JM et les chefs coutumiers de la République démocratique du Congo

01 May 2013

Les enfants délaissés de Mauritius Inc.

Par Jean-Mée DESVEAUX
l'express du 1er mai 2013



Les chegues sont enfants de rue de génération en génération en RDC.

 LE rêve de nos gurus financiers d’une intégration économique et sociale de Maurice au sein de l’Afrique ne saurait se faire attendre. Safire, une ONG qui s’occupe des enfants en situation de rue, dénombre pas moins de 6 780 cas dans son rapport publié en 2012. Cette statistique laisse pantois quand on apprend que le gouvernement, dans sa grande sagesse, a mis un terme au programme des enfants de rue.

Nous sommes encore loin, bien sûr, des dizaines de milliers de Chégués de Kinshasa, de la république démocratique du Congo (RDC), mais on progresse. En RDC, ces enfants de rue nommés après le fameux visiteur Che Guevara, à cause de leur «récalcitrance», naissent, vivent et meurent dans la rue depuis plusieurs générations. Leur seul moyen de survie repose sur le porte feuilles des conducteurs inattentifs pris dans les kilomètres de bouchons. Mais toute statistique étant manipulable, le président Mobutu conçut l’idée, «Kin(shasa) la Belle» étant plus admirable sans Chégués, de les faire enlever manu militari pour les «rééduquer dans des fermes» structurées pour ce faire. Que personne n’ait plus jamais entendu parler de ces fermes, ni jamais revu ces enfants, est une autre spécificité de la RDC sur laquelle nous ne nous attarderons pas ici.

A Maurice, nous n’en sommes pas (encore) là, nous laisse entendre la responsable de Safire. Chez nous, le terme enfants des rues s’applique (jusqu’ici) à des enfants qui ont un toit mais qui échappent aux structures sociales instituées pour les scolariser. Cela permet d’imaginer le pire pour ces enfants qui deviennent ainsi vulnérables à l’exploitation sexuelle et la prostitution. C’est ce qu’on pourrait appeler le phénomène du «slippery slope».

Mais il n’est pas nécessaire pour nos enfants d’être livrés à eux-mêmes dans les rues de nos faubourgs pour devenir la proie sexuelle des prédateurs. Plus de 500 enfants sont arrachés de leurs familles biologiques (parents maltraitants, incarcérés ou prostitués). Molestés sexuellement par ceux qui ont trahi leur confiance, terrorisés par les dédales procéduriers, on leur promet un foyer que la vie leur avait jusqu’ici refusé. Mais le sort s’acharnant sur ces pauvres êtres, ils deviennent bien vite la proie de nouveaux satyres au sein d’un centre dit d’accueil.

Il est difficile d’imaginer pire lâcheté que celle d’un homme qui assouvit ses instincts les plus ignobles sur un être fragile dont il a la mission et la prétention de protéger. Il est étrange que l’épisode Namasté survienne quelques mois seulement après le dénouement du scandale qui a ébranlé l’Amérique entière. Un des hommes les plus admirés aux Etats-Unis jusque-là, Jerry Sandusky, football coach adulé des présidents, père adoptif de six enfants et fondateur de The Second Mile, institution charitable pour les garçons à risque et défavorisés, encourait, au début de son procès, 442 ans de prison. Le condamnant à 60 ans de servitude pénale (la perpétuité en ce qui le concerne), le juge Cleland de Pennsylvania a déclaré : «Sandusky is a particularly dangerous breed of child molester because he masked his manipulation and abuse of children behind a respectable façade. It is the remarkable ability to conceal that makes these crimes so heinous”. Sandusky se servait de l’institution qu’il avait fondée comme un réservoir d’où il choisissait ses proies.

Au pays natal, ayant déjà démontré un manque d’élégance et d’éthique au début même de sa carrière politique, propulsée sans préparation à un poste pour lequel elle n’était visiblement pas préparée, on ne pouvait s’attendre que l’honorable Mireille Martin, ministre de tutelle, maîtrise ses dossiers avec doigté. Que ce soit les pupilles indigents de l’Etat qui héritent de cette ineptie est une autre preuve du sort qui s’acharne sur ces enfants handicapés et abandonnés de tous. La déclaration qu’une lettre anonyme ne constituait pas une raison suffisante pour intervenir et protéger un enfant clairement à risque ; avoir permis et défendu le directeur et l’assistant directeur, qui emmenaient des enfants chez eux le week-end à l’encontre de la loi ; demander à un travailleur social venu l’informer de comportements suspicieux d’aller faire une déclaration à la police ; avoir fermé les foyers au beau milieu de la nuit plutôt que de trouver des gens capables de remplacer les responsables déchus au sein de la même structure, tout cela démontre une confusion qui se répercute de façon cruelle sur les enfants concernés.

Il est triste, cependant, de voir une opposition parlementaire trop souvent apte à perdre de vue l’objectif principal de protéger post hoc les enfants et d’offrir une solution viable aux autorités au lieu de s’arc bouter sur le sujet, somme toute aride, de l’avenir politique de Mme Martin. C’est pour cela que nous osons «beg to differ» avec l’élue de l’opposition qui déclarait dans un meeting : «Ka Brown Sequard ti premier viktwar MMM ek premie defet Martin alors ki Namaste reprezant so deziem defet». Nous croyons fermement que, dans les deux cas, la victoire était à l’incompétence alors que la défaite revenait inéluctablement à l’île Maurice de 2013 qui n’a pas su protéger ses enfants en détresse.

Dans ce domaine, plus encore qu’ailleurs, il est facile de « rush in where angels fear to tread ». Ainsi, la ministre a demandé à la police d’enquêter sur les allégations d’abus sexuels par les responsables du centre Namasté. Avec leurs gros bogies, ils ont obtenu une déclaration des enfants concernés et, vini, vidi, vici, sont repartis contents de leur conclusion : « All minors are happy at the centre». Quand on écoute la responsable de Open Mind, une ONG qui offre un service d’aide psychologique aux enfants, on comprend tout de suite que c’est un domaine où n’opère pas qui veut. La première réaction d’un enfant qu’on interpelle sur ce sujet tabou va nier d’avoir été l’objet d’abus sexuels, surtout si cette interview se tient sur les lieux où le délit a eu lieu. Il faut chercher beaucoup pour que l’enfant dénonce le prédateur. Quand il le fait, souvent à travers des dessins, il va avoir mal au ventre, pleurer, vomir même, se contredire et se rétracter souvent, car revivre cette expérience lui donne la nausée qu’on peut imaginer. 

La fermeture des foyers laisse les enfants plus mal lotis qu'avant.

 Aujourd’hui la loi a été appliquée et les Foyers Namasté ont été fermés mais quid du problème de la logistique car le vide créé par les foyers fermés, laisse, du même coup, de nombreux enfants plus mal lotis qu’avant. Certains finiront même incarcérés au Bedlam mauricien. «Qui recueillera ces enfants dans le long terme ? Rêvons que toutes les personnes qui ont eu à coeur la fermeture du Foyer Namasté pouvaient aider à trouver, voire à mettre en place une solution juste et digne sous la forme d’une structure d’accueil où l’encadrement thérapeutique sera présent ?» 

Cela restera un rêve car le manque cruel de ressources, autant financières qu’humaines, freine la création de centres d’accueil. Malgré ses lourdeurs, le gouvernement essaie, en vain, de chercher un gérant pour le Drop-in-Centre de Grande-Rivière-Nord-Ouest. Aucun appel d’offres n’a intéressé les ONG du pays qui affichent «complet». La crainte d’ingérence (accueil sans tri préalable?) semble être la raison essentielle pour cet état de choses. Le gouvernement a lancé un appel d’offres international.

A l’opposé de ce problème, même dans le domaine sacro-saint du bien-être des enfants vivant en précarité, les affairistes et autres «rodeurs de boute» rôdent autour des Rs 243 par jour que le gouvernement accorde par enfant. Un ancien fonctionnaire dévoile que «dans la majorité des cas, les contrats pour opérer ces foyers sont alloués selon les connivences des uns et des autres avec les dirigeants du jour». Il divulgue que « les foyers ont de tout temps été gérés au petit bonheur…le personnel est très souvent insuffisant, mal payé et ne bénéficie pas d’une formation appropriée ». Le manque de suivi de ces centres par la «Child Development Unit» est un autre thème récurrent. Reconnaissant que ce service requiert un investissement important, l’honorable Satish Boolell résume bien la situation : «L’argent est toujours tributaire du mal. Il revient à ceux qui financent de s’assurer qu’il est utilisé à bon escient»

Pourtant, la marche à suivre crève les yeux et le manque de volonté d’établir un plan d’action solide ne fait pas honneur à ce pays qui veut se donner en exemple à la région. Si un tel dysfonctionnement existait au niveau de l’exportation du textile, l’importation des oignons, la sécurité des touristes, la recrudescence des mouches de fruits ou de pissenlit, le secteur public et privé auraient, en moins de 24 heures, organisé une table ronde avec les meilleures têtes du pays pour aborder, disséquer et trouver un début de solution au problème. Il n’est plus permis de douter de l’existence, au sein du secteur ONG, de têtes pensantes, d’âmes engagées et d’un professionnalisme sans faille. C’est donc une honte nationale que l’ile Maurice s’asseye sur ses mains et s’engage dans le sport favori de «pa moi sa, li sa» quand le sort des enfants les plus mal lotis du paradis mauricien, un enfer en ce qui les concerne, est en jeu. Laissant de côté les clivages politiques et autres clashs de personnalité, nos élus devraient réunir toutes les têtes pensantes dans ce domaine, afin d’oeuvrer, selon les mots de notre ex fonctionnaire, «vers une refonte totale, assortie d’une véritable volonté politique et un plan d’action solide et bien réfléchi (visant) à décanter partiellement la situation».

Et quid de la question pénale ? Le présumé agresseur a été arrêté et le Premier ministre déclare que le ministère du Développement de l’enfant et du bienêtre familial travaille sur un Children’s Bill pour mieux assurer la prévention des délits à l’encontre des enfants et les protéger de façon plus efficace. C’est bien, mais les prémices de ce changement de loi peuvent laisser sceptique. « Increasing the penalties will not in itself put an end to such offences (pédophilie). It is important to lay emphasis on better sensitisation and education of the public and of children in particular”. Comme quoi le «Pennsylvania Sexual Offenders Assesment Board» aurait dû avoir mis Monsieur Sandusky entre les mains de quelque habile pédagogue au lieu de le mettre sur le registre national des «Sexually Dangerous Predators ». On arrive à se demander ce qu’un coach de son genre aurait encouru au pays natal.

Le PM explique que les peines pour tout délit sous la Child Protection Act sont des amendes allant de Rs 25 000 à Rs 100 000 et des peines d’emprisonnement de 5 à 30 ans. Le Criminal code, quant à lui, applique une servitude pénale de 10 à 20 ans. Le PM explique que la difficulté réside dans «the law of silence» qui rend l’intervention de la police difficile au sujet des crimes commis par des proches. On est tenté de rétorquer que c’est plutôt «the silence of the law » qui règne chez nous. Il y a une semaine, un homme a été condamné pour viol sur sa fille de 14 ans qui avait, depuis sa naissance, été prise en charge par une famille adoptive. Il a profité d’une visite de la victime pour la droguer puis la violer. Il a récolté trois ans de prison, la magistrate ayant conclu que la relation entre la victime et le violeur n’était que «purement biologique»

Il n’est pas nécessaire de redécouvrir la roue sur ce problème dont tout gouvernement qui se respecte de par le monde reconnaît la pertinence. On pourrait glaner plusieurs leçons de ces initiatives internationales visant à protéger l’enfant. Ainsi, au début de l’année, le gouvernement australien a nommé une « Royal Commission into the Institutional Responses to Child Sexual Abuse» dont les attributions permettent aux commissaires de «look at any public or private organisation that is, or was, involved with children, including non-government organisations and government agencies (including police and justice) schools, sporting clubs, orphanages, foster care, and religious organisations.»  L’opposition qui s’intéresse à ce qui se passe au MITD aurait tout intérêt à soutenir une telle initiative du gouvernement avec un juge de la Cour suprême à la tête de la commission.

La complexité de ce problème démontre jusqu’où ceux qui affublent cette communauté de 1,2 million de Mauriciens de «Mauritius Incorporated», se mettent le doigt dans l’oeil. L’île Maurice est faite d’êtres de chair et d’os avec leurs différences, leurs forces et leurs faiblesses. Les enfants de la nation mauricienne, mêmes les plus déshérités, ne seront jamais assimilables au passif d’une «société morale» à responsabilité limitée. Notre bilan à nous ne se mesure pas à l’aune de la valeur boursière mais à la richesse des âmes telles que la presse nous a permis d’entrevoir au sein de Safire et de Open Mind.

24 April 2013

Maya's storm in a tea cup

Par Jean-Mée DESVEAUX
L'express du 24 avril 2013


Maya Hanoomanjee soulagée d'avoir été blanchie par le DPP.

LE communiqué de presse du Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Satyajit Boolell, est tombé la semaine dernière. Le DPP est satisfait que l’ICAC «has carried a thorough and careful investigation», mais les preuves formulées contre l’honorable Maya Hanoomanjee «do not constitute a sufficient basis to meet the required standard (beyond reasonable doubt) for a prosecution under section 7 of POCA for misuse of her office for a gratification». Il a ainsi jugé qu’il n’existait pas, dans le cas présent, de «reasonable prospect of securing a conviction» contre cette élue.

Pour constituer une offense sous l’article 7(1) et 9 du POCA, il aurait été nécessaire de démontrer de façon indubitable que l’accusée a utilisé sa position et qu’elle a entrepris «deliberate steps for the purpose of a gratification for the shareholders of MedPoint». Le DPP fait bien ressortir que le fait qu’un fonctionnaire se sente sous la pression de sa supérieure ne suffit pas en soi pour satisfaire le «evidential test» du POCA.

Avec un tel arsenal judiciaire érigé pour s’assurer qu’un innocent ne finisse pas au banc des accusés, on pourrait être tenté de conclure que les lois sont trop timorées pour arrêter la gangrène qui attaque lentement et sûrement notre pays. On aurait tort car les arcanes de la loi ont quand même permis au DPP de faire une avancée majeure dans l’élucidation de certains tenants et aboutissants du scandale du siècle. Ainsi, nous savons aujourd’hui qu’il a été «decided in advance that MedPoint would be the successful bidder» et que la réallocation des Rs 50 millions provenant de la décision de ne pas aller de l’avant avec le «Women and Children Hospital» visait à «meet the amount that MedPoint had bid». Le scandale du siècle a donc bien existé en dehors du cerveau fiévreux d’un leader de l’opposition manquant de sujets pour ses PNQ !

La preuve en est que deux officiels, dans ce maillon d’influences occultes au plus haut niveau de l’État mauricien, sont jugés passibles d’être poursuivis sous le POCA. Des accusations formelles ont été faites contre M. Y. Bissessur, le directeur du valuation office de l’Etat, pour avoir usé de sa position pour hausser la valeur du bâtiment qui abritait l’ancienne clinique de Rs 75 à Rs 120 millions au profit des actionnaires de MedPoint. Quant à M. Jeebodhun, le Government valuer, il est accusé d’avoir procédé à une seconde évaluation de la clinique, en gonflant la somme initiale au profit des mêmes actionnaires de MedPoint.

Ce qui précède reste la toile de fonds contre laquelle, à tort ou à raison, le pays se souviendra désormais du profil de l’honorable Hanoomanjee, ministre de la Santé durant ce scandale. Cet épisode est d’autant plus remarquable que c’est la première fois dans les annales de cette petite République, pourtant mithridatisée contre les «roder de bout» de toute sorte et les appels d’offres les plus cocasses, que la spoliation des fonds publics se fait avec une telle audace et si manifestement. C’était, ni plus ni moins, un doigt d’honneur magistral de la classe politique (unifiée pour une fois) à un pays stupéfié qu’elle tient en profond mépris.

Madame Hanoomanjee, dans une interview à l’express dimanche du 14 avril, s’est dit soulagée. On la comprend. Elle ne partagera plus les nuits blanches qui sont désormais réservées à ses subalternes durant l’affaire MedPoint. Le DPP a fait son travail de professionnel et il a le mérite d’être le premier à motiver ses décisions, ce qui montre un signe de respect pour un peuple souvent dépassé par la décision de ses prédécesseurs. L’ex-ministre de la Santé n’est plus dans son viseur. Soit. Echappe-telle, du même coup, à un examen minutieux de son comportement de la part du citoyen mauricien ? La réponse à cette question provient de cette él ue elle-même. Elle promet qu’elle sera candidate aux prochaines élections, elle sera ministre de la Santé et, en passant, se vengera de ceux qu’elle considère comme ses ennemis, une fois arrivée au pouvoir. C’est donc en sa capacité d’homme d’État, cette fois, que l’opinion publique doit aujourd’hui porter son regard sur le comportement de l’honorable Hanoomanjee. 

Si le DPP a le droit d’insister sur le critère «beyond reasonable doubt» pour arriver à ses conclusions, la population se doit, pour sa part, avant de choisir ses élus, de s’assurer qu’ils soient non seulement motivés à défendre, bec et ongles, les intérêts de la République mais encore que leurs démarches «appear to be so». Pouvons-nous conclure que le track record de cette élue démontre qu’elle est clairement motivée à respecter et à faire respecter le patrimoine de l’Etat et les institutions érigées pour le défendre? L’intérêt public exige une réponse.

Le lecteur se souviendra d’une polémique en 2005 quand, au lendemain des élections, dans une interview accordée à l’express, je révélais que j’avais claqué la porte du conseil d’administration de la Mauritius Revenue Authority (MRA) après que Madame Hanoomanjee, la chairperson, et le représentant du State Law Office, eurent tout fait pour éviter qu’une personne de poigne, tel Bert Cunningham ou le patron d’Interpol, prenne les rênes de la MRA et introduise les réformes nécessaires pour nettoyer la douane. J’avais personnellement oeuvré pour la création de la MRA dans ce but depuis 2001 et j’étais effaré de voir que ces responsables mettaient en péril une réforme qui visait à contrôler la pénétration de la drogue dans le pays et sauver des dizaines de milliers de jeunes Mauriciens. Il m’a paru alors que, confrontée à un choix très clair, la Chairperson de la MRA se conduisait nettement en «politique», quitte à sacrifier l’intérêt du pays. Sa démarche semblait être d’éviter à tout prix d’offenser le syndicat de la douane qui protégeait des éléments hautement indésirables au sein de cette institution. 

L’expérience de M. Jairaj Hauroo, président du Bid Evaluation Committee, qui a finalement penché pour le choix de la clinique MedPoint du Dr Kishan Malhotra, beau-frère de Pravind Jugnauth, m’a fait revivre ces moments au sein du board de la MRA. Si je n’avais pas eu le loisir de me soustraire à cette instance au moment précis où je l’ai fait, j’aurais pu aujourd’hui être justement critiqué d’avoir gravement manqué à mon devoir d’oeuvrer à la réforme de la douane en tant que board member de la MRA. Le lien causal entre la corruption à la douane et le sort de nos milliers de jeunes drogués ne faisant aucun doute dans mon esprit, j’aurais, aujourd’hui encore, à vivre l’opprobre du pire des juges qui soit : sa propre conscience.

M. Hauroo, fonctionnaire de son état, a déclaré alors que Madame Hanoomanjee, cousine du ministre des Finances et proche du leadership du MSM, a nié les échanges suivants durant une réunion dans le bureau de la ministre : «Mo tann dir ou pe fer difikilte concernan sa proze la. Ki problem ou ena ladan ? Depi trwa mwa pe enkor ale meme avek sa. Enn sel lopital ena ladan. Dabidin avek Utchanah (contre lequel le DPP recommande des mesures disciplinaires) pa finn fini koz avek ou ?» Quiconque a eu la malencontreuse idée de contrarier la volonté affichée de l’honorable Hanoomanjee, au sein d’un comité, n’a besoin d’aucun effort d’imagination ou d’empathie pour comprendre le fonctionnaire quand il se plaint de se sentir «under pressure». Selon le communiqué du DPP, ce ne fut pas là la seule occasion où M. Hauroo s’est senti sous pression. Un mois plus tard, toujours dans le bureau du ministre, alors que l’exercice d’évaluation tirait vers sa fin, M. Hauroo relate cette remontrance de la ministre : 

«Ki zot pe fer avec evaliasyon ziska ler ? Mo pe gagn presyon depi lao e ou kone li enn proze gouvernman. Tou papier zot fini gagne e li kler ki ena enn sel klinik ki pou gagne e ou konn byen se klinik MedPoint ki bizin gagne.»

La raison qui aurait poussé ce fonctionnaire à confabuler et concocter une telle histoire pour embarrasser la ministre, si tel est le cas, restera probablement toujours un mystère. Toujours est-il que l’analyse du DPP est que ces échanges ne constituent pas une instance de pression occulte.

Comme révélé par deux de nos collègues durant la semaine, il est à noter que le DPP n’a pas jugé utile de citer un autre échange qui, plus encore que les extraits précités, démontre la tension palpable qui existait à ce moment entre ces deux importants protagonistes du scandale du siècle.

M. Hauroo a déclaré à l’ICAC que la ministre lui aurait dit : «Si ou kontinye koum sa, mo pou raport ou avec Head of Civil Service et mo pu pran sa dan Cabinet, kontinye ou pou kone.» Cette partie de l’échange est intéressante, à la lumière de ce que nous dit par ailleurs le DPP. «A prosecution under section 9 of the Prevention of Corruption Act would have to establish that threats were made with a view to influencing the tender exercise.» 

La justice a suivi son cours et la page est tournée en ce qui concerne le procès de l’ICAC contre Madame Hanoomanjee, décision que nous nous devons de respecter. Cela ne saurait nous empêcher de suivre, pour les raisons indiquées en haut, d’un regard tantôt amusé et tantôt quasi admiratif, les prouesses de cette élue. Si Madame Hanoomanjee sait faire une chose dans sa carrière, c’est bien de se montrer extrêmement convaincante. Abordant la question de son avenir politique post MedPoint avec son chef de parti, Pravind Jugnauth, elle déclare à l’express dimanche du 14 avril

«Quand on me marche sur les pieds, je crie. Quand j’ai senti que le MSM pouvait me mettre à l’écart, j’ai mis les points sur les ‘i’ avec Pravind… Je lui ai dit ‘que tu le veuilles ou non, je serai candidate en 2015. Même en indépendante s’il le faut. » 

 Elle ajoute : «Pravind a compris !» Si l’interview ne permet pas de savoir si le leader du MSM a eu à s’éponger le front à la conclusion de cette petite entrevue, ce qu’on peut dire c’est que M. Hauroo, lui, ne faisait pas le poids devant cette dame.

Dans l’interview, Madame Hanoomanjee, décidément en verve et très sûre d’elle, concède qu’elle était au courant que «l’appel d’offres avait été taillé sur mesure pour favoriser le Dr Malhotra». Un gros aveu pour une ministre qui avait, à ce moment, le devoir de s’opposer à toute tentative de corrompre le processus d’appel d’offres. Mais le choc atteint son apogée quand, après avoir admis que le processus mis en place pour sauvegarder l’intérêt de l’État dans l’achat de MedPoint pour Rs144 millions a été adultéré, elle ajoute : «L’affaire MedPoint est une tempête dans un verre d’eau !»

On ne peut que conclure que pour des âmes moins bien trempées que la sienne, le scandale de MedPoint, dans une île Maurice qui ne peut offrir un abri respectable à des enfants indigents, est moralement à des années lumières du proverbial «storm in a teacup». Grave entorse à l’éthique au niveau national, le scandale MedPoint a laissé des séquelles et des dommages collatéraux au niveau politique, moral et légal. Bien qu’elle ne soit pas mise en cause pour corruption par le DPP, son rôle dans cette tempête requiert, pour le moins, un réajustement de ses ambitions politiques qui cadrerait avec la stature morale qu’elle déciderait à prendre dans un horizon plus ou moins lointain au sein de la vie publique du pays.

Elle avoue qu’une réflexion est déjà enclenchée par les autorités de son parti et celui de ses alliés «qui ne voulaient pas entendre parler» de sa candidature aux prochaines élections. Il n’y a pas de doute qu’elle fera tout pour persuader ces responsables de ne plus la mettre dans la dernière rangée lors des conférences de presse. Pour le respect des institutions de la République, la réponse à ces requêtes doit continuer à être un niet catégorique. Cela pourrait donner le signal décisif qu’un tournant dans notre descente aux enfers de la mauvaise gouvernance est enfin amorcé.

13 April 2013

Reaction to report of the ASP Port

Par Jean-Mée DESVEAUX

Lexpress du 13 avril 2013



The letter of the Assistant Superintendent of Police (Port) to the Police Commissioner has not gone unnoticed by a bereaved nation.

The whole country was reeling under such a shock at the tragic loss of lives of our compatriots that the designation of that national calamity as an “incident” was suggestive of a certain callousness. But proceeding further into the communiqué, it was going to get much worse. I had to reread the fifth paragraph several times before I could believe the language used to describe the retrieval by the police diving team, of the remains of six of the deceased: “A reconstruction exercise in company of divers who FISHED OUT six bodies was effected at the Southern Underpath."'

Language conveys meaning, attitude and values, sir. If, as an ordinary Mauritian, I found equating the retrieval of so many loved ones to a fishing expedition shocking, how downright offensive must this have been deemed by the bereaved families. So much for the form and lack of decorum and empathy, let us now look at the technical question raised by that retrieval.

I watched an MBC bulletin where the police captain of the diving team that had participated in the “rescue” operation described that process. The Captain of the team explained that the diving team only dived into the watery grave once a sufficient amount of water had been pumped out so as to leave a layer of air between the level of the water and the ceiling of the tunnel. He explained that this was for the protection of the members of the diving team in case they encountered a problem and had to resurface without air.

It was unclear whether the description applied to both the tunnels and the waterfront parking. That the police divers would only dive into a site where several Mauritians are known to have been trapped if and when the water had receded enough to allow them to breathe at the surface is shocking. What that means is that if one of the victims had miraculously found a nook or cranny containing a pocket of air, his chances of survival would have evaporated due to the reaction time of the diving team finding pumps, electricity etc.

A trained police scuba diver has an air bottle of some 15 litres on his back. He can even have two if he wishes, but let us limit him, for arguments sake, to a one bottle backpack. At the surface above the water, this means he or she has 3000 litres of air in the bottle. Supposing that he was to spend all his time at the bottom of one of the two tunnels (say 5 metres in depth), he would be under a pressure of 1.5 atmosphere and would have 2000 litres to breathe. A recreational diver could breathe a good 15 litres per minute but a thoroughly trained and specially selected police diver would be sure to breathe 10 litres per minute only. He can therefore breathe for 200 minutes without resurfacing (three hours and thirty minutes) at the deepest point in the tunnel. Making allowance for the parking being deeper, we are still talking of a lot of time without need to resurface. In addition, the basic protocol of all diving is that one only dives with a buddy who is always next to you if you run out of air. All divers must have two regulators (the one they use to breathe and the “octopus”, second regulator, that is used by a buddy if he or she runs out of air). In other words, the balance of probabilities is this: a team of divers with a breathing autonomy of more than three hours each, hesitating for hours to enter a watery trap, the depth of a swimming pool, to try to rescue members of the public that might still be alive.

What that MBC interview therefore amounts to is this. In spite of the odds of running out of air during their dive in the tunnel being, if not zero, at least extremely minimal, our police force would wait for hours for the water to recede before venturing to ascertain if any helpless victim has survived the catastrophe. The questions that come to mind are numerous: Can the Commissioner confirm the veracity of what was aired on MBC as described above? If that MBC news reel conveys the actual state of affairs, is this the normal rescue protocol in other police forces internationally? Next time, we are faced with a similar tragedy, will the professional police divers continue to choose a zero risk to themselves even if it means a death sentence for any one trapped alive?

14 November 2012

Nul n’est prophète en son pays

Par Jean-Mée DESVEAUX

L’express du 14 novembre 2012
 
L’ironie veut que la Mauritius Revenue Authority (MRA), ayant failli d’assainir son Customs department, ait ainsi raté l’occasion de mettre en œuvre le mécanisme apte à bloquer les barons de la drogue en aval. Il ne lui restait donc qu’à adopter la stratégie présente de percevoir une cote part sur l’argent gagné sur le cadavre des enfants mauriciens.

Les frasques de Gro Derek et la réclamation de Rs20 millions que lui fait la MRA pour fraude fiscale ouvrent un chapitre que je croyais clos avec l’article que j’écrivis dans l’express du 15 septembre 2008, intitulé : « Goodbye Bert, Welcome narco paradise ! ».

Le lecteur se souviendra que l’avènement de la MRA en 2005 visait essentiellement à réformer la Mauritius Customs. A la tête de la douane depuis 2003, Bert Cunningham avait réussi à colmater les brèches énormes qui existaient jusque-là dans les recettes douanières du pays. Mais il devenait évident que Cunningham n’allait pas pouvoir mener à bien sa réforme dans les conditions administratives qui prévalaient alors au sein du Customs. Le «dead wood» ainsi que les «rotten eggs», qui faisaient dire à Cunningham qu’il était à la tête de la douane la plus corrompue au monde, étaient protégés par les conditions du service civil.

Pour échapper à ces contraintes archaïques et repositionner la douane sur une base saine, moderne, transparente et où prévaudrait enfin le principe de l’«accountability», il n’y avait qu’une solution possible : l’institution d’une MRA. Elle engloberait naturellement non seulement la douane mais aussi tous les autres bureaux du fisc, tels la TVA, l’Income Tax et le Registrar General, entre autres, au sein d’une organisation où la flexibilité et l’efficience du secteur privé primeraient. Le principe fondamental de cette institution allait être : «ability to hire and fire», de recruter les meilleurs talents et de résilier le contrat des employés non performants ou corrompus.

C’était sans compter l’influence du Syndicat de la douane et de ses amis à l’intérieur du nouveau Board de la MRA. En effet, à côté du Special Adviser de Paul Bérenger que j’étais, il y eut sur ce Board, deux membres de taille qui n’avaient pas la même exégèse sur l’assainissement de la douane : 1) Mme la Permanent Secretary Maya Hanoomanjee, qui s’est créé, depuis, un profil politique remarquable en tant que ministre de la Santé. 2) Le Solicitor General, beau-frère du No 2 de la douane qui agissait comme acting Comptroller of Customs jusqu’à l’arrivée du Canadien à la tête de la douane deux ans plus tôt.
 
La première tâche du board était de recruter le directeur de la MRA parmi les nombreux candidats qui avaient postulé, dont Bert Cunningham, le chef d’Interpol et M. Sudhamo Lall, l’actuel Directeur général (DG) de la MRA. Il y eut deux rounds dans la sélection. Le deuxième round s’appuyait sur les qualités intrinsèques et le track record de «leadership for change» que les deux Anglophones remplissaient à merveille. Le premier round se basait sur les qualifications académiques. Il était clair, au sein du board, que si le chef canadien de la douane mauricienne ou le chef d’Interpol passait l’obstacle des qualifications académiques et expérience, l’un d’eux aurait été automatiquement choisi pour la position de DG. Ce DG aurait alors eu la personnalité et l’expérience nécessaires pour pousser la réforme de la douane jusqu'à sa conclusion logique d’un assainissement des ressources humaines de la douane de haut en bas. L’histoire doit retenir qu’aucun de ces deux hommes ne fut nommé en raison des objections des deux membres les plus puissants du board. Cunningham et le chef d’Interpol n’avaient pas, selon eux, les qualifications ou l’expérience requises.
La MRA réclame Rs 20 millions à Gro Derek pour fraude fiscale.

Ayant en vain insisté que les critères avaient été pervertis pour faire le jeu du syndicat des douanes, refusant de cautionner l’adultération grossière d’un recrutement sur lequel dépendait l’avenir du pays, je soumis ma démission au Premier ministre en tant que membre du Board de la MRA.

La MRA hérita d’un DG rêvé en ce qui concerne le syndicat des douanes. J’avais correctement anticipé la tournure qu’allaient prendre les choses. Le tri qui devait se faire en vue d’enlever les éléments indésirables de la douane avant qu’ils ne soient recrutés au sein de la nouvelle MRA demandait quelqu’un qui avait de la poigne. Ceci fut relégué aux oubliettes. Tous eurent la hausse salariale du nouveau système sans que personne toutefois ne subisse les inconvénients d’une plus grande rigueur. La tâche de trier le bon grain de l’ivraie, toujours en foison au sein de la nouvelle douane, fut reléguée aux calendes grecques.

Il n’est pas nécessaire de faire une régression linéaire économétrique pour savoir que la progression inexorable du fléau de la drogue à Maurice est en corrélation directe avec la faiblesse de la Mauritius Customs. La part de cette progression cancéreuse due au vide causé par la maldonne administrative décrite en haut reste du domaine des thèses académiques. Il ne faut pas oublier de comptabiliser les « positive externalities » que nous avons perdus en même temps. Avec un Customs hyper actif de Cunningham, même l’ADSU, d’ordinaire assez balourd, avait subi l’effet de l’émulation et se dépatouillait pour essayer d’arriver avant les hommes du Canadien sur la scène du crime.
 
Maurice est, de nos jours, au hit parade des pays où les marchands de la mort et leur fléau décime les jeunes, sans discrimination aucune - une première chez nous. Une visite à la prison de GRNW me démontrait le nombre de petites têtes blondes qu’on pouvait y compter en 2004.

D’autre part, il ne faut pas rêver. Gro Derek parti, s’il ne réussit pas à diriger son empire à partir de sa cellule de Beau-Bassin, quelqu’un d’autre viendra prendre sa place comme cela se fait régulièrement, depuis des décennies, au Mexique. Car à Maurice, plus encore qu’au Mexique, le « barrier to entry » dans ce domaine est très très bas. Ce nouveau venu aura le même « red carpet treatment » des concessionnaires de voitures des marques les plus prestigieuses, plus soucieux de l’enveloppe mensuelle de leur vente que de l’image qu’ils projettent ainsi à la société toute entière. Ces nouveaux caids, dans bien des cas, s’accommoderont aussi, comme celui qui les a précédés, des personnalités politiques de l’endroit. En échange, ils leur demanderont un petit coup de main lors de la prochaine élection. Un politicien, par définition couard, n’a pas les nerfs qu’il faut pour ignorer une sommité de l’endroit. Son or caché, même sous la putréfaction des corps de ses victimes, peut toujours être un atout majeur lors d’une élection.

''A l'instar des plus belles roses, Maurice surgit, toute belle, d'un lit de fumier.''

 

C’est ici qu’intervient Monsieur Lall en fin stratège. Admettons, il n’a pas la pugnacité des deux Anglo-saxons précités. Mais, à chacun sa force et la sienne ne saurait décevoir. Dès le début, le DG s’est montré une vraie planche à billet pour le gouvernement mauricien et il mérite d’être félicité pour cela. Sous sa férule, la MRA a engrangé des sommes mirobolantes qu’il s’agisse au niveau de la TVA ou à celui des autres (Grand ou Petit) contribuables. Mais de loin, là où il risque de mériter une place, et pas des moindres, dans l’histoire des institutions fiscales de ce pays, c’est dans sa dernière initiative d’atteler sa machine fiscale aux trafiquants de drogue. Il a perdu la bataille de la réforme de la douane qui aurait visé à éradiquer le fléau de la drogue à sa source. M. Lall se sait mal préparé pour mener la bataille en amont, il les attend en aval. Faites votre fortune messieurs, dames, parrains et marraines. Je suis le percepteur qui vous attend au tournant et je jure que je vous traiterai avec la même rigueur que je traite IBL, Rogers et autres MCB. L’express du mardi 6 novembre nous apprend que « les transactions et revenus engendrés par ce trafic de drogue allégué n’impliquant pas moins d’une dizaine de suspects tourneraient autour de Rs200 millions selon les informations des milieux proches de la MRA. Une somme qui pourrait être révisée à la hausse. » C’est ainsi que le ministère des Finances juge les Rs 20 millions très en-deça du chiffre qu’il désire voir réclamer.

Imaginant que les parrains et marraines, concurrents de monsieur Gro Derek, aient engrangé une fortune non moins colossale durant leur propre incursion dans le domaine du secteur privé mauricien, on pourrait estimer leur chiffre d’affaires à quelques milliards de roupies. Frapper des impôts sur une telle somme est, sans nul doute, une aubaine pour la MRA et les finances publiques. Après tout, n’est-ce pas un secret de polichinelle qu’un grand nombre des beaux bâtiments de la Cyber City provient des caisses de l’argent sale qui aide ainsi au développement économique du pays. A l’instar des plus belles roses, Maurice surgit, toute belle, d’un lit de fumier.

Il n’existe pas de place dans le bilan des finances nationales pour la vie des enfants fauchés à la fleur de l’âge. Ces vies qui refusent d’être réduites à un 0 ou à un 1 digital sur un fichier Excel n’ont donc absolument aucune valeur. Il n’existe pas non plus, au sein de ce pauvre pays, des âmes moins fortes que ceux qui arbitrent ce combat et qui pourraient demander ce que ces milliards de roupies taxés par la MRA représentent en termes d’enfants, de conjoints, de frères et de mères enlevés prématurément durant ces sept ans d’existence de la MRA par le fléau de la drogue. Combien de cadavres faut-il pour rendre une entrée d’un million de roupies en impôts acceptable à un Etat qui se respecte ? Dix cadavres par million de roupies serait-il un sacrifice acceptable ou n’est-ce pas assez ?

Sommes-nous trop idéalistes de mettre autant d’accent sur ces êtres mal adaptés qui auraient, de toutes façons, grevé les finances publics encore plus en termes de soins médicaux s’ils n’avaient pas été aspirés par cette sortie prématurée, infiniment triste et si douloureuse. N’est-ce pas là, après tout, l’image même du modèle darwinien de la survie des meilleurs gènes dans une société capitaliste à outrance comme celle que nous sommes en train de construire à Maurice? Pour subvenir au coût imposé par ceux qui survivent, la MRA semble nous dire qu’il faudrait faire abstraction des beaux sentiments et mettre en veilleuse toute émotion relative à ces êtres appelés à disparaître inéluctablement comme l’imposent les lois de notre jungle.

28 July 2012

PUBLICATION JUDICIAIRE

J.J.M DESVEAUX VS LE DEFI PLUS LIMITEE & ANOR


LES DEFENDEURS RECONNAISSENT QUE LES ARTICLES DONT SE PLAINT LE PLAIGNANT LUI ONT CAUSE UN PREJUDICE. LES DEFENDEURS RETIRENT SANS RESERVE LES ALLEGATIONS FAITES ET PRESENTENT LEURS EXCUSES AU PLAIGNANT.


Le Defi-Plus du 28/7/2012

05 June 2012

PNQ: Le métro léger un blanc-seing à Singapour, a déclaré Bérenger

Le Mauricien du 5 juin 2012

Le leader de l’opposition Paul Bérenger a mis en garde contre l’éventualité d’un blanc-seing du gouvernement aux Singapouriens lors de l’exécution du méga-projet de métro léger. Il a fait un appel pour que les autorités n’abdiquent pas la souveraineté de Maurice lors de la signature des accords. Tout en reprenant en pas moins de trois occasions que le gouvernement veut que les procédures pour l’octroi des contrats pour le projet de métro léger soient entreprises dans la transparence et l’équité, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques Anil Bachoo n’a pas fourni de détails quant au calendrier d’exécution de ce projet ou autres détails relatifs, comme le coût du ticket de métro. Il s’est contenté de répéter que c’est le souhait du gouvernement que les travaux sur le projet de métro léger puissent démarrer l’année prochaine. À l’interpellation supplémentaire du leader de l’opposition sur la date de la mise en opération de ce Mass Transit System entre Curepipe et Port-Louis, le ministre a tout simplement répondu qu’il n’en avait aucune idée et qu’il faudra attendre le rapport des Singapouriens.

Le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques a ajouté que le rapport au sujet du Due Diligence Exercice entrepris sur la proposition soumise par la Singapore Co-Operation Enterprise et le Singapore Mass Rapid Transit devra être soumis dans un délai maximal de deux semaines. Par la suite, un expert indien, dont les services ont été obtenus par le truchement de la coopération indo-mauricienne, devra valider le rapport.

Le délai accumulé dans la réalisation de ce projet, soit sept ans pour le leader de l’opposition, a soulevé des passions. Anil Bachoo devait attribuer ce délai à l’ancien représentant du Prime Minister’s Office Jean-Mée Desveaux, avec un gel du projet en 2004. De son côté, le Speaker Kailash Purryag est intervenu de manière diplomatique pour dire au VPM et ministre des Infrastructures publiques qu’il ne fallait pas s’emporter et qu’il fallait faire preuve d’une meilleure maîtrise dans le choix des mots au sein de l’hémicycle.

Bérenger : Par rapport au projet de métro léger, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques peut-il révéler à la Chambre si les coûts révisés pour la mise à exécution de ce projet dans le domaine du transport en commun, les options de financement envisagées, le coût du ticket pour les différents trajets, le choix des équipements, le tracé identifié, les répercussions sur l’emploi dans l’industrie du transport et si les autorités ont eu recours à un Request for proposals, ont fait l’objet de discussions avec la Singapore Co-Operation Enterprise et la Singapore Mass Rapid Transit, et le nombre de fois que le Steering Committee local s’est réuni, et confirmer si un partenariat public/privé avec la firme de Malaisie, Platinum Venture Group of Companies, est à l’étude ?

Bachoo : Comme la Chambre le sait, ce projet de métro léger a fait l’objet de nombreuses études depuis les années 90. La conclusion de toutes ces études est qu’un Mass Transit System s’impose en vue de trouver des solutions aux problèmes de transport en commun et aux nouveaux défis dans la conjoncture socio-économique. Des deux options possibles, soit le Bus Rapid Transit ou le Light Rail System, nous privilégions le Light Rail System. D’ailleurs, le programme du gouvernement 2012/2015 fait état explicitement d’un Mass Transit System pour connecter le pays en entier.

Dans cette perspective, lors d’une mission officielle à Singapour en septembre 2010, le Premier ministre Navin Ramgoolam a sollicité l’expertise des Singapouriens en la matière. Nous avons voulu prendre avantage de l’expérience de Singapour et un accord de gouvernement à gouvernement avait été convenu avec la Singapore Co-Operation Enterprise en vue de bénéficier des services. La Singapore Co-Operation est une agence des ministères de l’Industrie et des Affaires étrangères en vue de faciliter la coopération avec d’autres pays.

Suite à des consultations entre les autorités de Singapour et de Maurice, des propositions furent soumises en septembre 2011. Elles concernent :
– l’alignement du tracé sur le corridor Curepipe/Port-Louis ;
– une analyse économique, dont le montage financier nécessaire, pour la mise à exécution du projet de Light Rail System :
– l’élaboration de « concept and preliminary design » susceptible d’intéresser le marché sous forme de « suitably qualified delivery entities and to invite priced tenders from the entities » ;
– et le projet d’extension du métro léger vers le Nord et vers le Sud en vue de desservir toute l’île.

En décembre de l’année dernière, nous avons dû apporter des amendements à la Public Procurement Act en vue d’inclure un exercice de Due Diligence pour tout accord de gouvernement à gouvernement en vue de s’assurer que « we get value for money ».

Le 27 avril 2012, un Due Diligence Committee sous la présidence du Supervising Officer du ministère des Infrastructures publiques a été institué. Des représentants du ministère des Finances et de l’Attorney General’s Office siègent également sur cette instance. Entre-temps, le gouvernement a sollicité et obtenu les services d’un expert indien en la matière en vue de valider les propositions et les conclusions de l’exercice. Ce n’est qu’après réception du rapport de l’expert indien qu’un accord pourra être signé avec la Singapore Co-Operation Enterprise. Ce n’est qu’à la réception de ce rapport que nous allons prendre connaissance du trajet du métro léger, du coût de réalisation du projet ou encore du coût du ticket.

Le Steering Committee est présidé par le secrétaire au Cabinet et cette instance s’est réunie en pas moins de 15 occasions. La première réunion s’est déroulée le 7 octobre 2010 et la dernière en date le 31 mai dernier.

Le ministère des Infrastructures publiques n’est au courant d’aucune proposition de la Malaisie. Au cas où une telle démarche est entreprise, les dispositions du Public Private Partnership seront suivies à la lettre. Aucune dérogation ne sera tolérée.

Bérenger : En réponse à la PNQ du 14 décembre 2010, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques avait déclaré qu’après une période de quatre mois, les Singapouriens devaient apporter des éléments de réponse aux interrogations contenues dans la PNQ. Je peux citer de larges extraits de la réponse du ministre. (À ce stade, le leader de l’opposition donne lecture des éléments de la réponse à la PNQ de décembre 2010 avec accent sur le délai de quatre mois pour les réponses.) Comme on peut le constater, tout devait être élucidé en une période de quatre mois. C’est le ministre qui le dit. Aujourd’hui, plus d’une année après, il nous dit qu’il faut attendre un exercice de Due Diligence sur les propositions formulées par les Singapouriens. Une perte de temps de plus d’une année. C’est totalement inacceptable.

Bachoo : Tout ce que nous entreprenons sera fait dans la transparence et l’équité. Je concède ce que j’avais alors déclaré. Mais au cours des discussions, nous nous sommes rendus compte d’une lacune majeure dans les accords de gouvernement à gouvernement. Nous avons dû procéder à des amendements à la loi pour inclure cette étape de Due Diligence. Mais quand l’amendement a été adopté, les Singapouriens ont fait le travail.

Bérenger : Maintenant dans une réponse formulée le 15 mai dernier, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques avait soutenu que le Due Diligence Committee allait soumettre son rapport dans deux semaines. Qu’en est-il aujourd’hui ? Qui préside ce comité ?

Bachoo : C’est le Supervising Officer du ministère. Un rapport intérimaire devra être soumis dans un délai d’une semaine. Ensuite, c’est l’expert indien, qui devra se mettre au travail.

Bérenger : Toujours dans cette même réponse, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques avait ajouté qu’un expert sera recruté pour valider l’évaluation du rapport du comité de Due Diligence. Comme se fait cet exercice de recrutement ?

Bachoo : Avec la collaboration de la haute commission de l’Inde à Maurice et dans le cadre de la coopération technique indo-mauricienne.

Bérenger : Avec le contrat pour les Project Management Services avec les Singapouriens, le gouvernement ne devra pas émettre un chèque en blanc (un blanc-seing). Le gouvernement a le devoir de ne pas abdiquer la souveraineté du pays pour la réalisation du projet de métro léger ?

Bachoo : D’un côté le leader de l’opposition dit qu’il y a eu perte de temps. De l’autre, il évoque la souveraineté du pays. Ce n’est nullement une question d’abdication de la souveraineté. La question est étudiée au niveau du Steering Committee, qui comprend des fonctionnaires expérimentés et qui ne vont nullement nous laisser tomber. Certes, il y a eu un délai. En 1995, le projet était déjà prêt…
La suite de la réponse du VPM est couverte par des remarques venant des deux côtés de la Chambre.

Bhagwan : Who was the minister in charge of the project at that time ? You have changed side…

Bundhoo : Pa tousse nou Bachoo !

Bérenger : Nous laisse sa pou Choonee !
À ce stade, le Speaker intervient pour rappeler à Anil Bachoo qu’il n’y avait pas lieu de s’emporter et qu’il serait préférable de faire attention au choix des mots.

Bachoo : I’m sorry ! Nous demandons à l’opposition de faire preuve de patience. Il y a eu un exercice de Due Diligence. Un expert est attendu de l’Inde pour un exercice de validation. We will accept nothing blindly. Le coût de ce projet est de plusieurs milliards.

Bérenger : Entre 2000 et 2005 avec l’aide de la Banque mondiale, nous avions engagé une somme énorme de travail sur le projet de métro léger. Puis après les élections générales de 2005, le gouvernement a gelé ce projet avant de le déterrer récemment. I’ll ask the vice-Prime Minister to go down memory lane…

Bachoo : Je ne voudrais pas être accusé de faire usage de “harsh words”. Mais en 2004, le projet était prêt. Lors d’une réunion, le représentant du Prime Minister’s Office, Jean-Mée Desvaux, a réclamé un gel du projet.

Bérenger : Elections were coming…

Le VPM poursuit sa réponse en brandissant une copie du procès-verbal de la réunion en question avant de la déposer sur la table de l’Assemblée nationale.

Bérenger : Elections were coming. We are not like you…

Speaker : Order ! Order ! Order !

Bérenger : Quelle est la somme qui a déjà été versée aux Singapouriens ? Quel est le montant prévu pour les Project Management Services à venir ?

Bachoo : This matter is being looked during the due diligence exercise. Je ne pense pas qu’il est approprié à ce stade de révéler des chiffres.

Bérenger : Récemment, la presse avait fait état de mécontentement venant de la part du ministère des Finances par rapport aux propositions des Singapouriens. Je n’ai pas vu de mise au point. Est-il un fait que le ministère des Finances a exprimé des réserves face à ces propositions ?

Bachoo : En fait, le ministère des Finances fait partie intégrante du projet. Sans le ministère des Finances, la réalisation d’un tel projet n’est pas possible. Nous travaillons en collaboration avec les Finances.

Bérenger : The minister is not replying as usual… Le ministre a fait état de 15 réunions du Steering Committee. Ces 15 séances de travail ont-elles eu lieu avec la partie mauricienne ou avec les Singapouriens ?

Bachoo : De ce que je comprends, il y a eu 15 réunions et parfois la partie singapourienne était présente.

Bérenger : Le ministre peut-il déposer à la Bibliothèque de l’Assemblée nationale des copies de ces délibérations ?

Bachoo : Je transmettrai la requête au secrétaire au Cabinet.

Bérenger : Pourrai-je obtenir confirmation si le coût des tickets du métro léger a été fixé en tenant en ligne de compte le barème pour les routes à péage (toll roads). Peut-il confirmer s’il y a un lien entre le prix du ticket du métro léger et le péage ?

Bachoo : Il y a une décision de principe du gouvernement pour le péage. Pour le ticket de métro, aucune décision n’a été prise. Nous préférons attendre les recommandations de Singapour.

Bérenger : Dans sa réponse du 15 mai, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques avait trouvé de manière très lyrique que le premier coup de pioche allait être donné l’année prochaine. Maintenant, nous venons d’apprendre qu’il y a un exercice de Due Diligence et ensuite une validation de ces résultats sans oublier l’accord pour les Project Management Services de Singapour. Croit-il encore que les travaux démarreront l’année prochaine ?

Bachoo : Le souhait est que les travaux démarrent l’année prochaine. L’expert pour la validation est attendu incessamment de l’Inde.

Bérenger : En ce qui concerne les propositions de la Malaisie, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques affirme qu’il n’en est rien à son ministère. A-t-il vérifié auprès des autres ministères cette information mentionnée dans la presse ?

Bachoo : J’ai vérifié mais il n’en est rien. Peut-être que des représentants sont venus pour faire du lobbying. Mais il n’y a aucune proposition.

Les députés Roopun, Jugnauth, Jhugroo, Uteem, Obeegadoo, Ameer Meeah et Ganoo ont pris le relais du leader de l’opposition avec des interpellations supplémentaires sur le projet de métro léger.

Bhagwan : Le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques peut-il préciser le rôle du Board of Investment dans ce projet. Le président du BOI, Maurice Lam, agit-il en tant qu’agent des Singapouriens ou que représentant des autorités mauriciennes ?

Bachoo : This has nothing to do with Maurice Lam…

Bhagwan : Al fer enn lanket to pou koné…

Lesjongard : Le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques peut-il confirmer que la Singapore Co-Operation Enterprise ne s’est jamais engagée dans la réalisation d’un projet de cette envergure ?

Bachoo : I’m not aware…

Baloomoody : Le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques a-t-il eu des consultations avec les syndicats des employés du transport en commun au sujet des répercussions de l’introduction du métro léger ?

Bachoo : Nous avons donné des garanties aux employés qu’il n’y aura pas de licenciements. Ensuite, il y a les feeder routes à desservir.

À une interpellation supplémentaire du député Ganoo, le ministre soutient que la transparence sera assurée par les exercices d’appel d’offres.

Bérenger : Le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques a fait état du début des travaux l’année prochaine. Peut-il révéler à la Chambre quand le métro léger sera opérationnel à Maurice ? D’abord sur le corridor Curepipe/Port-Louis, ensuite avec les extensions annoncées au Nord et au Sud ?

Bachoo : C’est notre souhait que les travaux démarrent l’année prochaine ; j’espère que tel sera le cas. Pour ce qui est de la mise en opération du métro léger, nous ne disposons d’aucun détail. Il faudra attendre le rapport des Singapouriens…

Bérenger : Le projet a accumulé un retard de sept ans Les coûts ont presque triplé. I’m disturbed. Ce projet nécessitera des dépenses de Rs 25 milliards au moins. Quelle garantie pour la sauvegarde de la souveraineté de Maurice ?

Bachoo : Le gouvernement veillera à ce que tout soit fait selon les procédures…


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L'express du 20 février 2005

 Bachoo se muscle avant de parler alliance


Pour mettre toutes les chances de son côté avant de commencer à parler officiellement alliance avec les Travaillistes, Anil Bachoo entend prouver ce qu’il a dans sa manche. Il s’est donc entouré d’une quarantaine de sympathisants pour sa première sortie officielle face à la presse. Il en a profité pour annoncer un premier congrès dans son fief de Centre-de-Flacq vendredi prochain.

Comme pour contrer toute accusation de communautarisme, le groupe a pris soin de panacher l’assistance à son point de presse vendredi à l’hôtel St-Georges, à Port-Louis. On a ainsi vu aux premières loges aux côtés des trois autres parlementaires qui ont pris leurs distances du Mouvement socialiste militant (MSM), Jocelyn Seenyen, ancien membre du Parti socialiste militant (PSM), puis du Mouvement militant mauricien (MMM) et du MSM et l’ancien ministre Noël Lee Cheong Lem, qui était, il y a peu, conseiller d’Anil Bachoo au ministère des Infrastructures publiques.

Étaient aussi présents, Bala Teeroovengadum, qu’on avait vu en compagnie des rouges lors de la campagne pour la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart ; Swadick Peerally, un ancien MMM, qui a ensuite roulé sa bosse au PMSD, puis au MSM ; Parmanand Ramlackhan, un ancien du Mouvement des travaillistes démocrates ou encore Mario Augustin qui avait dans le temps milité au sein du PSM d’Harish Boodhoo.

Pour cette première sortie publique, Anil Bachoo s’est cependant gardé de donner des précisions sur la création de son parti, préférant sans doute garder la primeur pour ses partisans dans sa circonscription.

Il est toutefois revenu sur les raisons avancées pour justifier son désaccord avec la direction du MSM : mollesse de Pravind Jugnauth, jugé « pas fit and proper person pou lead sa parti la » avec pour conséquence que le MSM est aujourd’hui devenu « un dormant partner en déphasage avec son électorat ».


Ligne de communication avec Ramgoolam

Tout en concédant que c’est bien lui qui avait proposé le nom de Pravind Jugnauth à la direction du MSM, on sent cependant qu’il a du mal à digérer la chose. Il a ainsi, et à plusieurs reprises, utilisé le terme de « garson la » en parlant de son ancien leader comme pour bien souligner la vitesse de son ascension à la tête du MSM.

Ses reproches ne s’arrêtent cependant pas au leader du MSM et à son entourage. Il accuse Paul Bérenger d’avoir réduit « le cabinet system of government à un priministerial system of government en accaparant des dossiers contrairement à sir Anerood Jugnauth qui accordait les coudées franches à ses ministres ». Jean-Mée Desveaux, conseiller du Premier ministre, qualifié de ''Senior Minister'', en prend également pour son grade.

Tout en prédisant que la direction du MSM « conduit le parti à sa perte », Anil Bachoo a préféré garder ses cartes dans sa manche. Il nie toute négociation avec le Parti travailliste et se contente de dire qu’il a toujours conservé « une ligne de communication avec Navin Ramgoolam ».
 

15 November 2011

PARLEMENT: L’ancien conseiller de Bérenger dans le collimateur d’Assirvaden

Le Mauricien du 15 novembre 2011

Le député de la circonscription La Caverne / Phœnix a répondu hier aux interrogations de l’opposition sur « la nomination d’un président du CEB sans passer par un board ». Citant le cas de l’ancien conseiller spécial de Paul Bérenger Jean-Mée Desveaux, Patrick Assirvaden a déclaré que « l’opposition a une mémoire sélective ».

« Comment peut-on recruter directement un General Manager du Central Electricity Board sans passer par un conseil d’administration ? L’opposition semble avoir la mémoire courte ! » C’est ce qu’a soutenu hier le député de la majorité Patrick Assirvaden. « Eux aussi, sous Paul Bérenger, n’étaient pas passés par les membres du board », a-t-il lancé en faisant allusion au cas de Jean-Mée Desveaux, ancien conseiller spécial du leader de l’opposition Paul Bérenger.

« Jean-Mée Desveaux siégeait à l’époque sur 17 boards différents, ce qui lui a valu une rémunération de Rs 370 000 par mois », a expliqué Patrick Assirvaden. Il a attribué le black-out de 2007 à l’ancien conseiller spécial de Paul Bérenger. « La moitié du pays s’était retrouvée dans le noir ! Qui avait acheté les turbines ? Il n’y a aucune trace du contrat…», a avancé le député du Ptr.

Le président du Parti travailliste (Ptr) a aussi rappelé la nomination de Jyoti Jeetun en tant que « Chief Executive Officer du SIT en 2003 . Dans son contrat, il est stipulé qu’elle a droit à une free use of company credit card, aux loyers et services d’un cuisinier payés… pourtant elle n’est pas étrangère ! »

Patrick Assirvaden a une fois de plus tiré à boulets rouges sur le MSM. « Avec ce parti, on était dans l’embarras. On était mal à l’aise… » Il a également justifié la conviction de l’Alliance de l’Avenir à poursuivre son mandat en soutenant : « On avait pris un engagement. »

Le député rouge n’a pas manqué de saluer le Budget 2012 présenté le vendredi 4 novembre par le ministre des Finances Xavier-Luc Duval. « On observe au niveau international des choix d’austérité. Ce qui est le cas en France. En période de crise, ce sont les acquis sociaux qui sautent. Ce budget présente cependant un mélange de soutien et de relance. »

Patrick Assirvaden a aussi félicité le Grand argentier d’avoir « investi dans le quotidien des enfants pauvres ».