JM et les chefs coutumiers de la République démocratique du Congo

06 May 2005

Ramgoolam fait un appel en faveur de l’unité

l'express du 06/05/2005

Il est 19 heures au Human Service Trust (HST) à Calebasses. Un “chief guest” fait son entrée sous les applaudissements de l’assistance. Il s’agit de Navin Ramgoolam, leader de l’Alliance sociale.

Le président du HST, Dhundev Bahadoor, ne passe pas par quatre chemins : il a réuni ses troupes afin de donner le mot d’ordre pour les prochaines élections. Parmi les autres invités : Anil Bachoo, Jhyaneshwur Jhurry, Megduth Chumroo, Dharam Fokeer, l’ancien vice-Président de la République, Rabin- dra Ghurburrun, l’inspecteur Radhooa, Milan Meetarbhan, Rajen Narsinghen et Raj Dayal.

“Nous devons combattre l’actuel gouvernement et nous allons donner tout notre soutien, notre force et notre influence à l’Alliance sociale menée par Navin Ramgoolam”, souligne Dhundev Bahadoor. Ses raisons, dit-il, sont simples : la communauté “majoritaire” doit être unie. “Et cela inclut tamouls, télougous et marathis. Certains essayent de nous diviser mais nous devons comprendre que nous avons été malavisés par ces personnes.”

Ramgoolam réagit. Il remercie le HST “du fond du cœur pour son soutien”. Par des anecdotes de son passé et les moments partagés avec son père, il tente d’expliquer que la division ne sert à rien. Mais il met surtout l’accent sur l’unité nationale.

Ramgoolam raconte les élections de 1959. Gaëtan Duval, jeune avocat rempli d’énergie, va poser sa candidature à Curepipe. Et il sera battu par Romriki Ramsamy qui défendait les couleurs du Parti travailliste. “Mai zordi, dimounn dir enn zafer imposib sa. Eski dimounn finn vinn pli ariere ou bien pli malin? ” se demande Ramgoolam. Il dit regretter ce temps où les gens votaient pour le parti qui défendait le mieux leurs intérêts, lorsque la religion du candidat importait peu.

Ramgoolam insiste. Il cite Chirac : “Chirac expliquait aux jeunes que l’union fait la force. Quand j’ai entendu cela à la télévision je me suis dis : il aurait dû venir le dire aux Mauriciens”. Le leader des Rouges estime que certains chercheront toujours à diviser “mais nous avons un devoir de travailler pour l’unité. Nou inn pren diferan bato pou vinn ici mai zordi nou dan mem bato. Si nou pa travay ensam, na pena lespwar”.


“Si na pas ti ena division entre hindou...”

A Dhundev Bahadoor qui disait plus tôt qu’il n’y “aurait jamais d’unité nationale si la communauté majoritaire ne s’unissait pas”, Ramgoolam raconte… une autre histoire. Il s’agit, cette fois, de l’ancien ministre de l’éducation Beejadhur “ki ti gayn lager ek Prayag et ce dernier décide de mettre un candidat pour contrer Aunauth Beejadhur lors des élections.” Sir Seewoosagur Ramgoolam appelle alors Prayag et tente de lui faire comprendre que la cause était plus importante qu’une querelle. Mais le différend demeure. Prayag s’en va chercher un candidat. Ce candidat s’appelait Anerood Jugnauth. “Si pa ti ena division entre hindou, zame nou ti pou kot nou ete zordi”, dit Ramgoolam qui explique qu’il faut tirer des leçons des erreurs du passé.

On l’aura compris. Ceux qui cherchent à “diviser”, ce sont, selon lui, Paul Bérenger et ses amis. “Cette lutte sera entre moi et Bérenger et personne d’autre”, affirme Navin Ramgoolam. Avant de promettre que quand il sera “laba”, il travaillera pour tout le monde et non pas “pou enn group dimounn”.

A ceux qui prendront “la caste” en considération quand ils iront voter, Ramgoolam dit “rapel kan ou ti vot Jeeha ou ti vote pou Jean Mée Desveaux vinn super conseiller. Ek demann Bachoo kinn arive”.

La communication officielle prend fin. Il est maintenant l’heure des apartés, le temps de partager un repas. Parmi ceux qui entourent Ramgoolam et qui se tiennent non loin, Raj Dayal…

19 April 2005

Distribuer en toute transparence les terres de l’État

Le projet IRS de Bel Air Sugar Estate verra la construction d'un hôtel cinq-étoiles, entre autres.
l'express du 19/04/2005

Par Jean-Mée DESVEAUX 

Il ne fallait nullement s’étonner que l’Integrated Resorts Scheme (IRS) ait eu une aussi mauvaise presse quand il vit le jour il y a quelques années. Les mêmes causes menant aux mêmes effets, il aurait été même extrêmement surprenant que, deux ans après le deal Illovo, les nouveaux IRS ne soulèvent pas la passion que cette affaire a déchaînée au début du gouvernement MSM-MMM en 2001.

Le cas du deal Illovo a démontré que les émotions ne créent pas le meilleur terrain pour un débat rationnel des enjeux économiques d’un pays. En effet, aux yeux d’une tranche importante de nos compatriotes, l’idée de permettre à des détenteurs historiques de capitaux de renom, (donc pas nécessairement les plus à plaindre dans cette “vallée de pleurs”), d’augmenter davantage leur patrimoine est un anathème économique et social qui doit être bloqué à tout prix. Quel que soit le projet qui puisse apporter une telle manne à cette engeance ne peut être que condamnable et le gouvernement qui s’y rend complice devrait, selon cette conception des choses, être pareillement désapprouvé.

Cette lecture essentiellement travaillée par une opposition travailliste opportuniste allait durablement fausser le débat sur les IRS. Aujourd’hui que Navin Ramgoolam est assis autour de la même table que ceux qu’il traitait hier de “Pik Botha” afin de résoudre un réel problème de développement, le doute persiste dans l’esprit du Mauricien qui ne peut croire que la politique peut créer une telle volte-face chez un homme honnête. Cette perception erronée des IRS ne peut que nuire à une île Maurice qui doit avancer avec encore plus de hardiesse à cause des écueils qui nous assiègent.

On sait déjà que ceux qui blâmaient le deal Illovo comme une braderie de la richesse du pays étaient soit ignorants de ce que ce deal a apporté au pays, ou alors qu’ils étaient de mauvaise foi. Le deal Illovo a été une manne pour le pays et le restera encore longtemps. Là où le gouvernement précédent a eu tort, c’est dans son manque d’ambition qui aurait pu faire que ce deal soit doublement plus bénéfique au pays. Cette attitude minimaliste d’un gouvernement MSM-MMM timide n’enlève en rien la portée extrêmement bénéfique des résultats de l’accord conclu.

Comme le démontre la comparaison avec Illovo, ce qui exaspère donc tant avec les IRS c’est la dualité qui enflamme: des terres en mains blanches. Mais qu’en est-il ? Nous allons essayer de démontrer qu’il existe deux extrêmes sur la question de l’IRS qui sont également irrationnels alors que, comme toujours, la position médiane apporterait en fait un grand plus pour le pays.

La position extrême qui pousse les idéologues et leurs suiveurs inconditionnels à stigmatiser les IRS, avant même qu’ils ne s’enquièrent de la nature exacte du projet, provient d’un mélange cocasse de marxisme fossilisé et de racisme inversé. L’argument, si on peut l’appeler ainsi, suit les méandres suivants: le grand propriétaire terrien qui fait une application d’IRS est généralement une propriété sucrière ou un “grand blanc”, ce qui est du pareil au même.

En l’état actuel des choses, ces terres sont bloquées parce qu’elles ont une classification économique incompatible à l’IRS. Elles auront besoin d’être rezoned ou encore de recevoir un permis de land conversion que seul l’État et ses impressionnants commis ont la faculté de procurer.

Ces étapes administratives sont de réels cadenas qui enferment à l’intérieur d’un arpent de terre entre dix et vingt millions de roupies que le marché international serait disposé à payer pour ce lopin avec sa charmante demeure. Libérer ce genre de plus, value à une terre qui, à l’heure actuelle, ne vaut que Rs250 000 est passible de crime contre l’humanité. Jamais ! Plutôt voir Maurice descendre dans l’enfer indocéanique de Madagascar, des Comores ou des Seychelles qu’accepter d’enrichir des nantis, quelles que puissent être les retombées positives pour le pays en général. Si on aime l’humanité, on enlève des riches, on ne les permet pas de s’enrichir davantage!

Ce qu’il faut retenir ici, c’est que cette réaction cadre mal avec des projets qui n’enlèvent pas un iota du patrimoine mauricien. Certains IRS visent seulement à valoriser des terres du privé qui sont sous évaluées par un ratio de 1 à 60, ce qui doit forcément avoir des retombées positives sur l’économie en général. Nous verrons un nombre de cas dans la liste que nous passons en revue plus bas de ce modèle d’IRS “idéal” car ils existent bel et bien. Mais avant de passer les IRS en revue, il faut d’abord constater l’autre excès dans lequel peut tomber le concept du IRS.

C’est ici que l’absence des forces du marché dans le transfert des terres de l’Etat blesse car il s’agit-là d’IRS qui requièrent les Pas géométriques. C’est le type que l’idéologue a en tête quand il fait l’amalgame de tous les projets de ce genre. Ici, on pourrait s’indigner devant une pratique choquante d’incorporer une vaste étendue de Pas géométriques afin de donner de la plus-value à une terre privée qui serait vendue à un prix astronomique.

Le scandale ne serait pas de se servir de terres de l’État afin de faciliter la vente de ceux du privé mais de l’inadéquation extrême entre ce que le promoteur percevrait en bénéfices sur ces terres de l’État et les poussières payées à ce même état pour avoir aliéné le patrimoine mauricien à tout jamais. Si une économie libérale consiste à ne pas freiner l’ardeur du promoteur de s’enrichir, c’est une innovation toute mauricienne que cet enrichissement se fasse sur le dos de l’État et du peuple qu’il gouverne.

Il ne saurait y avoir aucun argument qui permette à des nantis de se servir des dernières richesses du littoral pour se faire une fortune colossale sans une compensation adéquate au peuple ainsi lésé. Puisqu’on parle d’apartheid, à ce rythme-là les Mauriciens se verraient un jour emmurés dans un “bantoustan” au centre du pays sans aucun accès (avec ou sans pièce d’identification) à un littoral réservé aux IRS, campements et hôtels. Ce serait le modèle du IRS “abusif” où l’absence de mécanisme du marché pour l’obtention des terres de l’État entraînerait le genre de dérapage que nous avons pu constater ces derniers temps. Combien des IRS comportent des terres de l’État ?


Bel-Air

Le IRS de Bel Air Sugar Estate (BASE) comprend ce mélange explosif de terres en toute propriété et de terres de l’État. BASE a 250 arpents sous canne qui fera l’épine dorsale du projet mais elle a besoin de deux lots de Pas géométriques totalisant 104 arpents. Le projet qui était jusqu’à récemment évalué à Rs 2,5 milliards est estimé aujourd’hui valoir le double. Il comporte, entre autres, un golf de 18 trous au service d’un hôtel 5-étoiles durant la première phase (Domaine de Bel-Air), un IRS de 60 villas en deuxième phase (Résidences de Bel-Air) qui aura son golf de 9 trous. Les Pas géométriques en question étaient des “grazing lands” précédemment louées par BASE mais quand le bail a expiré en 1999, le gouvernement a repris possession de ces terres.

Une autre particularité de BASE est que l’absence d’un système transparent d’appel d’offres pour les terres de l’État mène à des décisions économiques moyenâgeuses, de troc de terres entre l’État et le privé: BASE est disposé, s’il obtient son bail, de céder au gouvernement près de 25 arpents de terres à Tyack pour des projets de social housing. La compagnie est aussi disposée à développer deux espaces de récréation pour le public. Comme quoi, on peut contourner le marché et éviter de se servir du mécanisme de prix comme outil décisionnel dans le foncier. Avec les conséquences qu’on a vues.

Deux autres points intéressants au sujet de BASE: si les Pas géométriques ne servent qu’à l’hôtel, pourquoi y a-t-il une différence de traitement avec d’autres projets hôteliers qui s’approprient les terres de l’État à bras raccourci? Anguille sous roche! L’autre point est que BASE mérite de la sympathie de par sa bravoure en désavouant publiquement une tentative de corruption à grande échelle. Paddy Rountree s’excuse pour sa mémoire défaillante vu son âge avancé. On peut le féliciter pour son courage car son comportement est un exemple pour un secteur privé trop enclin à jouer le jeu et se taire.


Mon Choisy

Le projet de la Compagnie sucrière de Mon Choisy est un exemple du concept IRS que nous définissions comme “idéal”. Avec un investissement sur trois phases de Rs 10 milliards (dont trois milliards de FDI), ce projet se contente tout bonnement des 376 hectares de terres de Harel Frères en toute propriété. La première phase comprend un hôtel cinq étoiles, un complexe résidentiel de 200 lots, une inland marina, un business park et un golf de 18 trous. La deuxième phase comprend un complexe résidentiel de plus de 100 lots, d’une marina et d’un complexe commercial.

Le seul hic de ce projet pour ceux qui veulent chercher la petite bête, c’est qu’il comporte la conversion de pas moins de cinq cents arpents de terre sous canne dans la région du Nord. Cela entraîne trois particularités: 1) enlever des cannes d’une région desservie par le Midlands Dam dans lequel l’État a dépensé près de deux milliards de roupies, 2) un manque de bagasse pour la compagnie sœur de Centrale thermique de Belle-Vue et 3) une apparence d’inconsistance dans l’argument du groupe Harel qui convoite les cannes de Mon Loisir lors de sa fermeture alors que le groupe Lagesse voudrait rediriger ses cannes vers Fuel.


Tamarina - Société du Morne Brabant

Ces IRS sont aussi des projets sur des terres du privé en toute propriété et ne tombent donc pas dans le groupe “explosif”.

Tamarina Golf Estate à Wolmar, un projet de Médine, est un des premiers IRS à avoir reçu son feu vert. Il comporte 110 villas dont la majeure partie est déjà vendue. Ce projet a la particularité de posséder une des rares plages à Maurice qui soit en toute propriété, à Tamarin. Il ne puise donc pas dans le patrimoine foncier national. Ses 206 hectares sont de la freehold land. Il est intéressant de noter que ce projet concrétisé sous l’ancien gouvernement, comporte une redevance à l’État de $US 70 000 (un peu plus de Rs 2 millions) par villa.

“Si une économie libérale
consiste à ne pas freiner
l’ardeur du promoteur de s’enrichir,
c’est une innovation toute
mauricienne que cet enrichissement
se fasse sur le dos de l’État et du peuple...”

La Société du Morne Brabant qui a aujourd’hui passé l’obstacle du World Heritage Site de l’Unesco, comporte 337 hectares en toute propriété. Il comprend moins de cent villas, un petit hôtel et un Morne Heritage Centre. Les promoteurs ont choisi de se faire tout-petits pour cohabiter avec le site historique du Morne.


Anahita IRS and Hotel projects

Ce projet de CIEL Group s’étend sur 185 hectares en toute propriété à Beau-Champ dont seuls six hectares nécessitent la reconversion. Il comporte 415 villas au niveau du IRS et un hôtel cinq étoiles de 120 chambres-villas.

On ne peut s’empêcher de faire ressortir que ce projet développe un pan de mer que personne n’associerait naturellement à un site cinq-étoiles. Que le privé puisse transformer un site d’apparence si médiocre pour en faire un des hauts lieux du développement touristique ne peut être qu’un grand plus pour le pays.

Il est aussi intéressant de noter que le gouvernement a offert aux promoteurs de ce projet une nouvelle formule pour accommoder le volet social du développement. Il serait aujourd’hui question que le promoteur paye 5,000 dollars par villa “up front” dans un fond social géré en partie par les forces vives et au sein duquel chacun des propriétaires des 415 villas versera une somme mensuelle de 100 dollars.


Beau Rivage Integrated Golf Resort

Ce projet de Rs 4 milliards contient à un degré moindre que BASE le mélange explosif de terres de l’État et de terrains en toute propriété. Sur les 160 hectares que requiert ce projet, 44 arpents consistent en Pas géométriques loués à bail sous la classification de grazing and conservation land. 15 à 20 des chalets seront situés sur ces Pas géométriques. Un integrated residential golf et un golf village sur les 160 hectares comprendront un pleasure craft marina, environ 200 chalets ainsi qu’un hôtel.

Cet envol rapide ne prétend pas être exhaustif ou même précis car il n’y a aucun projet qui change aussi rapidement d’envergure, de nature et de détails de toutes sortes que les IRS. Il y a des projets dont nous sommes conscients n’avoir pas couverts comme cette insanité de créer à Balaclava entre le Maritim et le Goulet cinq sites d’hôtels.

Ce qu’il convient de noter en guise de conclusion, c’est que les IRS sont aussi nombreux qu’ils sont différents. Certains ne nécessitent aucun apport de terres de l’État alors que d’autres en ont besoin à des degrés différents. Nous avons essayé de démontrer qu’en l’absence d’un mécanisme transparent où les forces du marché joueraient pleinement leur rôle, ces projets continueront à faire l’objet de convoitise qui crée un air vicié pour le mood du pays en général.

25 March 2005

Nouvel espoir pour d’anciens détenus

l'express du 25/03/2005

Briser les préjugés envers les ex-détenus, les aider à se racheter et à se faire une place au soleil… Conscients des difficultés éprouvées par ces hommes et ces femmes à leur sortie de prison, le groupe Elan et l’association Kinouété ont mis en place un Drop-in Centre pour la réinsertion des ex-détenus, qui a été inauguré lundi à la rue Nicolay, à Port Louis, en présence du ministre de la Sécurité sociale, Samioullah Lauthan, le commissaire des prisons, Bill Duff, le père Gérard Sullivan, Jean-Mée Desveaux, conseiller spécial auprès du Premier ministre et des représentants du haut-commissariat britannique.

Le centre propose des thérapies de groupe, une assistance médicale et psychologique de même qu’un programme pour diriger les ex-détenus vers d’autres organisations non gouvernementales. Des cours en informatique, de couture, de coiffure et de yoga leur sont également proposés.

Depuis le lancement de l’association Kinouété, 81 ex-détenues ont bénéficié du programme de réinsertion. L’idée, explique Sophie de Robillard, cofondatrice de l’association, était de créer un espace de parole pour ces personnes. Sans tenir compte des délits pour lesquels elles ont été incarcérées. “Bien souvent, après leur détention, ces personnes retrouvent une maison pillée, des enfants révoltés et les risques de récidive sont de 60 % chez les détenus.”

Le ministre de la Sécurité sociale, Samioullah Lauthan affirme qu’avec de nouvelles mesures – telles que les éducateurs de rue, les travaux communautaires (community service order), le risque de récidive a été ramené à 4,5 %. “La prison est un monde à part, complexe… C’est pour cela que le gouvernement a apporté des réponses complexes. Il faut briser les chaînes que les ex-détenus continuent à traîner, il faut éli-miner ce stigmate.”

Pour Lindsay Aza, président du Groupe Elan, nul n’est à l’abri. “Societe malad, dimoun pans zist kas, materialism. Zot blie le coté humain. Personn pa a labri ene simple ti errer, nimport ki kapav retruv li dan prizon.”

La cérémonie d’inauguration du Drop in Centre a été également marquée par les témoignages de deux ex- détenus ayant adhéré au programme de réinsertion, Hassen et Marie France. Pour clore la cérémonie : un lancer de ballons auxquels ont été attachées des cartes de souhaits des ex-détenus

23 February 2005

La MRA cherche son directeur général

l'express du 23/02/2005

Exercice de sélection. Hauts cadres du secteur public à Maurice et professionnels étrangers en Inde, au Canada et en Europe portent un intérêt particulier au poste de directeur général de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Un poste qui devrait être pourvu à partir du 1er mars, explique Maya Hanoomanjee, présidente du conseil d’administration de la MRA. L’organisme devrait entrer en opération en juillet.

Le recrutement du directeur général pour ce futur organisme a été annoncé dans des magazines et journaux spécialisés à l’étranger. Notamment le magazine britannique The Economist et le quotidien indien, l’Economic Times of India. Il semble également que de hauts cadres à l’Income Tax, à la Revenue Authority, à la douane et même à l’Independent Commission against Corruption (Icac) ont postulé.

Les candidats choisis ont été appelés pour interview. Et l’exercice de sélection est actuellement en cours.

S’il n’a pas droit au vote, le directeur général sélectionné fera également parti du conseil d’administration. Ce dernier a pour présidente Mme Hanoomanjee et ses membres sont Patrick Yip Wang Wing du ministère des Finances, Mme Aisha Timol, directrice de la Banker’s Association, J.P. Coopamah, ex-directeur du budget au ministère des Finances, Jean-Mée Desveaux conseiller économique au bureau du Premier ministre et Dhiren Dabee du parquet.

Aussitôt recruté, le directeur général devra soumettre en avril ses recommandations sur les conditions de travail sur les autres membres du personnel. Des recommandations qui seront examinées par le conseil d’administration de la MRA et ensuite approuvées.

En mai, le recrutement d’une équipe de directeurs appelée à gérer les différents départements tombant sous la MRA, (l’Income Tax, le bureau de la taxe à valeur ajoutée, la douane, le Registrar General, le Large Tax Payer’s et la Revenue Authority) aura lieu. Et il s’agira également de compléter les procédures de transfert du personnel appelé à travailler sous la MRA.

Pritiviraj Lollman, président de la Union of Revenue Officers (UORO) syndicats qui regroupe les membres du staff qui sera sous la MRA, estime pourtant que l’organisme ne pourra entrer en opération à partir du 1er juillet. Car “plusieurs détails concernant les conditions de services et salaires des staffs n’ont pas encore été complétés.”

Mais ces détails seront finalisés lors d’une réunion tripartite prévue bientôt entre le ministère des Finances, le ministère du Service civil et les membres du syndicats UORO.

La MRA se cherche également un local pour ses bureaux. Le site recherché devrait se trouver dans la capitale et devrait accommoder au moins 2 000 personnes. Les syndicalistes de l’UORO auraient pour leur part préféré un site hors de la capitale en raison des problèmes d’embouteillage et de parking.

La création de la MRA a été recommandée par la Banque Mondiale. Afin que les revenus de l’Etat soient augmentés et pour traquer les évasions fiscales. Il s’agit également et du même coup d’échanger plus facilement les dossiers entre les différents départements, firmes privées et tout autre entreprise et individu payant les différentes formes de taxe.

19 February 2005

Le prix du ciment prend l’ascenseur

l'express du 19/02/2005

Futurs constructeurs, il faudra prévoir des dépenses supplémentaires. Après la libéralisation du prix de la barre de fer, qui a engendré une hausse importante du matériau, c’est au tour du ciment d’augmenter. Le sac de 50 kg, acheté à Fort-George, passe de Rs 115 à Rs 135 aujourd’hui.

Le ministère du Commerce a émis un communiqué (voir ci- dessous) pour indiquer les nouveaux prix. Ils atteignent les Rs 144,50 pour 50 kg dans les régions comme Savanne, Chemin-Grenier ou encore Surinam. Car le prix inclut la marge de profit du détaillant et le coût du transport.

En l’espace de 3 ans, le prix du ciment a subi près de quatre augmentations et une hausse de près de 60 %. Le sac de 50 kg acheté à Fort-Georges, où il est mis en pochette, était en novembre 2001 à Rs 85. La dernière augmentation remonte à février 2004. La pochette de 50 kg, la plus utilisée, coûtait alors Rs 95.

De leur côté, les deux importateurs de ciment, Holcim (Kolos) et Lafarge (Baobab), avaient fait part de leur inquiétude face aux prix pratiqués jusqu’ici. Leur argument : le ciment est cher à l’importation mais n’est pas répercuté sur le marché local. Une première rencontre s’est tenue avec les techniciens du ministère du Commerce il y a quelques semaines. Une entrevue a eu lieu avec le conseiller du Premier ministre, Jean Mée Desveaux.

« Le gouvernement nous a prêté une oreille attentive. Mais nous avions demandé une hausse de Rs 26 sur le sachet de 50 kg. Nous n’avons obtenu que Rs 20 d’augmentation », commente Pascal Naud, nouveau directeur d’Holcim et distributeur de la marque du ciment Kolos. Selon lui, « cette augmentation couvre tout juste nos frais d’opération ».

En effet depuis l’année dernière, avec un prix de Rs 115 pour le sac de 50 kg à Fort- Georges, les distributeurs vendaient le ciment à perte. La dévaluation du dollar américain par rapport à la roupie, la hausse du fret maritime, les perturbations dans l’approvisionnement du ciment après le tsunami seraient les raisons qui ont poussé les distributeurs à demander cette majoration.

Pour rappel, la State Trading Corporation (STC) importe le quart de la consommation annuelle du ciment. Mais son indexation a un impact direct sur les prix dans les quincailleries. En choisissant son fournisseur, la STC établit un coût utilisé comme référence par le ministère du Commerce.

En 2003, la STC avait acheté le ciment à 56 dollars la tonne de la compagnie Itochu. En 2002, le prix payé par la STC était seulement de 37 dollars la tonne. Cette année, le prix demandé par Marine Cement est de 62 dollars. Inévitable, la présente hausse a pris effet plus vite que prévu.

08 January 2005

Black-out de jeudi : sabotage ?

l'express du 08/01/2005

Une phrase glissée insidieusement dans le communiqué du Conseil des ministres a relancé les spéculations sur l’origine de la coupure d’électricité qui a plongé pratiquement tout le pays dans l’obscurité jeudi. 24 heures après la panne, il était impossible d’en comprendre la cause réelle mais les soupçons d’un acte de sabotage existent.

A l’issue de sa réunion d’hier, le Cabinet attribue d’abord le problème à «une faute au point stratégique de transmission à la sous-station de Nicolay» puis fait ressortir qu’une « interruption majeure dans la fourniture d’énergie électrique avait eu lieu pendant la Conférence de l’Agoa à Maurice en 2003 ». Cette remarque ne peut que signifier que le gouvernement n’écarte pas l’hypothèse de sabotage à la veille des conférences internationales. Celle sur les Small Islands Developping States démarre lundi prochain.

Les explications données par Jack Bizlall, négociateur de l’Union of Employees of the Central Electricity Board (UECEB), n’éclairent pas davantage sur les raisons derrière l’explosion du disjoncteur à la station de Nicolay : «Il y a eu une surchauffe du système et un retard dans l’installation de nouvelles turbines mais il y a également un facteur humain.» Il n’élabore pas beaucoup sur ce dernier point mais laisse échapper : «Quand des étrangers ont été recrutés à la tête du CEB, le personnel qualifié s’est senti marginalisé et cela s’est traduit dans leur travail.» Le syndicaliste n’est pas plus explicite mais quand on sait combien il est proche de ses syndiqués, on mesure bien l’implication de ce qu’il avance.


«LE MUGABE MAURICIEN»

Tout en affirmant que le problème du CEB est la conséquence d’un ensemble de facteurs, Jack Bizlall met en cause nommément Jean Mée Desveaux , qu’il qualifie de «super conseiller au bureau du Premier ministre». Ce dernier «qui n’est qu’un technocrate», aurait marginalisé l’ex-directeur du CEB, Paul Van Niekerk, pour favoriser la Canadienne Donna Leclair, son adjointe, afin de « manipuler cette dernière » et faire capoter plusieurs décisions importantes. «Il y a aussi eu des retards qui sont survenus pour l’entrée en opération de la centrale de Savanah et de St.-Aubin car ce conseiller a joué à fond la carte de l’industrie sucrière.»

Mis au courant de ces allégations , Jean Mée Desveaux a vivement réagi et a critiqué l’attitude de Jack Bizlall. Il juge que «Bizlall a eu l’opportunité d’essayer ses talents d’entrepreneur et de manager à travers l’expérience de Litra. Les résultats probants de cette catastrophe démontrent ce qui découle du trait de génie de M. Bizlall dans la vie d’une entreprise. God saved CEB from such a threat».

Jean Mée Desveaux ajoute qu’«en ce qui concerne l’industrie sucrière Bizlall a un violon d’Ingres qui ferait de lui le Mugabe mauricien s’il en avait les moyens». Le processus de «change management» qui a été entrepris au CEB depuis ces quatre dernières années donne lieu aujourd’hui à un management éclairé sous le leadership d’un fils du sol en la personne de Ravind Dajee, a-t-il précisé.

«Les critiques abjectes de Bizlall démontrent qu’il n’a pas plus de respect pour ce jeune professionnel qu’il n’avait pour la dévotion et le courage de Mme Leclair. J’ai eu l’occasion de lui dire ce que je pense de sa lâcheté dans l’express.»

Il trouve que c’est étrange que Jack Bizlall vienne se plaindre du retard dans le projet de SUDS alors que «c’est Bizlall lui-même qui a été en Cour pour faire bloquer le projet au profit de M. Suzor. Que M. Bizlall se fasse une raison. Je défends l’intérêt des abonnés du CEB envers tous les lobbies qu’il s’agisse de celui de l’industrie sucrière ou des négociateurs syndicaux en perte de vitesse».

Toutes ces controverses n’empêchent pas la direction du CEB d’affirmer tranquillement que le black-out qui a paralysé 80 % du pays pendant quatre heures jeudi n’est pas un acte de sabotage. «Cela relève d’un problème technique», assure Ravind Dajee, directeur général du CEB. Il a qualifié de «coïncidence» le fait qu’une panne similaire est survenue pendant la conférence de l’Agoa en 2003. Celle-là «était moins grave mais d’origine technique également».

D’autre part, la pièce maîtresse à l’origine de cette panne, un disjoncteur de 66 KV sur la ligne Nicolay-Wooton, avait été l’objet tout récemment d’un entretien de fond en comble. Il en est de même pour un transformateur de 66 KV qui contrôlait la liaison avec la station de Fort-George.


RAPPORT COMPLET

Le directeur général du CEB a précisé qu’un autre rapport beaucoup plus complet et beaucoup plus technique sera préparé d’ici deux semaines par une équipe de techniciens et d’ingénieurs en provenance d’Electricité de France (EDF) qui sera sur place. Elle apportera également une assistance technique pour une meilleure surveillance du réseau afin de parer à toute éventualité.

Selon Ravind Dajee, ce genre de problème pourrait surgir une fois de plus étant donné la demande en électricité mais aussi l’importance qu’occupe la station de Nicolay dans le système de distribution.

Cette station est directement branchée aux centrales thermiques de Belle-Vue, St.-Louis, Nicolay et Fort George. Sitôt l’incident survenu, le système automatique de protection a immédiatement isolé ces quatre centrales thermiques du système de distribution pour les protéger de toute possibilité de dégâts.

Le directeur du CEB a précisé qu’avec l’entrée vers la mi 2005 de la centrale de bagasse-charbon de St.-Aubin et le projet du même type à Savannah une telle panne n’aurait pas eu le même effet.

Pour l’usager, ces garanties ne seront pas d’une grande utilité tant qu’il restera dans le noir en ce qu’il s’agit des raisons qui ont provoqué le black-out.