JM et les chefs coutumiers de la République démocratique du Congo

20 November 2005

Ce qui dégoûte Cunningham

l'express du 20/11/2005

«Cunningham go home. » Ces mots ont trop souvent été écrits sur des pancartes devant le quartier général de la douane à Port-Louis. Depuis son arrivée, on a vu en lui une menace.

Mais après trois ans passés à la tête d’une de nos administrations les plus problématiques, le Canadien s’apprête à jeter l’éponge, dégoûté.

Rama Sithanen, le ministre des Finances, a beau avoir refusé sa lettre de démission, Bert Cunningham semble résolu à partir. Un lent travail de sape des syndicats de la douane, un soutien vacillant de l’hôtel du gouvernement et ses inimitiés avec certains hauts cadres ont eu raison de sa bonne volonté.

Quand il soumet sa lettre de démission mercredi, les raisons derrière sa décision restent obscures. À l’hôtel du gouvernement, un silence pesant s’installe. On apprend d’abord que le receveur des douanes rencontre Rama Sithanen, son ministre de tutelle, jeudi. Puis encore une fois vendredi. Il s’entretient également au téléphone avec Navin Ramgoolam, avant de le rencontrer en tête-à-tête.

Un membre du Cabinet ironise : Le Canadien aurait rencontré le Grand Argentier qu’une seule fois depuis que les rouges sont revenus à l’hôtel du gouvernement. Et la rencontre n’aurait duré pas plus de cinq minutes.

Contrairement aux bruits de couloir, le Premier ministre et son ministre des Finances sont sur la même longueur d’ondes : Bert Cunningham doit rester. Et la tâche de l’en convaincre échoit à Rama Sithanen.

Il reçoit
de fréquentes
menaces au point
où il demandera
une protection policière.

Tandis que d’autres au sein du cabinet rappellent au Premier ministre que pendant la campagne électorale, on avait promis de faire partir Bert Cunningham, Ramgoolam et Sithanen décident de l’oublier. Mais n’empêche, la raison qui a amené Cunningham à démissionner les irrite. « C’est un coup de tête », lance, agacé, un proche de Ramgoolam.

C’est bien un coup de tête. En apprenant que Naimduth Bissessur, Associate Comptroller, va très probablement être nommé à la direction de l’Internal Affairs Division de la Mauritius Revenue Authority (MRA), Cunningham pète un plomb.

L’inimitié entre les deux hommes remonte à l’arrivée du Canadien à la tête de la douane en 2002.

À ce moment-là, les syndicats de la douane, la Fédération des syndicats du service civil (FSSC), menée par Tulsiraj Benydin, s’opposent mordicus à sa nomination.

« Nous ne voulons pas… qu’un étranger soit à la tête des douanes. » Le syndicat estime que des Mauriciens ont la compétence nécessaire pour diriger la douane. Et à ce moment-là, le Mauricien le mieux placé est Bissessur.

Après maints avis du State Law Office et une procédure judiciaire, Cunningham est confirmé au poste de receveur. Et les ennuis commencent pour lui.

D’une part, la pression des syndicalistes devient intense. Cunningham reçoit de fréquentes menaces, au point où il demandera une protection policière pour sa fille en bas âge. Entre Cunningham et Bissessur, le torchon brûle.

Le Canadien adopte une méthode de travail aliénante. Il s’entoure d’officiers qu’il considère au-dessus de tout soupçon et leur donne carte blanche d’agir. Seul hic, Bissessur ne fait pas partie de sa garde rapprochée.

Les proches de Cunningham expliquent que cette attitude aurait été dictée par des rumeurs de corruption contre Bissessur. Ce dont ce dernier se défend vigoureusement (voir hors texte).

Cette « réserve » va avoir de drôles de conséquences. Ainsi, pendant les absences de Cunningham, Bissessur ne pourra assumer la suppléance exécutive à sa place. On évoque des ordres venus de l’hôtel du gouvernement dans ce sens.

Mais cette situation devait changer, il y a quelques semaines. Hasard du calendrier, Cunningham et Sithanen ne sont pas à Maurice. Bissesur se décide enfin à demander au Premier ministre « de rétablir une injustice ». Le Prime Minister’s Office (PMO) fait sauter le verrou. Et Bissessur arrive à prendre des décisions relevant du receveur des douanes.


Il croit entrevoir un réseau d’influence à l’œuvre

Ce qui provoquera la colère et la déception de Cunningham. Il interprète d’abord ce geste comme un signal l’informant que les choses vont changer à la douane. Et en déduit également qu’il n’a plus le soutien qu’il avait demandé auprès du gouvernement.

Et quand, moins de deux mois après, il apprend que Bissessur va être nommé à une importante division de la MRA, Cunningham s’emballe. Pour le moment, l’expert canadien apparaît comme le candidat ayant les plus solides chances de diriger la Customs Division de la MRA.Mais Cunningham voit plus loin.

S’il part à l’expiration de son contrat, c’est encore une fois Bissessur qui sera le candidat le plus indiqué pour lui succéder à la tête de la Customs Division. Intolérable selon lui.

« S’il part,
on reculera
de dix ans. Et je
m’inquiète des
représailles
contre les gens
intègres. »

Et cette fois-ci, Cunningham croit entrevoir un réseau d’influence à l’œuvre. Les supputations prennent des allures d’accusation. Les liens de parenté entre Dhiren Dabee, Sollicitor General et membre important du panel de sélection des directeurs divisionnaires de la MRA, sont mis en avant. Ils sont beaux-frères. Sa proximité avec un Senior Minister lui aurait aussi valu un soutien particulier.

Bien vite, les scénarios se construisent. Bissessur aurait été favorisé dans les procédures de recrutement. Ce qu’il nie vigoureusement, car Dhiren Dabee, avance-t-il, se serait retiré à chaque fois du comité de sélection dès qu’une décision en relation avec son beau-frère devait être prise.

Ce qui ne convainc qu’à demi les supporters de Cunningham, qui estiment qu’un réseau anti-Cunningham et pro-Bissessur est à l’œuvre. Devant ce trop plein d’adversaires, Cunningham jette l’éponge.

Mais l’après-Cunningham inquiète. Les témoignages sur le bon travail du Canadien sont légion. Transitaires et importateurs ne tarissent pas d’éloge sur le personnage et sur « lord qui li finn mette dans la douane ». D’autres expliquent comment une simple conversation téléphonique avec Cunningham a suffi pour que délais de dédouanement injustement longs et accompagnés obligatoirement « d’ene ti fee » sont devenus du jour au lendemain plus raisonnables.


Il lui serait aussi demandé de « se calmer »

Jean-Mée Desveaux, ancien conseiller au PMO, place le gouvernement devant un choix. Pour lui, il s’agit de choisir entre préserver une direction apte et au-dessus de tout soupçon, ou alors en installer une nouvelle dont les compétences sont mises en doute. « Si Cunningham part, la douane reculera de dix ans. Et je m’inquiète des représailles contre les personnes intègres dont Cunningham a pu s’entourer. »

« S’il part, c’est un recul. Il nommait, lui, les gens sans avoir à connaître leur parenté ou leur appartenance castéiste. Pour lui, seule la compétence prime », fait ressortir un douanier qui travaille en étroite collaboration avec lui.

Mais l’histoire pourrait connaître une tout autre fin. Et si Cunningham restait ? Un Senior Minister précise : « Il faut bien spécifier qu’aucune nomination n’est encore entérinée. Pour l’heure, on parle seulement de noms de candidats probables. » Ce qui fait dire dans les couloirs de l’hôtel du gouvernement que la non-nomination de Bissessur pourrait constituer un gage de bonne foi du gouvernement en direction de Cunningham.

Mais, en contrepartie, il lui serait aussi demandé de « se calmer » dans ses prises de position parfois trop cassantes. On devrait savoir très vite quelle issue le gouvernement a préféré.

18 November 2005

Combat solitaire

l'express du 18/11/2005

On ne fait pas d’omelette sans casser les œufs. Pour transformer la douane en un département efficace, il faut certes convaincre Bert Cunningham de demeurer à son poste mais il faut aussi oser faire le ménage. Il y a des brebis galeuses à éliminer. Or, il semble que le gouvernement est déterminé à demander au directeur démissionnaire de rester mais ne souhaite pas sacrifier ceux qui le contestent.

Le Premier ministre a donné le bon signal hier en déclarant publiquement qu’il souhaite “les li fer travay ki li pe fer”, mais Bert Cunningham n’est pas rassuré pour autant. Il ne peut l’être tant qu’il sait que des forces sont à l’œuvre pour caser certains cadres suspects de la douane dans des postes de direction à la MRA. Ces nominations priveront Cunningham de la possibilité de travailler car il ne peut se battre à la fois contre les importateurs fraudeurs et leurs complices à la MRA.

Sa démission est une façon de s’élever publiquement contre les ambiguïtés du pouvoir dans la lutte contre la corruption. La situation n’était guère mieux sous l’ancien gouvernement. Dès la création de la MRA, il y a eu des compromis. Le projet de loi initial proposait un exercice de sélection pour tous les recrutements. Les syndicalistes réclamaient, eux, une ré-affectation automatique des 1 575 employés des cinq départements qui ont fusionné pour former la MRA. Finalement le gouvernement a cédé à la démagogie syndicale en imposant une sélection uniquement pour les hauts cadres.

Bert Cunningham ne voulait conserver que les douaniers compétents et intègres. Il y a une faible minorité de douaniers qui ne répondent pas à ce critère mais ils sont capables de bloquer tout le processus de réforme du département. Le directeur démissionnaire parlait hier d’une “soixantaine d’officiers pourris qui font un tort immense à l’image du pays”. Il y a un an, un rapport interne révélait des statistiques effarantes. Sur les 975 douaniers en poste, 50 faisaient l’objet d’enquêtes administratives. De ce nombre 22 étaient suspendus de leurs fonctions, tout en coûtant aux contribuables presque Rs 10 millions par an.

Jean-Mée Desveaux, conseiller de Paul Bérenger dans l’ancien gouvernement, dit dans une interview à “l’express” qu’il a suivi le dossier de la douane “pendant cinq ans jusqu’à ce que la MRA tourne en eau de boudin entre les mains de Madame Hanoomanjee”. Il reconnaît que “le memorandum of understanding, qu’a signé l’ancien gouvernement avec les syndicats, est une capitulation”.

Le franc-tireur Cunningham a lutté seul jusqu’ici. Maintenant , il cherche du soutien. Il le mérite amplement car la réforme de l’administration fiscale, qu’il a enclenchée est juste et sert l’intérêt national. Il a apporté un éclairage sur l’étendue de la fraude à la douane et a identifié le réseau des fraudeurs. Il faut lui donner les moyens de mener à bien sa mission.

Même si le Parti travailliste a promis durant la campagne électorale de remplacer les expatriés par des Mauriciens, il n’a aucun reproche à se faire en maintenant Bert Cunningham à son poste. La douane est un département où cela peut être contre productif de recruter en interne. On ne peut compter sur des gens qui ont appartenu à un réseau pour le démanteler. 

26 September 2005

La contre-attaque de Ramgoolam

l'express du 26/09/2005

Le Premier ministre (PM) a réuni la presse, samedi, pour parler de sa visite à New York. L’air préoccupé, il donnait l’impression de vouloir mettre les points sur les “i”, en sus de faire le bilan de sa visite.

Ses préoccupations ne l’empêchent cependant pas d’exprimer sa satisfaction : “La diplomatie économique est en marche à nouveau.” Il répond aux critiques de Paul Bérenger qui avait qualifié, le samedi précédent, son premier discours de “faible”, et l’avait accusé de ne pas avoir évoqué les Chagos : “Leader lopozisyon fer komenter san li kone.”

Mécontent, il explique avoir fait trois discours. Quant à Paul Bérenger, il “n’a jamais défendu les intérêts du pays aux Nations unies.” Le PM rappelle “le tort que Bérenger a fait à notre cause (les Chagos) quand (...) li ti menas pou kit Commonwealth ” comparé à sa propre gestion du problème.

Le PM rappelle qu’il a demandé que les Chagos et Tromelin soient rendus au pays. “La Grande-Bretagne (...) a demandé un droit de réponse. C’est une bonne chose.”


Conférence sur la pauvreté

Il ne ménage pas son rival politique : “Ala kouma Bérenger enn bluffer. So mit inn eklate (...). Linn resi parski linn manipil dimounn.” L’autre critique du leader de l’opposition était qu’alors que les autres Etats membres avaient exprimé leur insatisfaction de l’outcome document des Nations unies, le PM s’en était dit, lui, satisfait. L’intéressé récuse. “Je ne sais pas d’où Paul Bérenger tire ses informations.” Il cite les déclarations de chefs d’Etat qui disent que bien que le outcome document, visant à donner une autre image des Nations unies, ne soit “pas idéal, c’est une bonne base”. Cela démontrerait que “Bérenger ne comprend rien. Cela m’attriste car il était conseiller en désarmement.”

Navin Ramgoolam s’engage à organiser une conférence sur la pauvreté dans le cadre de la Clinton Global Initiative. “Ma proposition a été chaudement saluée par l’ancien président Clinton.” A la question de savoir si Maurice peut se permettre ces dépenses, et après les critiques de l’Alliance sociale sur la conférence des petits Etats insulaires (Sids), le PM répond : “La conférence Sids n’a rien rapporté au pays. Elle aurait pu se faire ailleurs.” Pour le financement de la prochaine conférence, il propose une fund raising avec le secteur privé et les Nations unies. Le PM déclare qu’il existe des poches de pauvreté partout et que la conférence, qui mettrait Maurice en valeur, “nous forcerait à agir en ce sens”. Le PM s’appesantit sur le fait que “les Etats-Unis, pays capitaliste par excellence, tiennent le même langage que nous” (...) “Ils ont dit que ce n’est pas bien qu’une petite élite contrôle l’économie”. C’est dans cette optique que Ramgoolam justifie sa décision de rendre l’île-aux-Bénitiers aux Nubheebucus.


Rencontre prochaine avec les Verts

La prochaine mission du chef du gouvernement sera en Inde. Le foreign secretary, Shyam Saran, s’est déplacé pour la préparer. Seront discutés, une ligne de crédit pour la formation dans l’informatique, la santé, l’aide aux petites et moyennes entreprises, le Foreign Direct Investment, la surveillance de la zone maritime et le Double Taxation Agreement .

Par ailleurs, Navin Ramgoolam affirme qu’il n’y a qu’“un seul vice-Premier ministre constitutionnel et c’est Rashid Beebeejaun.” Il attend l’avis de la cour sur la question.

Commentant les propos de l’ancien conseiller de Paul Bérenger, Jean-Mée Desveaux, Ramgoolam pense que ce dernier a eu la “permission” de Bérenger pour s’exprimer. Mais ajoute que “se bon ki dimounn ena ouvertir ek zot dir. Dayer mo trouv sertenn verite ladan. Desveaux pa memb PTr me nou dakor.”

Concernant la Commission anti-corruption, Ramgoolam indique être toujours à la recherche de “l’oiseau rare” pour le poste de directeur. Cette attribution se fera dans le consensus.

Le contentieux avec Les Verts Fraternels n’est toujours pas réglé, mais le PM annonce qu’il y aura une rencontre bientôt. “Nou sagrin. Nou konpran li me li bizin konpran nou osi.”





Les leçons diplomatiques de Bérenger

Le leader de l’opposition, Paul Bérenger, et de l’alliance MSM-MMM-PMSD, fait la leçon au gouvernement. Il a dénoncé samedi les “faux-pas” du Premier ministre Navin Ramgoolam lors de sa mission auprès de l’Organisation des Nations unies (Onu).

Première “maladresse” : la façon dont le dossier Chagos a été abordé. “C’est un faux-pas de réclamer les Chagos sans préciser que Maurice n’a pas de conflit sur la base de Diego-Garcia (…) La Grande-Bretagne et les Etats-Unis risquent de penser que Maurice est contre la base”. Paul Bérenger se réfère au discours du PM à la tribune de l’Onu, évoquant la souveraineté de Maurice sur l’archipel.

Autre “maladresse”, d’après le leader de l’opposition, l’absence de contact entre le PM mauricien et les dirigeants européens. “Dix fois on a annoncé une rencontre entre Ramgoolam et (le PM britannique, NdlR) Blair. Zéro !” Pour Paul Bérenger, il est crucial que le chef du gouvernement mauricien contacte personnellement les dirigeants britannique, français, allemand et italien. Le moment est opportun, argue Bérenger, puisque l’Union européenne tente de débloquer des budgets et que la question du prix du sucre est une priorité. “Je suis angoissé par la façon dont le gouvernement traite le dossier sucre.”

Bérenger critique aussi le ministre des Affaires étrangères, Madan Dulloo. Celui-ci aurait raté l’occasion, lors de son passage à Dakar, au Sénégal, de rencontrer le secrétaire d’Etat américain : “Un camouflet, un faux-pas.”


“Gouvernement de la peur”

Paul Bérenger a tenu ces propos lors de la traditionnelle conférence de presse hebdomadaire de l’opposition. Elle a eu lieu au Sun Trust, en présence de Pravind Jugnauth, leader du MSM et de Maurice Allet, leader du PMSD. Paul Bérenger a fait la chronologie du projet de télévision numérique, initié, rappelle-t-il, par l’ancien gouvernement. Mise en place d’un comité en 2002, d’une plate-forme numérique en 2003, lancement d’un appel d’offres en 2004 et soumission d’un seul prestataire, Zee TV, qui ne répondait pas aux critères.

“Donner le monopole de la télé numérique à la MBC (...) serait un recul.” Il faut ouvrir ce créneau aux opérateurs privés pour une baisse du prix des services offerts, estime-t-il.

Plus loin, Paul Bérenger critique la décision de Navin Ramgoolam de rendre le bail de l’île-aux-Bénitiers aux Nubheebucus. Il souligne que le gouvernement sortant a rejeté le projet hôtelier “exclusif ” présenté par cette famille, en collaboration avec le groupe Food and Allied. Bérenger met l’accent sur le cachet “paradisiaque” de l’îlot, pour lequel son gouvernement avait un plan de restauration et d’embellissement. Une partie devait être réservée à la préservation, alors que l’autre aurait accueilli le public. Bérenger menace de recourir à la Cour suprême si un projet hôtelier exclusif y voit le jour.

Pravind Jugnauth et Maurice Allet commentent la campagne électorale. “Bon mood sur le terrain et colère latente des citadins contre un gouvernement de la peur qui risque de mettre les villes sens dessus dessous”, décrit Pravind Jugnauth. Il dénonce les “persécutions politiques”, “l’impunité”, bref, l’insécurité qui règnerait. Il critique la politique économique du pouvoir “contre les petites gens”.

Maurice Allet rejette, lui, l’idée de “réconciliation” de la famille bleue. Il dénonce le “ramassis de roder bout” que représenterait le PMXD. Le PMSD est “solidaire” de ses partenaires de l’opposition et confiant en la victoire aux municipales.

19 September 2005

“Les prix augmenteront en temps et lieu”

l'express du 19/09/2005

Le lait en poudre fait encore couler beaucoup d’encre. L’opposition a, lors d’une conférence de presse tenue samedi au Sun Trust Building, vivement critiqué “l’incompétence” de Rajesh Jeetah dans le traitement du dossier tout en dénonçant la pénurie de ce produit de base. Le leader de l’opposition a aussi montré du doigt le “comportement honteux” du Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans le dossier de la vallée de Ferney.

Paul Bérenger s’est élevé contre les déclarations de James Burty David, au Parlement, mardi dernier, lors du Statement Time. Pour lui, il s’agit d’un “viol des règlements et des traditions parlementaires”. C’est, a-t-il souligné, le Deputy Speaker et président du Parti travailliste qui a permis à James Burty David de faire une telle déclaration dans l’hémicycle. Paul Bérenger a annoncé qu’il évoquera cette affaire avec le speaker de l’Assemblée nationale.

Abordant le dossier du lait en poudre, Paul Bérenger a rappelé que deux compagnies viennent de licencier 60 employés. Et d’expliquer que l’importation du lait au détail coûtera plus cher au consommateur. “Les prix augmenteront en temps et lieu. Ban consomater bizin realise ki pe couillonn zot”, dit Paul Bérenger.

Pour ce qui est de l’augmentation du prix des produits pétroliers, le leader de l’opposition a estimé que des mesures adéquates doivent être prises. “Les gouvernements de par le monde prennent des mesures spéciales pour venir en aide aux opérateurs de taxi, de camion, les pêcheurs et des petits agriculteurs pour faire face à l’augmentation”, a souligné Paul Bérenger.

Le leader de l’opposition a, par ailleurs, tenu à se dissocier des propos tenus par son ancien conseiller spécial, Jean-Mée Desveaux dans l’express du 14 septembre. “Je me dissocie totalement des propos tenus par Jean-Mée Desveaux mais nous restons amis. Je ne l’ai toutefois pas rencontré depuis les dernières élections générales.” Pour rappel, l’ancien conseiller a critiqué notamment la nomination de Maya Hanoomanjee à la présidence de la Mauritius Revenue Authority, critique qui a suscité une polémique avec Pravind Jugnauth.

Le leader de l’opposition a condamné le comportement “honteux” de Navin Ramgoolam dans le projet d’autoroute du Sud-Est. “Bizin aret boufonn ban ONG”, a-t-il lancé. Enumérant les différentes étapes qui ont ponctué le dossier de la vallée de Ferney, il rappelle que le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Rashid Beebeejaun, avait été blâmé par le Premier ministre après avoir déclaré, à l’issue d’une visite des lieux, que l’autoroute passerait bel et bien dans la vallée. Navin Ramgoolam avait affirmé, à l’époque, qu’il s’agissait d’un “malentendu.” Toutefois, a indiqué Paul Bérenger, le comité Seebaluck a récemment réaffirmé que l’autoroute passera par la vallée de Ferney.

D’autre part, Pravind Jugnauth, leader du MSM, se dit satisfait du déroulement de la campagne pour les municipales malgré “le climat de peur causé par la politique dominer de l’actuel gouvernement.” Et d’ajouter que l’alliance au pouvoir a placé le pays “dans une position socio-économique qui le mène tout droit vers le naufrage”.

Citant un rapport de la Banque mondiale, le leader du MSM a fait ressortir que Maurice figure à la 23e place des Top Economies mondiales. “Ce rapport apporte un clair démenti à la propagande menée par le gouvernement”, a déclaré Pravind Jugnauth. Le leader du PMSD, Maurice Allet a, pour sa part, dénoncé le “mépris” dont fait preuve le gouvernement envers les villes en vue des prochaines élections municipales.


18 September 2005

James Burty David: "Une gifle sonore de Desveaux à Jugnauth''

Campagne municipale
Le Week-End

Le ministre des Administrations régionales et un des principaux animateurs de l'Alliance sociale pour la campagne municipale, James Burty David, s'est appesanti sur "les conflits au sein de l'alliance MSM/MMM" pour tirer la conclusion que l'adversaire de l'Alliance sociale est affaibli sur le terrain. De son côté, le secrétaire général du Parti Travailliste, Dharam Gokhool, a soutenu que l'objectif de l'Alliance sociale est de remporter la majorité dans les cinq villes lors du scrutin du 2 octobre prochain. Il a été rejoint par James Burty David, qui maintient que le changement enclenché depuis les élections générales du 3 juillet dernier ne peut s'arrêter à la porte des municipalités. Les représentants des autres composantes de l'Alliance sociale engagées dans les élections municipales sont également intervenus lors de ce point de presse à la mi-journée, hier.

"Nous avons été témoins d'une véritable gifle sonore administrée par Jean-Mée Desveaux à Pravind Jugnauth et, du même coup, du MMM au MSM. Nous ne pouvons oser croire que Jean-Mée Desveaux se soit engagé dans cette démarche publique sans l'aval du MMM. D'ailleurs, le silence du MMM le rend complice de cette affaire contre le MSM", a déclaré en substance James Burty David au chapitre de ce qu'il qualifie de guerres et de conflits au sein de l'Alliance MSM/MMM.

Le ministre des Administrations régionales a trouvé que "adverser Lalyans Sosyal li inn afebli. Li inn vinku. Li an konfli avek limem avek tou sa debandad ek pagay. Nou pe asist a enn debalaz konfli ant MMM ek MSM. Laverite pa kapav bloke". Il a ajouté que Jean-Mée Desveaux n'a fait que dénoncer l'incompétence, le népotisme et l'insignifiance du MSM.

"Au sein de l'Alliance MSM/MMM, ils ne peuvent plus tenir. Ce sont des signes qui ne trompent pas. L'adversaire est arrivé au bout du rouleau", a-t-il fait comprendre en revenant sur l'épisode d'Eric Guimbeau au sein de l'Alliance MSM/MMM suite à des conflits entre parlementaires de l'opposition. Il a aussi fait état du soutien de Lindsay Morvan à la campagne de l'Alliance sociale pour les municipales à Port-Louis de même que d'autres anciens activistes de l'Alliance MSM/MMM.

James Burty David, tout en promettant une opération "villes propres", a fait ressortir que "l'Alliance sociale a un avantage psychologique sur le terrain parce que le MSM n'a pas d'électorat et le MMM a été marginalisé". Il devait revenir en longueur sur des critiques et dénonciations de la gestion des villes jusqu'ici. Il a évoqué la possibilité de lancement de radios municipales dans les villes après les prochaines municipales.

De son côté, le ministre Dharam Gokhool a déclaré que "bizin sanzman dan minisipalite". Il a ajouté que les structures de la campagne de l'Alliance sociale ont été mises en place et que la campagne a démarré officiellement depuis vendredi dernier. Il a annoncé que l'Alliance sociale envisage d'organiser un meeting central pour la campagne mais que le lieu et la date attendent actuellement confirmation. "La campagne électorale est au point et a été bien planifiée", a-t-il dit.

À l'heure des questions, le secrétaire général du Parti Travailliste a dit que dans le cadre de la répartition des tickets, les souhaits d'OF-Les Verts n'ont pu etre exaucés. "Finn enan bann kontrint e pa finn kapav satisfer bann demann. Lesansyel, se ki OF-Les Verts dan Lalyans sosyal", a-t-il trouvé.

Le leader du MR, Rama Valayden, s'est dit confiant de l'issue des prochaines consultations populaires dans les cinq villes du pays. "Nou pou fer dominer ar MMM dan sa eleksyon-la. Bérenger inn met li dan enn lozik pou rann li komik", a-t-il déclaré en parlant de "bann échangistes politik qui pe afis zot de manyer publik ek inpudik".

Commentant les derniers développements au sein de l'Alliance MSM/MMM, Rama Valayden a souligné que si Pravind Jugnauth avait le même flair politique d'un Anerood Jugnauth, l'éclatement de l'Alliance aurait dû intervenir. "Mé, Pravind Jugnauth li enn garson politikman impotent".

L'Attorney General a évoqué les grandes lignes de la nouvelle loi sur les Administrations régionales actuellement en préparation. Il a énuméré les principes de bases, soit l'autonomie de décision et de gestion; la délégation des pouvoirs, et la décentralisation. Au chapitre du slogan de campagne de l'Alliance MSM/MMM, le leader a trouvé que "le MMM pe get lavenir dan retrovizer".

Ghislaine Heny pour le PMXD, Megduth Chumroo pour le MSD d'Anil Baichoo et Sam Dargahee pour le MMSM ont commenté le début de la campagne électorale de l'Alliance et ont rappelé que "sans le changement dans les villes, le changement sera incomplet".

17 September 2005

Jean-Mée Desveaux: the voice of reason in a wilderness of mediocrity

l'express du 17/09/2005

It is so easy to tell when someone has lost an argument; his selective choice of only one area of the battleground for his counterattack whilst ignoring completely his most vulnerable position means that he has lost the overall battle before a single shot has been fired. In these situations, discretion is infinitely preferable to a false sense of valour and with hindsight comes the realisation that silence would have been by far the better option than trying to defend the indefensible.

The interview in wednesday's l'express of Jean-Mée Desveaux showed the ex-super conseiller in brilliantly combative form; his analysis of our country's precarious situation was excellent and thankfully lacked the generalised, trite, nonsensical language that our politicians are so fond of. He gave a detailed but very careful account of how the least qualified of the candidates managed to become the head of the Mauritius Revenue Authority; he described the candidate as the cousin of the Deputy Prime Minister and whose highest academic qualification apparently was the humble School Certificate. The bait was set and Pravind Jugnauth greedily gobbled it, hook, line, and sinker! Jugnauth's riposte was pathetic to say the least and simply entailed the assertion that although they are related, he and Maya Hanoomanjee are not cousins.

That's all right then! We can now all sleep soundly and not worry our tired little heads about whether this is another case of nepotism and of placing relatives in positions of authority that they are singularly ill-qualified to occupy. But what about the school certificate bit? Not one word from Pravind Jugnauth despite his reported state of shock and indignation. He still has not learned the simple fact that you can argue about opinions and rant and rave about imagined insults and injustices, but facts always speak for themselves. Perhaps Pravind Jugnauth will now tell us why Bert Cunningham and the Head of Interpol were removed from the short list of candidates and why Maya Hanoomanjee was deemed to be far better than them?

I have been asking our politicians for months now to give an honest appraisal of our dire economic situation and to act accordingly. I criticised Ramgoolam after he made the rash promise on 1st May to exclude everyone earning less than Rs 25,000 per month from income tax; I said then that that promise was unsustainable and would lead us to bankruptcy. Desveaux is arguing the same point but I think he is being naively optimistic if he believes that the opposition will not, in his own words, rub your (Ramgoolam's) nose in it if you renege on the tax promise.

Since he came out of his self imposed purdah following his defeat at the general elections, Jugnauth has done nothing (apart from denying that Maya Hanoomanjee is his cousin!) but shout about the government breaking its promise on tax and Berenger has been making similarly strident noises.

Now, I fully understand that the role of the opposition is to oppose the government and to show it in a bad light whenever possible. But we are in a state of economic emergency, as Berenger kept reminding us when he was Prime Minister, and all our politicians need to now put into practice the word that they are fond of using but rarely show any signs of : PATRIOTISM. If they really love this country as much as they say, they should get rid of that fiscal straight jacket and allow the country to breathe deeply in order to meet the dangerous times ahead. Can you see our politicians doing it? This is highly unlikely as we have been lumbered with the biggest bunch of megalomaniacs on God's earth who will do anything to gain power and who take it in turn every five years to inflict their own brand of rape and pillage of the national coffers.



«It is no use reducing the cabinet by a few members if you do not then have the will to ensure that those appointed to ministerial positions have the ability to do the job properly, irrespective of stupid ethnic considerations»


Rama Sithanen is right to highlight tourism as the engine for our economic prosperity. But our situation is too alarming and mere tinkering with the issues, as he did recently, is unlikely to achieve great progress. Why would any European want to come to paradise island when he can get a much cheaper package to other beautiful havens? A 14-day all inclusive holiday in a four or five star hotel in Goa, Thailand, Penang, Fiji, the West Indies, etc., currently costs half the price of a similar one in Mauritius. We may have the nicest beaches in the world and our satini bombli grillé may taste divine, but I think most people will be tempted to go elsewhere for half the price. And who was the genius who spent vast amounts of money to advertise Air Mauritius at Blackburn Rovers football ground? Didn't he realise that it is the most boring team with possibly the poorest supporters in England and its matches are hardly ever shown on national TV?

Desveaux's trenchant views on the sugar industry destroy the nasty, racist views about him that were scandalously peddled by the Alliance sociale during the electoral campaign. Let us see now whether those who bored us rigid about the five families and the oligarchy can come up with better and more challenging ideas to reform that industry. His comments on the merits of an inheritance tax deserve careful analysis by a government in urgent need of replenishing its finances. A government that claims to put people first can ensure that rich people who spend a lifetime evading taxes pay their fiscal duties to the nation when they die.

Desveaux's perspicacious analysis of the fundamental weaknesses of our society is at its best when he decries the lack of desire to put the right people in the right jobs and the destructive obsession to insist on «jobs for the boys» after every election. It is no use reducing the cabinet by a few members if you do not then have the will to ensure that those appointed to ministerial positions have the ability to do the job properly, irrespective of stupid ethnic considerations.


The cheer leaders

So far, the only people who appear to have mastered their briefs are Ramgoolam, Rama Valayden, Satish Faugoo, Asraf Dullul, Indira Seeburn, Arvin Boolell, and James Burty David. Rama Sithanen has been unusually quiet and his lack of action regarding the dramatic increase in the price of oil shows amazing complacency and fiscal irresponsibility. The rest of the cabinet has not exactly shaken the world and some of the new ones give the impression of rabbits caught in the glare of the headlights.

The tragedy of Mauritian politics has always been the concentration of too much power in the hands of the Prime Minister, which hardly leaves any room for any other minister to use his initiative and hopefully address the many problems that we face in a constructive manner. It also allows the most incompetent people imaginable to hide away in their ministerial limousines and do nothing whilst enjoying the trappings of ministerial power and privileges. They are reduced to the role of cheer leaders for the Prime Minister and follow him around like lap dogs. Can anyone remember anything at all that ex-ministers like Yerrigadoo, Bachoo, Gayan, Khushiram, Sylvio Michel, the ex-minister of Justice whose name always escapes me beacuse I cannot remember anything that he achieved, Putten, Leela Devi Dookun-Luchoomun, Arianne Navarre-Marie, Soodhun, etc. achieved during the last five years? And what about smiler Choonee during his two separate tenures of office? Cuttaree spent a huge amount of public money travelling the world whilst achieving nothing of intrinsic value for the country and his gruesome combination with Bérenger in the diplomatic arena is notable for one dubious achievement: the almost complete breakdown in diplomatic relation with Great Britain, the country that takes the largest proportion of our exports.


To benefit citizens

The only weakness in the interview was Desveaux's reluctance to attack the sacred cow of public expenditure; in particular, I cannot understand the casual acceptance by everyone that duty free cars, numerous travels abroad, huge salaries that are morally repugnant, extravagant expenses/entertainment allowances that have turned servi mo pays into unashamed servi moi, 13th month salary for 12 months work, etc are rights that people are entitled to regardless of the national economic situation. The Lord Mayors of our capital city have wasted 4 million rupees on 30 «missions» abroad in the last four years and I, for one, would welcome any of these people to explain and show how these travels have benefitted the citizens of Port-Louis. Rs 4 million would have provided 20 houses of the most basic type to accommodate some of the homeless people who we walk away from in case their misery and misfortune is contagious. 30 «missions» equal roughly Rs 1 million in air fares, which means that the remaining Rs 3 millions went on personal expenses for these patriots. Nice job if you can get it!

Pravind Jugnauth gives the impression that he desperately wants prices to rise and wrongly equates this eventuality with his return to popular appeal. He is wrong. He would gain greater respect from the population if he adopts a more responsible attitude. The role of the opposition is not merely to oppose the government of the day. In times of economic emergency, he should replace criticism at any cost with constructive criticism and the formulation of new ideas to move the country forward. He should perhaps read Desveaux's interview again and adopt the latter's constructive approach to finding ways to drag us from the financial quagmire that the ex-Minister of Finance is largely responsible for.


R.A.J.


15 September 2005

Réformer l’industrie sucrière au coût de Rs 23,5 milliards


l'express du 15/09/2005

Le chemin vers la réforme de l’industrie sucrière est semé d’embûches. Avec la baisse du prix du sucre sur le marché européen, le pays est tenu de réformer en profondeur. Cette transformation exige l’injection de capitaux massifs.

L’Etat en est conscient. Il étaye sa vision dans son plan intitulé “A roadmap for the Mauritius sugarcane industry for the 21st century”, rendu public par le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell. Ce plan de travail sera aussi un outil pour négocier les mesures d’accompagnement de l’Union européenne afin de mitiger les effets de la baisse des prix.

“Nous avons une tâche difficile, mais pas insurmontable. Nous sommes condamnés à réussir. Il faut un élan de solidarité et de patriotisme. Tout se déroulera dans la transparence”, a affirmé hier le ministre. Il animait une conférence de presse avant son départ en mission de lobbying en Europe, pour négocier en faveur d’une réduction raisonnable.

Cette réforme accélérée est rendue nécessaire par la baisse annoncée de 39 % du prix garanti du sucre que le groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP), avec Maurice en tête, exporte vers l’Union européenne. Pour la survie de l’industrie, le pays est tenu de produire à moindre coût et à diversifier à l’intérieur même de cette activité.

La tâche à accomplir est immense. Le plan (roadmap), conçu dans une logique de création de groupes (clustering), établit une liste de dix secteurs à relancer sur de nouvelles bases, selon un processus allant jusqu’à 10 ans dans certains cas. Coût du projet : Rs 23,5 milliards. Le but étant qu’à la fin de l’exercice, en 2015, l’industrie de la canne présente un profil nouveau.


Essor de deux secteurs

Dans ce schéma, la centralisation entraînera une diminution du nombre d’usines, de onze à six, produisant 550 000 tonnes de sucre annuellement. La superficie sous culture passera de 72 000 à 65 000 hectares. Deux secteurs seront appelés à prendre de l’essor : la production énergétique à partir de la bagasse, et la production massive d’éthanol à partir de la mélasse.

Les emplois représentent une charge financière importante dans les dépenses des établissements sucriers. Arvin Boolell se dit conscient de l’urgence à réduire le nombre d’employés et annonce un plan de départ volontaire à la retraite (Voluntary Retirement Scheme) nouvelle version.

Alors que les usiniers-planteurs se sont déjà attelés à réduire leurs coûts de production, la communauté des petits planteurs est, elle, en retard. Aussi, l’Etat, qui milite pour leur regroupement, prévoit dans le plan un budget de Rs 4,3 milliards pour l’épierrage, la mise en place d’un système d’irrigation et la mécanisation. Cela devrait aboutir à une baisse dans les coûts de production dans les champs de ces petits planteurs. Cet aspect de la réforme inclut les 5 000 arpents qui se trouvent dans des zones dites “difficiles”. La finalité est de permettre à cette communauté de récolter, pour être rentable, une moyenne de 40 tonnes de canne à l’hectare.

La réforme entraîne la rationalisation du Cess Fund. Ce fonds, alimenté par les planteurs, finance les organismes oeuvrant pour l’avancement de l’industrie sucrière. Le roadmap postule pour une réduction de 50 % du montant. D’ailleurs, le ministre de l’Agro-industrie a exigé de ces organismes une participation plus active et productive.


“Nous ne vendons pas de rêves”

Dans une conjoncture exacerbée par la baisse annoncée de revenus, les planteurs auront moins à supporter sous forme de primes au Sugar Insurance Fund Board. En sus de cette mesure, a indiqué Arvin Boolell, ils auront droit à d’autres exemptions.

Le ministre a aussi réagi aux propos de l’ancien conseiller de Paul Bérenger, Jean Mée Desveaux. Celui-ci préconisait que les mesures d’accompagnement que l’Union européenne mettrait à notre disposition devraient être injectées dans d’autres segments de l’économie. Arvin Boolell a été catégorique : “Je ne connais pas l’agenda de Monsieur Desveaux. Nous ne vendons pas de rêves. Je mets au défi quiconque de venir de l’avant avec une culture qui pourra remplacer la canne du jour au lendemain !”

Le débat est lancé.