz».

Rama Valayden, leader du Mouvement républicain, affirme que la visite de Bérenger aux Seychelles ne relève pas seulement de la coopération économique «mais c’est surtout une question de secret bancaire».

Le meeting était présidé par Indira Seeburn. Plusieurs autres orateurs ont pris la parole dont Madun Dulloo, Cader Sayed Hossen, Manou Bheenick.






Mystère autour des tractations d’alliances

Qui dit vrai : le journal Le Militant, organe de presse du MMM, ou Navin Ramgoolam, le leader du PTr ? «Selon nos informations, l’entourage de Navin Ramgoolam a vainement tenté d’engager des négociations au moins à cinq reprises avec le leader du MMM. Mais ils se sont retrouvés face à un mur.» L’article paru dans l’édition d’hier du journal Le Militant n’aurait pu être plus clair. Mais aux questions de l’express hier soir, Navin Ramgoolam, leader du Parti travailliste (PTr), déclare que «c’est faux et archifaux ce qui a été écrit dans ce journal».

L’article fait ressortir, plus loin, que ce sont les «travaillistes qui ont fait circuler la rumeur à l’effet que le MMM a mis sur pied une cellule de contact afin d’établir les discussions avec le PTr. Du coup ils ont profité de la présence de Paul Bérenger et de Navin Ramgoolam qui participaient à une réunion du Conseil de l’Internationale Socialiste qui a eu lieu il y a trois semaines en Afrique du Sud pour amplifier la rumeur d’une alliance entre le MMM et le PTr.»

Toujours selon le journal, après cet «échec» les travaillistes se seraient tournés vers le Sun Trust Building pour continuer leur campagne de «séduction». Mais cette fois, avec le MSM. Démarche qui se serait une fois de plus soldée par un échec.

Navin Ramgoolam déclare, pour sa part, avec calme et sérénité qu’il est sûr de la victoire. «Moi je vais aux élections 2005 avec l’Alliance Sociale et on est sûr de gagner. La preuve est là aujourd’hui même. Regardez cette forte assistance. Au fait, c’est le MMM qui veut me rencontrer et essaie de prendre contact avec moi. Car le pays fait face à de multiples problèmes économiques et sociales.»

14 October 2004

Le CTB recommande la firme chinoise

l'express du 14/10/2004

Y aurait-il enfin de la lumière au bout des tuyaux ? La China International Water and Electric Company (CWE) est en passe de décrocher le contrat pour la construction de la station d’épuration de Montagne-Jacquot. Le choix de la Wastewater Management Authority (WMA) a été approuvé par le Central Tender Board (CTB) en fin de semaine dernière.

Le CTB a donné son feu vert à la WMA pour que le contrat soit alloué à la compagnie chinoise. Mais avant, la Japanese Bank for International Cooperation (JBIC) doit donner son aval.

Cette banque nippone finance la construction de la station. Elle insiste pour ce que son autorisation soit obtenue avant la signature du contrat entre la WMA et la compagnie chinoise. Des représentants JBIC étaient en mission à Maurice il y a quelques jours pour discuter de ce dossier.

La WMA a adressé une lettre à cette banque en fin de semaine dernière pour l’informer qu’elle comptait allouer le contrat à CWE. Elle espère obtenir une réponse la semaine prochaine.

Elle mettra ensuite tout en œuvre pour signer le contrat avec la CWE dans les plus brefs délais. La WMA espère que cela sera fait en janvier. Si tout se déroule comme prévu, les travaux de construction de la station d’épuration de Montagne-Jacquot devraient commencer fin janvier ou en février. Ils dureront environ 18 mois. La station d’épuration devrait donc être opérationnelle vers fin 2006.

Le projet de construction de cette station de traitement des eaux usées est une véritable saga. L’appel d’offres pour la réalisation du projet a été lancé le 23 juillet 2002. Les soumissionnaires intéressés avaient trois mois, jusqu’au 22 octobre, pour soumettre leurs offres au CTB.

Un consortium, composé entre autres du groupe helvético-suédois, Asea Brown Boveri Ltd (ABB), soumet l’offre la plus compétitive. Elle est de Rs 646 millions, contre Rs 665 millions pour la CWE. Les autres soumissionnaires sont China Shanghai Group et le consortium Grinaker-Itochu-Degremont-Ireland Blyth Ltd.


Requête prématurée

Alors que les négociations sont en cours entre la WMA et ABB, une action est entrée en Cour suprême en juillet 2003 par le consortium Grinaker-Itochu-Degremont-Ireland Blyth Ltd. Ce der- nier demande que le contrat ne soit pas alloué à ABB. Il allègue que l’offre d’ABB est non conforme aux règlements du document d’appel d’offres. Le feuilleton à rebondissements de la station d’épuration de Montagne-Jacquot ne fait que commencer.

Le plaignant est débouté par la Cour suprême à la fin de l’année dernière sur un point de droit technique. Le chef juge Ariranga Pillay et le juge Paul Lam Shang Leen ont statué que sa requête était prématurée car aucune décision n’avait encore été prise pour l’allocation du contrat.

L’affaire en cour ayant été réglée, les négociations reprennent avec ABB au début de cette année. Durant ces pourparlers, elle fait comprendre à la WMA qu’elle veut être compensée parce que le rand sud-africain s’est apprécié par rapport au dollar américain. ABB a coté dans ces deux devises. Sa réclamation se chiffrerait à Rs 39 millions. La demande d’ABB est rejetée par la WMA, qui soutient qu’un soumissionnaire a d’autres moyens de se protéger contre les fluctuations des taux de change.

Des divergences sur ce dossier entre Jean-Mée Desveaux, alors membre du conseil d’administration de la WMA, et cette institution, entraînent en mai sa démission de cette instance.

Les négociations avec ABB n’aboutissent pas. Ce qui conduit le CTB à donner en mai le feu vert à la WMA pour ouvrir les négociations avec la CWE. Elles se tiennent en août. La WMA recommande au CTB que le contrat soit alloué à la CWE.


Polémique

Mais les remous autour de l’allocation du contrat continuent. Notamment, après que la CWE a demandé des clarifications à la WMA au sujet de la clause d’ajustement des prix du contrat pour ce projet. A mi-septembre, ABB fait parvenir une lettre au gouvernement, alléguant que la CWE bénéficierait de certaines facilités pour ajuster ses prix alors que cela lui avait été refusé auparavant. ABB estime que ce rajustement coûterait Rs 50 millions de plus à la WMA.

L’ambassade de France se met de la partie. Elle adresse une correspondance au ministre des Services publics, Alan Ganoo, pour lui faire part de ses appréhensions au sujet de la révision éventuelle du montant de l’offre de la compagnie chinoise. Eric Noitakis, chef de mission économique de cette ambas- sade, écrit “qu’on est en droit de s’inquiéter du contexte qui pourrait présider au choix de l’adjudicataire”

La compagnie chinoise réplique. Elle trouve que “les conjectures sur le montant des profits et de l’ajustement de prix dont elle bénéficierait sont sans fondement”.

L’ambassade de Chine a aussi fait parvenir une lettre aux autorités mauriciennes pour exprimer sa position sur ce dossier.

La station d’épuration de Montagne-Jacquot traitera les eaux usées d’une partie de la capitale et des Plaines-Wilhems. C’est la partie la plus importante du Montagne-Jacquot Sewerage Project. A cause du retard dans l’allocation du contrat, des tuyaux de très gros diamètre vont rester inutilisés pendant au moins deux ans encore. Ils ont été installés depuis plus de deux ans pour un montant de Rs 122 millions. Ce retard entraînera des coûts très importants au niveau de l’entretien du réseau.

Quant au contrat de Rs 471 millions pour l’installation d’un émissaire en mer, il a été accordé en juin 2004 à la branche mauricienne de la compagnie belge Jan de Nul. Cet émissaire sera utilisé pour déverser, en haute mer, à une profondeur de 30 mètres, les eaux usées traitées par la station de Montagne-Jacquot.


02 October 2004

Une passerelle pour aider à la réinsertion des ex-détenus

CENTRE D’ACCUEIL DE KINOUETE
 
L'express du 02/10/2004
 
Sophie de Robillard, présidente de l’organisation non gouvernementale Kinouete, fait de l’écoute, de la thérapie de groupe et du service-conseil depuis maintenant trois ans auprès des détenues de la prison des femmes de Beau-Bassin. C’est à leur contact qu’elle réalise à quel point la période de vulnérabilité extrême pour les détenues est celle des six mois suivant leur libération.

«A leur sortie de prison, les anciennes détenues ont une peur bleue du monde extérieur. Elles ont honte du délit qu’elles ont commis et portent leur culpabilité en bandoulière. Pour peu qu’elles sentent que leurs proches ne leur font pas confiance ou ont conservé une image négative d’elles, ou encore ne serait-ce que si leurs tentatives de trouver un emploi échouent en raison de leur condamnation passée, elles risquent la rechute. Il est donc impératif qu’elles soient accompagnées durant cette période», explique la présidente de Kinouete.

Jusqu’ici, cette organisation non gouvernementale effectuait ce suivi dans des fast foods. Mais ces endroits sont extrêmement fréquentés et par conséquent peu propices aux confidences et à l’encadrement psychologique nécessaire. D’où l’idée de Kinouete de mettre sur pied une structure pour les ex-détenues. Au cours d’une rencontre informelle avec Jean-Mée Desveaux, conseiller spécial auprès du Premier ministre, l’équipe de Kinouete affine cette idée, pensant à la création d’un centre de jour. Le conseiller les encourage à élaborer un projet en ce sens. Juliette François, ex-coordonnatrice de Prévention, Information et Lutte contre le Sida qui s’est joint à Kinouete, prête main-forte à l’équipe dans l’élaboration du projet.

PRÉJUGÉS

L’idée se matérialise en centre de jour qui disposerait d’une salle d’accueil, d’un salon, d’un coin cuisine et d’une salle de formation où les détenus, hommes et femmes, pourraient venir et recevoir l’aide appropriée à leurs besoins.

L’équipe de Kinouete se met alors en quête d’une maison, cherchant surtout du côté de Beau-Bassin, du fait que les institutions réformatrices s’y trouvent. Leurs négociations favorablement enclenchées avec les propriétaires, butent invariablement quand ces derniers apprennent que leurs futurs locataires seront d’anciens prisonniers. Kinouete finit par frapper à la porte du diocèse de Port-Louis qui leur loue le local qui abritait jusqu’à tout récemment l’imprimerie Père Laval à la route Nicolay, Port-Louis. L’organisation Elan qui poursuit le même objectif que Kinouete, obtient l’aile gauche du même bâtiment.

Le centre de jour qui y sera aménagé ne sera ni centre de réhabilitation, ni centre résidentiel, comme l’explique Juliette François, sa future coordonnatrice. «Ce sera un centre de jour qui sera destiné à accueillir les anciens détenus dès leur sortie de prison et qui leur offrira un encadrement en fonction de leurs besoins.»

Cette évaluation déterminante sera faite par un travailleur social. Une fois l’exercice terminé, il référera l’ancien détenu aux responsables qui ont accepté de travailler pour le centre. Parmi ceux-ci, un avocat, un psychologue, un médecin spécialisé dans le VIH/sida et l’usage de la drogue par voie intraveineuse, un spécialiste du renforcement des capacités et un formateur à la gestion chargé d’initier à l’esprit de petite entreprise.

Comme les détenues de la prison de Beau-Bassin ont formulé le désir de bénéficier d’un appui professionnel en coiffure, en couture et broderie, en cuisine et pâtisserie et en informatique, Kinouete utilisera le bâtiment qui abritait jusqu’à tout récemment la presse et le transformera en centre de formation. «Cette formation est importante car les anciens détenus ont d’énormes difficultés à trouver du travail. Dès que l’employeur sait que leur casier judiciaire n’est pas vierge, l’emploi vacant ne l’est soudainement plus.»

Pour que ce soutien se fasse dans les six mois suivant la libération du détenu, Kinouete a prévu l’impression et la distribution au sein des prisons de cartes de visite avec les coordonnées et le plan du centre. « Nous aimerions les voir dans les six mois suivant leur libération pour un encadrement de six mois à un an. C’est généralement le temps requis pour se relever et avoir un projet de vie. Mais si nous voyons que les anciens détenus ont besoin de plus de temps, nous étendrons ce délai. Cela dit, il est important que l’ancien détenu ne dépende pas de nous. Il doit faire son chemin, tout en sachant que s’il ressent un passage à vide, il peut revenir. Tout se jouera sur la relation construite entre lui et nous.»

REFAIRE LE LIEN SEVRÉ

En parallèle à ce soutien, Kinouete veut préparer les proches des détenus à renouer avec ces derniers. «Nous aimerions organiser des rencontres avec les conjoints, les enfants et les proches des détenus avant la sortie de ces derniers. Car souvent, les proches ont encore en tête une image négative et toutes sortes d’attentes ne cadrant pas forcément avec la réalité du détenu. Nous voulons refaire ce lien détenu-parent, détenu-conjoint, détenu-enfant. Lien qui a été sevré», explique Sophie de Robillard.

Le centre de jour opérera en semaine entre 10 et 16 heures. Toutefois, ses horaires d’ouverture seront étendus à 19 heures les mardis et jeudis pour que les anciens détenus puissent rencontrer les responsables. Si l’ouverture officielle du centre est prévue pour décembre, ses activités démarrent officieusement le 15 octobre. Le local est actuellement repeint et aménagé.

Pour mener financièrement à bien ce projet, Kinouete a sollicité le Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups qui a pris à sa charge la remise en état des lieux et l’achat de tout le mobilier. Le haut-commissaire britannique, David Snoxell, a offert une machine à laver et tous les équipements nécessaires aux formations professionnelles qui y seront délivrées. Si Kinouete a fait appel à la générosité de certaines entreprises et particuliers pour pouvoir rétribuer les employés du centre, l’argent obtenu à ce jour ne permettra de financer qu’un seul salaire.

«Il nous faudrait d’autres contributions pour payer les autres salariés », précise Sophie de Robillard, qui estime que la société a une responsabilité envers les anciens détenus. «Ces personnes sont des êtres humains qui ont déjà purgé leurs peines. Chaque individu est un fruit de la société et celle-ci a le devoir de l’aider soit en finançant ses premiers pas dans la liberté à travers le centre de jour, soit en lui faisant de la place au sein des entreprises.»

Kinouete attend également une réponse favorable du Trust Fund for NGOs’ tombant sous la tutelle du ministère de la Sécurité sociale. « Le ministre Lauthan y serait favorable, mais nous attendons certaines confirmations. Autrement, il nous sera difficile de commencer nos opérations…»

02 June 2004

La diplomatie ferait-elle défaut au conseiller spécial Jean-Mée Desveaux ?

l'express du 02/06/2004

“Personne n’est indispensable sur terre.” La réponse lapidaire du PM était adressée au député travailliste Rajesh Jeetah, qui l’interrogeait sur la démission de son conseiller spécial, Jean-Mée Desveaux, du conseil d’administration de la Wastewater Management Authority (WMA). L’on s’interrogeait toujours sur la portée de cette affirmation, lorsque Paul Bérenger a dissipé toute mauvaise interprétation qui pourrait être faite de sa déclaration : il a précisé que Jean-Mée Desveaux est “a hard worker, a genuine patriot but is not strong at diplomacy”. Il ajoute que les raisons de sa démission sont multiples et qu’il a en vain essayé de le convaincre de revenir sur sa décision.

Paul Bérenger a aussi déclaré qu’il n’y a pas eu d’ingérence d’une ambassade étrangère à la WMA et qu’il n’y a jamais eu de désaccord entre son conseiller spécial et le ministre responsable du dossier du traitement des eaux usées, Alan Ganoo. Jean-Mée Desvaux est toujours membre des conseils d’administration du Central Electricity Board et d’Airports of Mauritius Ltd, confirme Paul Bérenger.

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le mauricien du 2/6/2004

WASTEWATER MANAGEMENT AUTHORITY

Jean-Mée Desveaux a démissionné de son propre gré comme directeur

 En dépit de son invitation pour que Jean-Mée Desveaux revienne sur sa décision après avoir soumis sa démission comme directeur de la Waste water Management Authority (WMA) Board, son conseiller spécial n'a pas voulu changer d'idée.

Le Premier ministre répondait à une question à plusieurs volets du député du Parti travailliste, Rajesh Jeetah, qui voulait savoir, entre autres, les raisons pour lesquelles Jean-Mée Desveaux a soumis sa démission et s'il y a eu ingérence étrangère dans la bonne marche de la WMA. En ce qu'il s'agit de cette question d'ingérence, le Premier ministre a indiqué que la WMA n'en a rapporté aucun cas de la part d'aucune ambassade.

Devant le refus de M. Desveaux de revenir sur sa décision, c'est un autre de ses conseillers, Fong Cheong Chung Siong Fah, qui a été appelé, dit-il, à le remplacer au sein du conseil d'administration de la WMA. Pour le Premier ministre, ''personne n'est indispensable sur terre''. Il devait toutefois aussitôt ajouter que son conseiller spécial est quelqu'un de ''hard worker and honest'' et qu'il demeure toujours directeur de deux institutions : Airports of Mauritius Ltd et Central Electricity Board.

A une remarque venant des rangs de l'opposition laissant entendre qu'une ambassade aurait qualifié Maurice de ''république bananière'', le Premier ministre devait répliquer par un '' not in my presence'', pour ensuite ne rien répondre à une autre question  ''And in your absence? '' venant toujours des bancs de l'opposition.

Quant à Arvin Boolell, autre député du Parti travailliste, il a dit que selon ses renseignements il y aurait eu une dispute entre le conseiller spécial Jean-Mée Desveaux et le minitre des Services publics, Alan Ganoo. Démenti de Paul Bérenger qui réitère son appréciation de Jean-Mée Desveaux qui est, dit-il, ''un grand patriote qui travaille dur et qui est honnête''. Justement, c'est peut-être pour toutes ces raisons qu'il y a eu un ''row'' entre MM Desveaux et Ganoo, a enchaîné Arvin Boolell.